‹ Critique de la doctrine de KantChapitre 13 sur 90 · LES ANTINOMIKS F:T LE PRINCIPE DE SOMMATION OU DE NOMBRE · texte numérisé non relu

LES ANTINOMIKS F:T LE PRINCIPE DE SOMMATION OU DE NOMBRE

Notre conclusion a été (jiie la violation du piincipe de contradiction s'explique, dans ce cas, par la doctrine de l'identité universelle et de la vanité des distinctions et des individualités apparentes dans le monde, mais ne se justifie point, même alors que cette doctrine absolument contraire à l'expérience serait fondée inrc, attendu que la contradiction réside proprement dans le concept (le concept du tout qui n'est pas un tout), avant que nous sachions ce qu'il en est des choses, dont les rapports ne sont vérifiables que dans l'ordre de nos concepts.

On s'étonnerait d'avoir à faire à Kant, idéaliste, une objection si simple et si topique, ad liominom, si l'on n'avait pas déjà reconnu chez lui un penseur aussi affranchi de la superstition, si c'en est une, du principe de contradiction, que devait l'être plus tard et s'en vanter Hegel. Kant, il est vrai, laissa à Hegel cette découverte à faire, que la contradiction est partout dans le monde et que l'esprit ne saurait faire un pas sans tomber sur des antinomies, mais Kant avait préparé la proposition fondamentale de cette sophistique énorme. Suivant Hegel, l'application des catégories à la connaissance du monde est inévitable pour l'entendement ; c'est elle qui conduit à des contradictions, auxquelles pourtant l'entendement est rebelle ; il iaut, pour les résoudre, imaginer une faculté suprême qui dispense le philosophe d'obéir à l'entendement et qu'on peut appeler par excellence la Raison. L'opposition d'une prétendue raison à l'entendement appartient à Kant. Ce n'est pas précisément de Vapplication des catégories que Kant fait sortir ses antinomies, mais bien de l'opposition que des inductions, faussement tirées du j)rincipe de causalité selon l'expérience, lui permettent d'établir contre de formels jugements catégoriques. Enfin Kant résout les contradictions en les faisant porter sur un monde de phénomènes qui n'existent pas en soi, et Hegel

reproclie à Kant très spirituellement, d'avoir cru que ce serait faire honte au vrai monde que de lui imputer en propre les contradictions \ Au fond, la différence des deux doctrines tient essentiellement à ce que Kant laissait sans solution la question du rapport de l'Etre en soi au monde phénoménal, et posait l'Inconditionné comme inconnaissable, tandis que Hegel s'est figuré le monde réel comme une sorte d'émanation logique de l'Inconditionné défini comme Vidée idc?itique à l'Etre et revêtant, par des affirmations et des négations progressives, toutes les formes de l'existence. Mais c'est de la méthode de Kant que ce système est né.

I. V. la Logique de Hegel, traduction de Yéra, art. XLVII, et la Remarque de Heffel à la suite de cet article.

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