‹ Critique de la doctrine de KantChapitre 23 sur 90 · LES TROIS HAUTES FINS DE LA RAISON SPÉCULATIVE · texte numérisé non relu

LES TROIS HAUTES FINS DE LA RAISON SPÉCULATIVE

imaginer une hypothèse, non seulement plus spéculative, ce ne serait pas assez dire, mais établie sur un terrain de spéculation moins accessible à l'entendement, que celle dont il s'est servi pour paraître échapper à la contradiction du nécessaire et du 111) i-e.

De sa doctrine de la réalité objective de l'idée morale et du cojyus mysticum des êtres rationnels, pour lacjuelle il fait volontairement abstraction de la mauvaise volonté des êtres insuffisamment rationnels, et des obstacles matériels que le monde oppose au bonheur, Kant déduit naturellement ce précepte : « Fais ce qui te rendra diyne du bonheur », et la question se pose, de savoir « si les principes de raison pure qui prescrivent a priori la loi sont aussi nécessairement connexes à notre espérance ». Il la résout, en vertu de la nécessité de ces principes pratiques, selon la Raison, par cette sentence ; que chacun a en effet le sujet d'espérer, selon qu'il se rend digne du bonheur, et que « le système de la moralité est inséparablement, quoique dans l'idée de la Raison pure seulement, lié à cette espérance ».

Dans l'idée seulement! Il nous reste à apprendre comment le système universel du bonheur connexe de la moralité est possible, alors que la morale est commandée à chacun indépendamment de la conduite des autres et de la nature des choses : « La nécessité de la connexion ne peut être connue par la raison, elle ne peut qu'être espérée, si la Raison suprême, qui commande suivant des lois morales, est en même temps reconnue comme cause de la nature. » Nous sommes ainsi ramenés à la troisième des hautes fins de la Raisoîi spéculative, et à la troisième question, celle de l'existence de Dieu, qu'il faut envisager ici comme la puissance qui garantit le bien comme lin dans l'ordre universel des choses.

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