I. Crilùjue de la Raison pratique, Irad. l'icavet, p
parfaite. Suivant les principes de la Raison pure pratique, il est nécessaire crad mettre un progrès pratique tel, comme objet réel de notre volonté \ »
Kant ne parait pas avoir songé à deux fortes objections qu'on peut faire à cette théorie de l'immortalité : premièrement, si le progrès va à l'infini (c'est lui-même qui souligne), il ne doit jamais atteindre la fin (ici c'est nous qui soulignons) où se rencontrerait la conformité ])arfaite de la volonté à la Loi. Et secondement, il est moins i'acile, selon les communes notions morales, d'imaginer une évolution semblable à celle des phénomènes naturels pour ramener au bien une volonté pervertie, que de concevoir une révolution mentale qui concorderait avec une révolution dans l'ordre universel des choses. Mais, quoi qu'il en soit, le postulat de Kant suppose nécessairement l'existence d'un ordre général de finalité de la nature adapté aux progrès possibles de moralité de l'être immortel, et un tel ordre, en vertu de sa définition même, est un ordre objectif.
Il en est de même du postulat de l'existence de Dieu; son caractère ne peut être qu'objectif: « Le souverain bien n'est possible dans le monde qu'en tant qu'on admet un être suprême de la nature qui a une causalité conforme à l'intention morale. Or, un être, qui est capable d'agir d'après la re[)résentation des lois est une intelligence (un être, raisonnable), et la causalité d'un tel être, d'après cette représentation des lois, est sa volonté. Donc l'Être suprême de la nature, en tant qu'il doit être supposé pour le Souverain Bien, est un être qui, par Ventendement et la volonté, est la cause, partant l'auteur de la nature, c'est-à-dire Dieu. »
Dieu n'est donc pas seulement posé objectivement par ce texte de Kant, mais encore posé comme le prin-