I. Critique de la liiiisoii pratique, p. 22a
L'ANTINOMIE ET LES POSTULATS DE LA RAISON PRATIQUE loO
cipe de toute objectivité, et la supposition de son existence est un devoir, selon Kant, « c'est-à-dire qu'il est moralement nécessaire d'admettre l'existence de Dieu « parce qu'elle est une condition de la possibilité du Souverain Bien, et que c'est un devoir pour nous de le réaliser (ou favoriser, promouvoir, avancer?) selon nos moyens et par conséquent d'y croii'C. Mais il se hâte d'ajouter, comme il fait toujours en pareil cas :
« Cette nécessité morale (d'admettre l'existence de Dieu) est subjective, c'est-à-dire un besoin et non pas objective, c'est-à-dire qu'elle n'est pas elle-même un devoir; car ce ne peut être un devoir d'admettre l'existence d'une chose (puisque cela concerne exclusivement l'usage théorique de la raison)... Ce qui appartient seulement ici au devoir, c'est de travailler à produire et à favoriser dans le monde le Souverain Bien, dont la possibilité peut alors être postulée, mais que notre raison ne peut se représenter qu'en supposant une intelligence suprême. Admettre l'existence de cette suprême intelligence est donc une chose liée avec la conscience de notre devoir, bien que le fait même de l'admettre appartienne à la raison théorique. Considéré relativement à elle seule, comme principe d'explication, il peut s'appeler une hypothèse, mais relativement à rintelligibilité d'un objet, qui pourtant nous est donné par la loi morale (le Souverain Bien), il peut être appelé une croyance, et même une pure croyance de la raison, parce que la raison pure seule (d'après son usage théorique ^ussi bien que pratique) est la source d'où il découle '. »
Cette « nécessité morale d'admettre » qui est liée à la conscience du devoir sans cependant être un devoir