I. Critique de la Raison pratique, p. 35o-a
pomorphiques, et la raison théorique, de son côté, ou les combat comme impliquant des contradictions, ou ne les connaît que soumis à d'incessants débats dont témoigne largement l'histoire des religions et des philosophies. Comment Kant se flatte-il de passer pardessus ces difficultés ? En prétendant que la doctrine du Souverain Bien, doctrine elle-même exigée par le principe rationnel pur apriorique du devoir, rend la croyance aux postulats obligatoire. C'est là, pour lui, l'idée première et de fondement. Mais cette idée est spéculative au plus haut degré, transcendante, parce qu'elle dépasse toute expérience possible, qu'elle prononce sur les choses de l'expérience d'après une pure notion, et dogmatique, parce que cette notion, quel qu'en soit le mérite, reçoit de son auteur une élaboration éminemment personnelle, originale, qui a pour adversaire le plus grand nombre des philosophes. C'est assez pour démontrer absolument que la séparation kantienne de la raison spéculative et de la raison pratique est une illusion.