‹ Critique de la doctrine de KantChapitre 42 sur 90 · Ibid., sect. 6, sub fin · texte numérisé non relu

Ibid., sect. 6, sub fin

méthode et paraissent entachées d'un commun vice loo-ique en ce sens qu'elles admettent implicitement que, de certaines de nos idées, il est permis de conclure à la réalité de leurs objets. Nous disons elles paraissent, quoiqu'il soit très vrai qu'une conclusion énonçant la réahté ne peut en aucun cas s'obtenir par le raisonnement, ou logiquement, et que c'ait été une grande erreur des philosophes de s'imaginer qu'ils étaient les maîtres de donner des preuves ayant ce caractère. Il n'en est pas moins vrai que le sentiment peut suppléer ce qui manque à la preuve et la preuve garde sa force. Un objet, dans un syllogisme, ne peut jamais être que Vidée d'un objet \ et la réalité de cet objet, si elle est contestée, ne pourrait être prouvée que par le moyen d'une autre idée, et cette idée, à son tour contestée, partage le sort commun des idées qui entrent dans les syllogismes ; dès qu'elles sont prises pour prémisses, elles ont à être justifiées si on l'exige. 11 n'y a pas de fin logiquement nécessaire à cette marche d'une démonstration demandée de quelque réalité, s'il n'intervient, du côté du démonstrateur, une pétition de principe, qu'il peut seulement se déguiser à lui-même, ou, du côlé du disciple, un acte de croyance, qu'il peut lui aussi prendre pour ce qu'on appelle une évidence, ou, une intuition. L'histoire de l'argument ontologique de l'existence de Dieu est un admirable spécimen de cette ilhision. Mais il n'en r'ésulte nullement que l'argument demeure sans valeur si l'on admet qu'il s'adresse à des .sentiments et à des notions, qu'il n'est donné à la logique ni d'infirmer ni de remplacer.

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