DE DIEU
On sait que la preuve physico-lhéologique a été traitée par Kant avec une faveur relative, comme la mieux adaptable à la Raison pratique, quoique toujours dépendante, au fond, selon lui, de l'idée de l'Etre nécessaire, laquelle ne se peut déduire de l'expérience ; et c'est de l'expérience que la preuve prétend s'élever. L'argument ne se tire pas cependant du simple fait de l'existence et de la loi de causalité, comme dans la preuve cosmologique, mais de l'ordre du monde et de la loi de finalité, de tous les signes de coordination et d'intention apparente observés dans les rapports des phénomènes, et qui ne semblent explicables que par l'hypothèse d'un auteur intelligent.
Les objections que soulève cette interprétation de la nature consistent essentiellement en ce que notre connaissance de l'univers est enfermée dans des bornes trop étroites pour que nous puissions lui reconnaître, dans son ensemble, un plan, et juger de sa vraie nature, de son origine et de sa fin ; que nous ne pouvons pas savoir s'il n'existe pas une possibilité interne de la nature agissant spontanément pour produire ces mêmes effets que nous attribuons au dessein et à l'art, et donner naissance à l'art lui-même et à la raison; et enfin que l'argument de finalité ne saurait, dans tous les
cas, avoir assez de portée pour nous permettre d'attribuer à Fauteur du monde une puissance supérieure à celle d'un démiurge travaillant sous des conditions données, et à plus forte raison la perfection d'un Etre suprême. .
La question étant ainsi posée par l'argument phvsicothéologique et par les objections qu'il comporte, il est clair, raisonnant dans l'ordre philosophique accoutumé, que le champ est ouvert à la spéculation et aux discussions sur la valeur de cet argument finaliste, qu'il n'est pas défendu de compléter par les arguments précédents qui se tirent de la causalité, et de l'impossibilité du procès à l'infini, et de la conception de l'être parfait. Mais Kanl ne l'entend pas ainsi. Sa méthode est une sorte de tout ou rien en matière de connaissances réelles ; il nous commande de croire pj^atiquemenf et théoriquement nous défend d'avoir confiance, comme si la théorie ne pouvait apporter des motifs de croire. D'une part, il établit que la réalité ne se peut prouver par aucun argument indisputable ; et ceci doit lui être accordé en vertu de la simple logique. D'une autre part, il combat les arguments des trois preuves de l'existence de Dieu, sui" ce fait qu'ils ne peuvent en ell'et nous faire sortir de notre entendement et nous fournir l'intuition de la réalité, qui seule en rendrait la négation impossible. Et il conclut comme s'ils n'avaient en conséquence aucune valeur de théorie. La doctrine de l'absolu conduit à ce résultat singulier qui ressemble au scepticisme dont elle semblait devoir être le contraire : que l'oljjet de la piiilosophie est manqué tant que l'absolu fascinateur n'est pas atteint ; rien ne vaut, rien n'est démonstratif; et l'on sait cependant que, s'il pouvait être atteint, il ne donnerait la connaissance {|ue de la chose qui par définition est l'inconnaissable : contradiction.
Ce qu'il y a de plus remarquable dans la réfutation kantienne de la preuve physico-théologique, c'est que l'objection la plus forte contre l'argument finaliste y est omise, ou n'y est tout au plus que renfermée implicitement : une objection insurmontable, qui porte sur l'existence même des fins dont il est question. Elles doivent être avant tout des fins de bonheur pour les créatures, et le Dieu, dont Texistence est à démontrer, à ce point de vue, est spécialement un créateur qui n'a pu vouloir que le bien dans son œuvre. Or, il est manifeste que le monde nous offre, dans le règne de la vie, autant de fins manquées que de fins obtenues, dans un incompréhensible mélange des unes et des autres et dans leur incessant conflit; et le règne inorganique des forces physiques, est, de son côté, constitué dans un ordre de conditions qui renferment le désordre, l'instabilité, les vicissitudes, toutes sortes de maux pour n'importe laquelle des classes d'êtres vivants que l'on considère. Il résulte de là que l'explication et la justification de l'existence sont des questions inséparables de la question de l'existence de Dieu, quand on l'examine sous le rapport du système de la nature que Dieu aurait institué.
Kant a systématiquement, on n'en saurait douter, exclu la théodicée des sujets dont traitent ses Critiques^ il parle avec indignation, à un certain endroit, des penseurs assez audacieux pour s'ériger en défenseurs de la divinité qui a permis le mal, et dans son livre de la Religion dans les limites de la Raison, il traite du mal radical comrtiQ i\\\n impénétrable fait primitif de déviation de l'absolu moral nécessairement impliqué par la Raison. Ce fait serait donc inséparable de l'origine de cette évolution de l'Inconditionné qui serait le monde phénoménal, si nous interprétons bien la pensée occulte de Kant. 11 faut observer que, dans le même ou-
vrage (cité plus haut'), il dit que « de toutes les opinions sur la manière dont le mal s'est propagé et dont il se perpétue par tous les mem])rcs de l'espèce humaine et dans toutes les générations, la plus absurde est celle qui le représente comme un legs de nos premiers parents ». Et, d'une autre part, « se considérer comme libre de ses actions, dit encore Kant, et tout ensemble comme affranchi d'une loi appropriée à un tel être, de la loi morale, ce n'est rien de moins qu'imaginer une cause n'agissant suivant aucune loi (car la détermination par des lois physiques ne peut, à cause de la liberté, avoir lieu); ce qui est contradictoire». De ce raisonnement, qui, si on le pèse bien, signifie que c'est lui, Kant, qui se refuse à comprendre qu'une loi soit donnée, et ne soit pas nécessitante, la conclusion qu'il tire, c'est que « le principe du mal ne peut s'expliquer par une corruption de la Raison moralement législative qui détruisît l'autorité de la loi morale elle-même et arrêtât l'obligation qui dérive de cette loi : cela est absolument impossible ».
L'aberration des Pères de l'Eglise et de la tradition théologique tout entière sur la question du péché originel a visiblement troublé le jugement de ceux des philosophes qui en ont subi l'influence, en se croyant obligés de faire entrer la donnée du mal dans le monde comme attachée au plan même de la Création. Xous disons obligés, malgré l'apparente justification du Créateur que les théologiens tiraient de la responsabilité du protoplaste, auteur du péché, parce que leurs doctrines de la prédestination réduisaient l'explication à néant. Le très étonnant optimisme de Leibniz embrassant le mal à titre de plus grand bien possible fut le résultat du problème impossible donné à résoudre par l'Eglise
I. La Religion dans les limites, elc, Irad. Tnillard, p. 3" et 48.
aux penseurs qui tenaient à paraître orthodoxes. L'idée ii)ême d'une théodicée tomba après les Essais de Leibniz, dans le plus profond discrédit, a Des philosophes, dit un disciple de Kant, ont osé, dans des théodicées, s'ériger en défenseurs de la divinité par rapport à l'existence du mal, qu'elle permet ; « la défense de Satan perce mettant le bien serait-elle, dit Fichte, plus difficile à « entreprendre sous ce point de vue, et ne serait-on pas « aussi assuré du succès de sa cause qu'on l'a été jusqu'à « présent en plaidant pour l'auteur du Bien' ? » La pensée de Fichte n'est pas une simple boutade ; elle est exacte. L'apologie du mal, en tant que corrélatif nécessaire du bien, — et par conséquent \dL permission, si permission il y a, de l'un comme accompagnateur de l'autre, — est un argument de saint Augustin qui pouvait le tenir de l'école stoïcienne. L'auteur, supposé tout puissant du mal, pourrait, à ce point de vue, regarder une part de bien dans le monde comme nécessaire pour faire sentir le mal par le contraste.
Kant, en sa réfutation de la preuve physico-théologique, se borne aux arguments qui en infirment la valeur logique, ou démonstrative, et il exalte au demeurant la force et l'importance des vues finalistes sur l'ordre du monde de façon à nous conduire de la finalité à la causalité par l'induction la plus optimiste. Après avoir vanté la beauté et la variété du spectacle de la nature et ses merveilles: «Puisque nous ne pouvons, dit-il, à l'égard de la cause, nous passer d'un être ultime et suprême, pourquoi ne fixerions-nous pas le degré de sa perfection au-dessus de tout autre possible L.. Ce concept, quoique abstrait et trop peu déterminé, n'implique pas contradition, il sert môme à étendre
1. J. Kioker, Essai d'une exposition succincte de la Critique de la Raison pure, Irad. fr. de J. Lefèvre, 1801, p. 179.
l'usage de la Raison dans la sphère de l'expérience, en lui imprimant une direction vers les idées d'ordre et de système, et après tout ne se trouve jamais décidément en opposition avec aucune expérience. » Kant, revenant à la critique, observe plus loin que la preuve physicothéologique ne peut conclure qu'à une perfection relative de grandeur et de puissance pour le concept de la divinité, et que « l'absolue totalité est impossible à obtenir par la voie empirique ». Mais on ne peut que trouver bien extraordinaire, tandis qu'il s'arrête ainsi à montrer que la preuve n'atteint pas l'absolu divin, qu'il oublie ou craigne de dire qu'elle est infirmée dans ce qui est proprement son objet, par ce fait que les fins de la création, dans ce qu'elles ont d'apparent, ne sont pas purement conformes au principe général du bien qui devrait régir la finalité; en sorte qu'il n'est point vrai de dire, à cet égard, que la démonstration de l'existence de Dieu tirée de l'ordre des fins n'est pas démentie par l'expérience.
L'expérience, loin de là, est, d'après la théorie même de Kant, à l'état de contradiction continuelle et prodigieusement multipliée avec l'hypothèse que l'ordre des fins, tel qu'il est observable, constitue dans notre monde phénoménal, un ordre du bien, soit pour les créatures en ce qui ne dépend point d'elles, soit dans ce qui est leur œuvre et concerne leur action les unes avec les autres. 11 ne faut pas oublier, en effet, que la conclusion de Kant, en ce qui touche la présence du mal moral dans le monde, est que l'origine de ce mal est inadmissible en tant qu'elle serait un legs des premiers parents, et inexplicable, ou même contradictoire, si on voulait la regarder comme une défaillance de la Raison par rapport à la loi morale, qui est sa loi. Or la preuve finaliste de l'existence de Dieu conclut à cette existence tout spécialement, comme à celle d'un auteur du
22i CRITIQUE DE LA DOCTRINE DE KANT
monde; donc le mal moral, impossible à expliquer par des causes secondes, serait nécessairement l'œuvre de Dieu, conclusion contradictoire à l'idée de Dieu.
Quant au mal physique, dont Kant ne s'est guère occupé dans la Critique de la Raison^ la douleur et la mort, un plan de création qui met les fins empiriques des créatures dans un état d'interdépendance tel qu'elles ne se peuvent atteindre qu'au détriment les unes des autres et que toutes sont temporaires ou illusoires, est un système manifestement incompatible avec l'idée du bien ; à quoi il faut ajouter que les conditions matérielles de la vie terrestre, les seules qui nous soient connues, sont mauvaises à cause du défaut d'harmonie entre le jeu des forces naturelles et le bien-être des vivants, leur subsistance, leur libre propagation. Kant ayant négligé toute considération empirique de l'état des moyens et des fins sur le globe, en ne laissant pas d'affirmer que l'expérience ne nous défend point de regarder l'ordre de finalité observable comme exempt de contradiction vis-à-vis de la croyance en un créateur du monde, a entièrement manqué l'examen de la preuve physico-théologique, et ce défaut ressort vivement par comparaison à deux ouvrages ultérieurs : la Critique du jugement et la Religion dans les limites de la Raison, dans lesquels il porte sur la nature humaine le jugement le plus défavorable qui soit possible. Là, ni le mal moral ni le mal physique ne peuvent admettre à ses yeux aucune explication capable de justifier un auteur des choses, — supposé qu'il y en ait un, parce que sa doctrine veut rester étrangère à toute hypothèse de péché originel de la créature.
Après un rapide coup d'œil sur les scènes de carnage qui démentent chez les peuples non civilisés l'opinion de la bonté native de l'homme : « Le vice de ciiiauté est manifeste, dit Kant ; c'est plus qu'il n'en
l'aut pour condamner l'hypothèse des philosophes optimistes. Est-on, au contraire, d'avis que la nature humaine sera mieux jugée dans l'état de civilisation, parce que les dispositions de l'homme y prennent un plus complet développement ; alors il faut se préparer à entendre une longue et déplorable litanie d'inclinations(?) : c'est la secrète fausseté s'insinuant jusqu'au sein de l'amitié la plus intime, et nous forçant d'ériger, en principe universel de prudence, la modération de confiance dans les ouvertures réciproques, môme des meilleurs amis ; c'est le penchant à haïr la personne dont on est l'obligé, penchant auquel tout bienfaiteur doit se résoudre d'avance ; c'est la bienveillance cordiale donnant pourtant lieu à l'observation « qu'il y a dans le malheur de nos meilleurs amis quelque chose qui ne nous déplaît pas absolument » ; c'est une foule d'autres vices qui se dérobent sous l'apparence de la vertu, sans parler de ceux qui n'ont pas même besoin de masque, par la raison que nous appelons homme de bien le méchant même, pourvu que ses pareils forment la classe la plus nombreuse . On trouvera assez de vices de culture et de civilisation, de tous les plus funestes, pour faire détourner les regards des relations humaines, de peur de tomber soi-même dans un autre vice, celui delà misanthropie. Mais n'est-on pas encore convaincu ? Que l'on considère alors l'état international, si étrangement composé des deux précédents, puisque les peuples civilisés se tiennent, les uns à l'égard des autres, dans des rapports dignes du plus grossier état de nature (sur le pied de guerre continuelle) et n'ont pas même encore arrêté fermement le dessein de soi-tir de cette position ; on remarquera que les principes fondamentaux des grandes associations appelées Etats sont en |)leinc contradiction avec le vœu public, et subsistent pourtant toujours. Aucun philosophe n'a encore pu les mettre
Renouvier. — Kant. l5
craccord avec la morale, ni même (ce qui est par trop fort) en proposer de meilleurs en harmonie avec la nature humaine. Le chiliasme philo sopJdque , qui espère en un état de paix perpétuelle fondé sur Tunion des peuples, ou en une grande république du monde, de même que \e cltiliasme théologiqiie, qui compte sur l'amélioration morale du genre humainjusqu'à la perfection, sont moqués et traités de rêveries ^ »
C'est à propos de l'incompréhensible mal radical de la nature humaine que Kant énonce ainsi sa conviction sans ménagement. Mais il n'était pas moins affirmatif à ce sujet dans la dernière de ses trois Critiques parue trois ans avant cette théorie du mal et de l'homme ?néchant par nature. Nous avons vu comment il y reconnaissait le défaut d'harmonie entre les lois de la nature et les besoins de l'homme, la valeur misérable de la vie, la chimère du bonheur, — ce qui signifie en gros l'impossibilité de vérifier l'existence d'un système de fins et de moyens conçu en vue des destinées de l'humanité, — tandis que, d'un autre côté, en désespoir de cause, il imaginait que la Nature avait peut-être combiné des moyens pour faire faire aux hommes, à la longue, dans leur intérêt, ce dont par eux-mêmes, trop faibles de moralité, ils seraient incapables. Nous avons vu aussi que, dans le même ouvrage, l'impossibilité était reconnue de se prononcer objectivement, d'après les faits, sur l'existence d'un Etre intelligent qui, comme auteur du monde, serait le principe de ce que nous nommons jïm de la nature \ mais que notre jugement sur les causes finales est l'elï'et d'un principe subjectifinhéreni à notre nature. Et nous avons vu enfin que Kant, après avoir présenté, en opposition avec l'interprétation théiste des finalités naturelles, la possibilité d'une évo-
I. La lielùjion dans les llniiles de la Raison, Irad. Trullard, p. Sa.
lution des forces naturelles qui expliquerait les fins comme des effets d'une cause essentiellement mécanique, concluait, en dernière analyse, à Tinsolubilité de l'antinomie du jugement téléologique et renvoyait la question au mystère de l'Inconditionné en son insondable rapport avec les conditions du monde des phénomènes.
Ce rappel sommaire des théories, que nous avons discutées plus haut en traitant des antinomies, nous montre que Kant, en sa réfutation de la preuve physicothéologique, non seulement avait négligé l'étude du problème des fins, qui en est le fond, mais de plus, avait accordé à l'argument de finalité une valeur au inoins pratique en contradiction avec ce qu'il devait, dans la critique du jugement, déclarer purement subjectif et sans portée réelle. Au reste, il n'est vrai qu'à moitié que l'argument finaliste serve à créer ou à fortifier dans les esprits la croyance en Dieu créateur et providence du monde, car l'existence injustifiée du mal a de tout temps suggéré des négations ou des doutes et infirmé les croyances théistes.
La question de savoir si, ou jusqu'à quel point, on peut dire qu'il existe dans le monde des faits marqués d'un caractère tel, qu'ils doivent être regardés comme ayant leur origine en une puissance agissant et créant intentionnellement, pour des fins prévues, cette question n'a été, à vrai dire, traitée par Kant ni dans sa critique de la preuve physique de l'existence de Dieu, ni dans celle du jugement téléologique en général ; et la raison en est que Kant repousse toute spéculation dont l'objet est situé entre le domaine de l'intuition sensible, l'expérience, qu'il dépasse, et celui du pur transcendantal, où il se pertl et ne peut jamais se constater comme réel. Or le problème que nous venons de définir ressortit à l'induction et à l'appréciation des motifs d'inférer,
rinférence en pareil cas ne pouvant être que probable. C'est ainsi que la question avait été comprise et admirablement traitée par Hume en ses Dialogues sur lareligion naturelle qui furent à peu près contemporains de la Critique de la Raison pure, mais dont la publication fut gênée et même d'abord clandestine en Angleterre '. Et c'est ainsi que Stuart Mill Ta traitée à son tour. Ces deux philosophes ont admis, avec des nuances d'expression seulement, que l'interprétation des rapports empiriques des phénomènes, en tant que liés comme le sont des moyens à leurs fins, devait être considérée comme la plus probable, qui opine en faveur de l'existence d'un ouvrier intelligent comme leur cause. Mais tous deux s'accordent avec Kant à présenter de la création, au point de vue du bien, les tableaux les plus sombres ; et ils concluent, là où Kant ne conclut pas, que notre jugement, à l'appui de l'existence d'un auteur intelligent du monde, ne saurait légitimement s'étendre jusqu'à attribuer à ce créateur les qualités morales de justice et de bonté dont les hommes possèdent l'idée. C'est qu'une autre question s'impose à ce propos, celle de l'origine du mal, et ces deux philosophes ont été, comme Kant, de parfaits déterministes.
I. Voyez la traduction et les commentaires du traducteur de cet ouvrage si remarquable, et si peu lu ou même connu, dans la revue delà Critique philosophiijLic, deuxième série, année 1887.