‹ Critique de la doctrine de KantChapitre 58 sur 90 · L'ESTHÉTIQUE TRANSCENDANT A LE · texte numérisé non relu

L'ESTHÉTIQUE TRANSCENDANT A LE

externes dans notre représentation ; si nous prenons ainsi les objets comme ils peuvent être en soi, alors le temps n'est rien. Le temps n'a de valeur objective que par rapport aux phénomènes. . Cette valeur objective disparaît, si nous écartons le caractère sensible de nos intuitions ou de ce mode de représentation cpii nous est propre et que nous parlions des choses en général... On ne peut pas dire que toutes les choses sont dans le temps; ... mais si l'on dit que toutes les choses, comme phénomènes, comme objets d'intuition sensible, sont dans le temps, alors la proposition a sa pleine validité objective, et elle est universelle a priori.

« Ce que nous nions, c'est que le temps puisse prétendre à la réalité absolue, tellement que, sans tenir compte de la forme de notre condition sensible, il fût par lui-même une condition ou une qualité inhérente aux choses ; car les qualités qui appartiennent aux choses en soi ne sauraient nous être données par les sens. C'est là ce qui constitue l'idéalité transcendantale du temps; en sorte que si nous avons égard aux conditions subjectives de nos intuitions sensibles, le temps n'est rien et ne peut s'appliquer aux choses en soi (sauf leur rapport à notre intuition) ni pas subsistance, ni par inhérence '. »

Ainsi, l'espace et le temps n'appartenant point aux choses en soi, mais seulement aux phénomènes de notre expérience, sous les conditions de notre sensibilité, il faut réciproquement dire qu'en parlant des choses en soi, — et non pas seulement des noumènes mais de ce que nous nommons en termes communs des substances, — nous entendons parler de choses (pii n'existent pas dans le temps et dans l'espace. L'usage ancien des philosophes était d'appeler substances les

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