LA RÉALITÉ. — LA SUBSTANCE. - LE NOUMÈNE
porté par Kant à celte sentence d'interdiction portée contre la philosophie en tant que science réelle, au moins possible '.
La thèse kantienne de la limitation de toute objectivité réelle aux représentations sensibles, rapprochée de celle qui réduit les phénomènes à n'être que des aprences impropres à rien constituer qui puisse être dit exister en soi, est toute semblable à celle d'un philosophe matérialiste, tel que Hobbes, par exemple, qui ne croyait pas la matière autrement connue de nous que parles phantasmata, seuls objets de nos perceptions, et n'admettait pourtant pas que d'autres objets que ceux-là fussent accessibles à notre connaissance. Le correctif, pour qui ne veut admettre comme représentation d'une réalité qu'une intuition, semble pouvoir assez naturellement consister à imaginer des intuitions possibles d'une autre espèce que des phantasmata et capables aussi de révéler des objets plus réels; mais ce qui paraît ainsi naturel à première vue est, au fond, illusoire, et même contradictoire. Kant a constaté lui-même l'illusion sans y songer, quand il a non seulement avoué, mais expliqué (nous avons cité plus haut le passage) comment il était impossible d'imaginer ou seulement de concevoir une matière dont pourrait être donnée l'intuition purement intellective ; en sorte qu'il convenait d'en regarder l'idée comme toute négative, ou problématique, ou bonne seulement « pour retenir les prétentions de la sensibilité dans ses limites ».
Mais Kant n'est pas encore descendu là au fond de la question parce qu'il a été abusé par sa thèse, (|u'il maintenait toujours, du réalisme substantialiste. Distinguer, comme il le fait, les objets tr/s qu'ib nous (qurnraissent d'avec les objets ids qu'ils son! pour l'culnidc-