‹ Critique de la doctrine de KantChapitre 83 sur 90 · LA RÉALITÉ. — LA SUBSTANCE. — LE NOUMÈXE · texte numérisé non relu

LA RÉALITÉ. — LA SUBSTANCE. — LE NOUMÈXE

comme le sont les personnes de notre monde? Que devient en ce cas runité du principe suprême ? La liberté remonte avec la division à la source des choses. On peut avec justice reprocher à Kant d'avoir posé des hypothèses impliquant certaines questions que, dès lors, comme philosophe, il n'avait plus le droit de paraître ignorer là où elles s'imposent.

La seconde question, celle de la réalité vraie, est, au contraire, traitée abondamment dans la Critique de la Raison pure, et il en ressort partout cette étonnante contradiction que nous présenterait l'univers, où rien de ce qui nous semble connu ou connaissable n'existerait en soi, où tout ce qui a l'existence en soi nous serait absolument inconnu. D'un côté, chez Kant l'affirmation de la nécessité qu'il existe des choses en soi, en regard des plus nettes explications sur les phénomènes, qui ne sont pas en soi, qui ne sont que des réprésentations en nous, et, de l'autre côté, la déclaration qu'une chose en soi, une substance ou un noumène, ne répond à aucun concept positif, ne dénote pas la connaissance définie de quelque chose. Ce n'est pas ôter la contradiction que de remarquer la possibilité (encore que non pas pour nous) de 1' « existence d'une intuition autre que l'intuition sensible » ; c'est seulement introduire dans la question une fiction arbitraire, en môme temps qu'abaisser les objets en soi au même genre de perception qu'on a trouvé insuffisant pour prouver la réalité des objets des sensations. Mais que disons-nous là ? et Kant n'affirme-t-il pas, par une contradiction nouvelle, que ces derniers possèdent dans l'espace une objectivité réelle dont la simple conscience témoigne, tandis que les objets de la Raison pure ne répondent à auiiin concept auquel appartienne la réalité objective?

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