‹ Critique de la doctrine de KantChapitre 87 sur 90 · V. ci-dessus, chap. viii · texte numérisé non relu

V. ci-dessus, chap. viii

2. On peut concevoir la possibilité d'une intuition sensible autre que celles qui nous sont connues, en pensant à une sensation qui diSère de nos sensations spécifiques, et de toutes, autant que deux de celles-ci, les sons et les couleurs, par exemple, diffèrent entre elles, mais ce seraient toujours des qualités externes à notre égard, ou des images dans le sens étendu qu'on donne souvent à ce mot.

ce qirelle pourrait être ? Ce que Kant n'a pas compris c'est qu'une intuition qui ne serait pas sensible serait quelque chose qui ne représenterait ims quelque autre chose mais qui serait elle-même cette autre chose \ Ou, s'il l'a compris, il n'aura pas cru voir là un empêchement. Hors du temps et de l'espace !

Et le philosophe qu'halluciné l'idée de l'image, qui ne serait pas une image, mais qui lui représenterait la chose qui n'est pas une chose, et qui, lui dévoilant l'intérieur de ce qui n'a plus ni intérieur ni extérieur, lui expliquerait la liberté de ses actes qui, comme phénomènes ne sont pas libres, ce philosophe est le même qui tient sur la chose en soi ce langage :

« Ce que les choses peuvent être en soi, nous ne le savons pas et n'avons point à nous en inquiéter, parce qu'après tout une chose ne peut jamais se présenter à moi autrement que comme un phénomène.

« La malière est substa?îtia phœnonefion. Ce (pii peut lui appartenir intérieurement, je le cherche dans toutes les parties de l'espace qu'elle occupe, et dans tous les effets qu'elle produit, qui ne peuvent être que les phénomènes des sens externes. Tout est donc, pour moi, relativement intérieur, mais jamais absolument, et l'intérieur lui-même est fait de rapports extérieurs. Ce (|ui, pour l'entendement pur, serait l'absolument interne do la matière n'est qu'un fantôme, car la matière n'est jamais un objet de l'entendement pur, et l'objet transcendantal qui peut être le fond du phénomène appelé matière est un simple quelque chose, dont nous ne comprendrions même pas ce qu'il est, si quelqu'un nous le disait ; car nous ne comprenons rien au delà de ce qui nous apixirle, en intuition, quelque chose qui correspond à nos mots.

« Quant on se plaint « de ne pas comprendre le « dedans des choses », si l'on veut dire qu'au moyen du pur entendement on n'embrasse pas ce (|uc sont en elles-

mêmes les choses qui nous apparaissent, la plainte est injuste et déraisonnable ; car on voudrait donc connaître et, par conséquent, voir les choses sans le secours des sens, c'est-à-dire posséder une faculté de connaître totalement différente de la faculté humaine, et non pas différente par le degré seulement, mais par l'espèce et quant à l'intuition ; en fait, n'être pas des hommes, mais des êtres dont nous ne savons pas s'ils sont possibles, encore moins à quoi ils ressembleraient...

« Les questions transcendantales, dépassant la nature, demeureraient sans réponse, même alors que le tout de la nature nous serait révélé, car il ne nous est pas donné d'observer notre propre esprit avec une intuition autre que celle de notre sens interne. C'est en lui que réside le mystère de l'origine de notre sensibilité. Sa relation à un objet et le fondement transcendantal de cette unité sont sans doute trop profondément cachés pour nous qui ne pouvons nous connaître nous-même que par le moyen du sens interne, c'est-à-dire comme phénomène, pour que nous soyons jamais capables de faire servir le même imparfait instrument d'investigation à découvrir autre chose que phénomène après phénomène, en une vaine poursuite de leur cause non sensible non phénoménale. »

La conclusion définitive est donc l'agnosticisme, avec la réserve de l'existence à supposer d'un mystérieux non sensible cause du sensible, cause aussi du sens interne ou personne, qui, d'ailleurs n'est elle-même que phénomène ^

I. De l'ainphiboUe des concepts de réflexion (Appendice de l'Analytique des principes).

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