SUR THOMAS BROWN. M
des vers à apprendre par cœur , il était presque impossible de punir le seul Tom Broun, the little laugher (1), car il lui suffisait de lire une fois ou deux ce qu'on lui donnait à apprendre , pour aller un instant après le réciter au maître étonné.
Toutefois le jeune élève n'abusait pas trop de ses avantages aux dépens de la discipline. Il est vrai qu'on ne le voyait presque jamais travailler comme ses autres condisciples , parce que sa prodigieuse mémoire lui laissait presque toute sa liberté. Mais il ne perdait cependant pas son temps ; il lisait beaucoup. Tout l'argent de ses menus plaisirs était consacré à louer des livres ; tous les deux jours il se dérobait à la surveillance pour aller chercher un ouvrage qu'on déposait pour lui sous la porte de la cour de récréation. Il épuisa ainsi plusieurs cabinets de lecture , et lorsqu'il quitta l'école , outre le grec et le latin et tout ce qui s'enseigne à la jeunesse , il connaissait la littérature anglaise presque tout entière.
Il resta en Angleterre jusqu'à la fin de 1792 , époque de la mort de son oncle. Retournant alors dans sa patrie , il entra à l'Université d'Edimbourg , où il étudia d'abord la logique sous Finlayson.
Les longues vacances des universités écossaises lui permirent de passer une partie de l'été de 1793 à Liverpool , où il eut l'avantage d'être présenté à l'élégant biographe de Burns , Currie. Celui-ci , devinant presque aussitôt le génie de son jeune ami ,
(1) Le petit rieur : c'est ainsi que l'appelaient ses condisciples.