XII 0 NOTICE BIOGRAPHIQUE
lui fit lire le premier volume des Eléments de la philosophie de l'esprit humain, que D. Stewart venait de publier. Cette lecture fit sur Brown une impression profonde , et il s'attacha dès lors à l'étude de la philosophie.
L'hiver suivant, il put entendre les leçons de l'auteur dont l'ouvrage l'avait si vivement intéressé. Il fut d'abord frappé de l'admirable éloquence de Stewart , mais sous la pompe et les images de son style , il sentit bientôt le vague de ses théories trop peu analytiques. Déjà il tardait au disciple de combattre le maître. Malgré son respect et son admiration pour l'illustre professeur, il osa un jour se présenter à lui à la fin d'une leçon, et lui demanda avec beaucoup de modestie la permission de lui lire quelques observations qu'il avait écrites sur un point de ses doctrines. Stewart l'écouta avec bonté, puis avec un sourire d'étonnement et d'admiration, il lui lut une lettre qu'il avait reçue du savant Presvost de Genève, et qui contenait des objections exactement semblables. Dès ce moment Stewart l'honora de son amitié.
A l'étude de la philosophie , Brown joignait celle des lettres et des sciences. Il suivait tous les cours de l'Université, qui jetait alors un vif éclat , et qui comptait au nombre de ses professeurs les Robison , les Black et les Playfair.
Ce fut à cette époque qu'il lut un ouvrage qui commençait à exciter l'admiration du monde savant : la Zoonomie de Darwin. Brown l'annota d'abord à la marge , selon sa coutume , et bientôt après rassem-