‹ Critique de la philosophie de Thomas ReidChapitre 25 sur 56 · L'énergie de nos appétits naturels peut s'aug · texte numérisé non relu

L'énergie de nos appétits naturels peut s'aug

(I) T. IV, p. 183-5. (4) T. VI, p. 3J.

Ci) T. VI, p. 3i. (ï) T. Vî, p. 3i.

(3) T. VI, p. 32

5o PRISCIPBS ANIMAUX.

menter par Fosage et s'af^iblir par Fabstinence (i).

1 95. L'homme peut manger par appétit ou seulement pour flatter son goût (2).

196. Consîdéré&en eux-^mémes, les appétits ne 8(mt ni des principes de sociabilité , ni des principes d'é«* goïsme. Un appétit nous attire vers son objet, sans au-cune vue du bien et du mal que cet objet peut &ire; il n implique pas plus Tamour de soi que la bienveil-

* * laoce pour les autres; l'appétit conduit souvent un homme à des actes nuisibles^ dire que cet faonune agit ainsi par amour de soi-même , e'esA pervertir la signification des mots (3).

1 97. Le besoin du repos et le besoin de Faction , acHt du corps, soit de Fesprit, ressemblent beaucoup au^ appétits, bien qu'ils n'en portent pas le nom.; nous.pou^ vons dppisler ce motif d'action : principe ^ activité (4)*

1 98. L'usage réitéré des excitaniàj qjii agissent sur le système nerveux engendre la langue^j^r etje désir de renouveler ce^i émotions. L'homme se orée ainsi desaprpétits factices (5) . ^

Désin.

199. Les désirs se distinguent des appétits: i" en ce qu'ils ne sont pas accompagnés d'une sensation dés-

\ agréable ; 2® en ce qu'ils ne sont pas périodiques , mai» constants (6).

200. Les désirs, comme les appétits, ne sont en eux-mêmes ni vertueux, ni vicieux. Notre devoir est de les régler quand ils sont en lutte avec des principes plus importants; mais tenter de les déraciner, ce serait

(1) T. VI, p. 34. (4) T. VI. p. 36-38.

i^\ T. VI- «. 3/5. (5) T. VI, p. 38.

(6) T. VI, p. 41.

(1) T. Vi, p. 34.

(2) T. VI, p. 35.

(3) T. VI, p. 36.

PRtNCtl^ES ANlif AUX. 5 1

vouloit se couper tin bras où une jambe , cestà-diré substituer une autre créature h Celle de Dieu.. ...Quand on désire lé pouvoir poùt^lùi-mêmë^él non comme moyen de piarvéhir à quelque atiitré biit , ce désir n'est ni égoïste iiî sociable ( I ). ^

2(M. Une vertu parfaite et tin parfait -savorr rendraient lés appétits et les désirs tout à fait inutiieSs dàùfs notre cûnstitutibii; niais coftifeié là vertu et la scitËncë humaines ont beaucoup d'imjperfections, elles ôdt 'if d^auxiliaires (s). .^ : i «^ v . - ,

202. Les àctiotïs ïùspirées pai*' lés désirs obtiëntièîit^ un degré de sympàtBieqtie n^^rôirorfûënft 'p^S ëelles' qui viennent dé l'appétit. AlëiâMi^ ntérita lé'tStrë dé" grand dans les preniières années? de sa vie i parce qu'il' fit prédominer les désirs sur les appétits ; ce fut le contraire lorsqu'il se livra uniquement k la satisfaction des appétits sensuels (3),. . . ., ; /•:

20.3, On peut se faire .des: d4^ir& factices ^ p^r;lWf)(| de l'habitude ou deç s^ociatiops^'idé^^Pi^r^^^^plev l'argent étant l'in^tirument au moyen duquei PQ:^, procure presque tou£^. les objets qu'on peut dé^ifje^.^l quelques homtmes perdant de vi^ U^ fliij bpraeûit lei^i:^. désirs au moyen (4). ;. . :: p « ;v onnii.

Désir du pquToIr. . ^

204. Dans un troupeau de grosi bétail /il jy j ai àé» rangs et tane hiérarchie. Quand oïl yprodwicbnrnaoqy veau venu y il faut qu'il se^batte contr^'cbacunidé ses» cômpagtions avanb que son i^ang soit^fixë. lioèdeà' ceux qui sont plus-forts qucdoi ^ et prend autorité sur

(i)T. VI. {^45. ^ (3) T. VI, p. 4:f .

(2) T. VI, p. 46. (4) T. VI, p. /»9-5o.

cauj: qjui^nt pliis faibles ; il en est à peu près de même de.Xéqui^age d'un vaisseau...... Quand on recherche

les titres ) la fortune , U sagesse , leloq^uence , la vertu ourapparçuce de. ces mérites comme moyens de pouvoir, ils sont les objets propres du désir du pouvoir. Upe foule d'hommes sacrifient le repos et tous les autres

biens à l'ambition du pouvoir Comment supposer

qp'iU soient assez absuf.^jlj^. pour sacrifier la fin aux

z05. Quand les hommes désirent le pouvoir pour lui.-^mên^e.^ abstraction faite du plaisir de l'emporter sur leurs rivaux,, jce^flésir est lambition. L'émulation sçj contante de. la supériorité soit en pou voir , soit en tante autre chpse digne 4V^time (2).

Désir d'estime.

206. Ce désir, c[ui n'est pas particulier à l'homme , {jâisqiriiixchièiiëst fier de l'approbation de son maître , e^t' cependant* befàucoup plus sensible dans l'espèce hu- Hmiiiief. jyèAk vielèCque si beu d'hoitomes sont à lepnéWvfe dé' 1{( 'flatterie quand elle n'est pas trop gros- Aèrëi l\y S 'peiï'^dë ifntàux qui soient plus difficiles à supporter que le mépris (3).

207. Les hommes aspirent à une gloire qui leur sur- «#vive, gloire qui ne peut leur procurer aucun plaisir,

e^ixjuiypbr bonaéqucu»! est désirée pour elle-même. Epictire Ininosénie , tout «ii<n:oyant qu'il n'existerait pas 'âmàuAhidu témbeauv enjoignit à ses héritiers de célébrée; inmuellettientsf^? naissance,; et de donner tous les mois'«tiDeîfâtéà ses disciples.? Çicéron^observe avec jus-

(i)T. VI, p. 41.5. ., ?/ . (3) T. VI, p. 43.

Cl) T. VI. p. 75)-^^; ,, r ;

PRINCIPES AlVliRtÀ'tX. 53

lesse que la doctriiie dé ce' philosophe était réfutée dans sou testament (i).

Désir de ia oonnftisMnce.

208. Ce qu*OQ appelle connaissance dans les ani«maux est si peu de chose , que le désir qui s\y rapporte ne doit pas faire chez etixwgrandé figure ; cependant un chat porté dans une nouvelle: habitation^ en eMmine soigneusement tous les recoins, et se. montre curieux de connaître toutes, les cachettes qui s'y trouvent, et toutes les avenues qui y conduisent. On pourrait observer le même manège dans les espèces qui sont chassées ^r Thomin^ pu d'antres, animaux. C'est la curiosité qui occupe, chez les' enfants la plus grande partiedes heures qu'ils! passent tout éveillés. La nouveauté est «ertaiàement .ime des sources les plus abondantes des plaisirs du goût. L'un se livre aux études du philèsopheetde l'homme de lettres. Vautre veut savoir tou6 les po^opos du village (3).

Affections.

209. 11 y a dans l'homme des princijpés d'sfction qui ont une persohne ou Un être ânim'^'piour objet im- ^^ médiat, lis se divisent en afiections bienveillantes et aflfectiohs malvcniaîrites (3).

Afiecttciilg btotivèliUnleB.

210. Le» affections bie)aveiUaQteM6 ressemblent en ce que l'émotion qui les accompagne est toujours

(!) T. VI, p. 4'i. <' ■ * \ '3) T. VI, p. v53-55. î ' • .

('i)T. VI, p. 44. I »^ î •

54 PRINCIPES A{<j[^UX.

agréable, ejt ea ce qM^elles reafqrfî^ent toutes un dét^r bienveillant pour leur objet. EUça 4i^rent par la nature de l'émotion et par les objets qui les excitent. Les affections que nous éprouvons pour notre père , notre enfant, notre bienfaiteur, notre maîtresse ou un malheureux, diffèrent par les émotions quelles causent dans l'àme, quoique noua, n'ayons pas de noms pour exprimer la diversité, de 09t émotions ( 1 )«

1^11. Les affections bienveillanteB ne rentrent pas plus dans l'égoïsme que la faim et la soif, et sont tout aussi indispensables à -la. consepvatiÔD de l'espèce humaine (2).

212. Si Ton pensait. qu'il manque qtielque chose à k liste d'affections, proposée par i'nuteur, il serait loin de repousser cette critique (3)«

213. Les affections bienveillantes nous portent à faire tout le bien possible' A l'oljjet; aimé , à lui souhaiter tout le bien que nous ne pèqvons pas lui procurer |>ar nous-mêmes, à juger .de lui avec fiiveur, souvent avec partiaKtë, à bons, affliger de ses chagrins et de ses malheurs, et à nous réjouir de ses joies et de

son bonheur r4)«

21 4.. Une tendre mère peut apercevoir dans sum en-

Êint. et un auteur dans son ouvrasse, des beautés invi-

sibles au reste des homipes. En pareil cas l'affection

préexiste; elle'corrompt le jugement et lui persuade

de déclarer l'objet qu'elle adore, digne du culte qu'elle

lui rend. Lorsque l'affection n'es4. point entraînée par

quelques penchants naturels ou acquis , elle reste à son

rangetiscrit "le jugemenftau lieu de le précédev'(9).

(i)T. VI. p. 55. (4)T VI, p. 74.

(•j) T. VI, If. §9. : i , (5) T. V, p. 3io,

(S) T. VI. p. 73. .:;-,'

PRINCIPES AKIMAUX« 55

Affections de famille.

215. Elles comprÈfniieDt raffection des parents pour les enfants, celle des enfants pour leurs parents , et les autres affections du sang (i).

246. Les affections de la nature tioussont comiÀunes avec la plupart dfô brutes. Ghes tous les animaux t[ue nou8 oontiaissons, l'affection paternelle atteint rapide^ment son but, puis ellediâ(pardit entièrement, et on n'en aperçoit plus de traces; chez l'homme elle ne se termine qu'à la mort de l'enfant, et elle s'étend même jusque sur les enfants des enfants. La métamorphose d'une jeune femme qui devient mère est l'ouvrage de la nature, et non point le fruit de la raison et de la réflexion, car le vice la subit comme la vertu, et la sa«gesse comme l'étourderie (2).

217. Si la charge d'élever un enfant est transférée de la mère à une autre personne, la nature semble transférer l'affection avec la tâche. Une nourrice , et même une sevreuse ont ordinairement pour l'enfant qui leur est confié la même affection que si elles l'eussent mis au jour (3).

218. La tendresse du père pour ses enfants n'est pas l'effet du raisonnement ni de la réflexion , mais de la constitution que la nature lui a donnée... Loin que l'affection paternelle naisse de l'opinion du mérite de l'enfant, c'est elle qui crée cette opinion (4).

Reconnaissance.

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