‹ Critique de la philosophie de Thomas ReidChapitre 33 sur 56 · II. DE LA DIVISION Gl$CÊR4{.B D^ FACVLT · texte numérisé non relu

II. DE LA DIVISION Gl$CÊR4{.B D^ FACVLT

Le vice de la méthode de Reid afiècte d'jabord sa division générale des facuUés. Il oppose dans les titres de son ouvrage les facultés intellectuelles aux facultés actives; m^is dans l'intérieur des chapitres, Fintellir fi;ence est souvent regardée coipme active [9], et les racultés actives coniprennent ^es f^its intellectuels^ comme, par exemple, la crovance à la sta|>ilit^ de la nature [i85, 186], Il qe donne pas une défin^t^n fixe et colletante de ce qu*il enteipd p^r activité ^ et il étend cette qualification vague à la forc^ motrice [166 , 167, 169], au besoin de ^ouveiqçnt [197] ^ k If^ volonté [168, 169, 173], aux a^ections [178], et souvent, comme noqs lavons dit, à toutes les facultés intellectqellcfs [9]. n abandonne avec raispn l^ ()i^isî<^^ qu'il avait indiquée^ entre des facultés dites solitaires et des facultés 4ites sociales [1 0^. Les secondes n'auraient présente qu'uqe combinaison 4^s prenaières.

UI. DE LA GONSdENGE.

Examinoos la subdivision des facilités intellectuelles. Quoique Faurtenr n'ait pas traité ex prf^ès90 de lu consoisi^ytl la regarde dians plusieurs passades oomme une fae»ltë intelleetudlè spéeiale [ 11 ^i4}- Cette th^riè suppose, d'après les vègles de la méthode, que l'adje de eonscience peut se détacher de tout autre fait psydbôkngique, e'est-à^dire qu'il y a en nous quelque^ toÊS ; pour piiendre l'énumévatioa dé Reid , p^ception, souvenir, conception, abstracûon, jugement, raisonnement, appétit, désir, ou affection à notre insu. S'il en est ainsi , la thèse valait la peine d'être

DB LA CONaCIBNf.». ' '* 7I

prouvée y et e^était {i la cdndkioo âeulMËént-de-'^Mte déiâonstration qiie la conâcieMte pôuVaSt éti^è^^bMlî comme fecultë djpéeiàlé, et non èomhïe môidè ' itàséj^rablé de tous les faits psydiblog}qiiei^<

nr. DE LA BffifSMLtlON, fifi LA ftSÊHÛSFïttif ET DE LA GROI^JOiCB: ' - ^'

La même mollesse de métb<Mle: a 1 éacrvé darô* >k6 maimde Reidaa &mèiisetl|éorieidekpénseptàM térieure, Senaalion, pen:q^o^ èonéeptbny f^K^afite , tels sont les mois qui apparaûaent diiis«eetteîtbà(ino^ a'affirmant et 8& niant les tip&learaBitrcs^trtI|iii^MHteiii tous ensesnble ou* se succédant. toi\r à* toisri^ et ^'évfttnouissant Tun après f autris. La seaaatiénvbotia dfbFtuiftfiur, est nécessairement senùe ; iibd.aenfâtipnjqaiinâQtt pas sentie:, a'exisCet pas £ i&, i^^::T^6v:di^}r^i^^^bi^ kûn il ajoute :.le^U8 . grand nombre^ deffffifualîpnà aont in4ifférentésf 3^, 3ô^ âi}.8i;;paD8ènsatio«rcieiïlî6y Reid eol^end le plaieir iOuJa peitafi^v ileipiiëm>iiièQa der vrait œseer de figurarr jiannâ les fahsiJateUbctMitb» IVlui^ , d'une ntit^Q part, qu'^tslHcrqQe hà «èii»lioi»<^itr dtS(keo^,qui ajest nipemeiii f^aôtnf^ctflpficspeadant est le. signe au > mûyén iduqvttlr î ia i4naliléc':4eotV>)^t tombe i^ous ta prise de h p0rctepliûnr[ ^% ^ âi^>}^iife:i

La perception /e&t d'^boJrdv.pc^eiiNnnmie^'ipiiy&iler ment distincte de laiConceptionu le moiitpenn»H>iE^i ea^ il dit , ne Vappliqut jamaii» -aux^ ebMearidcsl'eiâslenoe deaquéllqs nous n'atons pas la phrâefOcm^btiQis^snet;^ perception sedistingiie par Ik delà 4mac8plÎ!fia[â&, Siy^. Mais bientôt la perception cOM^entieUaHaérnelarôoriception et forme avec celle-ci tin phénomène indivisible. « Il y a dans la perception trois choses : i® quel* que conception ou notion de l'objet perçu ; 2^ une

7^ D£ LA SENSATIOSf )t DB- LA PERCEPTION , ETC.

cmyictîoq.ircésîslible e('U0Q croyance ferme de son €9ii$fi99Ç0 actv^elle,; ^^^fi/sUe ixmyiçtioq et cette croyance s<^..ifpiq^4^te», e%^nq^,ïpfSpt du rai^nDement.[38]. » Et ailleurs : « Nou3,fVCf|i^j/QNQs.pariips eaens la oQnception des objets extérieurs accompagnée de la croyance qu'ili^..f(]|^istent ^jet.. c'^t,€e: que iious^. appelons percevoir [74]* >' Ainsi la perception n'est plus qu'une con- «éptioiimélés^ie cnKfalice^ -> j^.:^ :ît.:

*^'.MiM9<iqudtp>4ssliila^ié^timîtë'<dë celte 'Croyance ? irijmi cfoy^noeq'ditnThoaîfeci 'Bad , m-èntre^pas seule-" 0ieHt)cttmiiie«âédientda»8la:plupart>de nos opérations intdbctiiçllfis^c'aininietlu» ia^donscience^ laperceptkm^ la naénuoi^evJOQtiaiff-ènooFe daxis beaucoup de pvincipea saotii^dé • notre •esprit; : - la; joie , la tristesse , la tfieainte^mpliquent Jft crojraiice^'an bien ou d'un mal pàéf&at pijî fiitiuf)^7$]l d> . Ain^i la pn^ance qui constitue ïaipÊmepticuv'esl'de'hi: ibôme natiire que- la, croyance d>tm'èieD-liuîidkm;niiial i Tenir. Mai? la conception, et lak;n^nanoed^>bieiifà^nir ne xsomjportent pasTexist^ed dëu)eibieûi>QadvB«-l;Hl|doDe.avriv<er de la con- CÉptioil^ide là onfsraxiee^ue voustappialez perdeption ^ ^ffiîrivqttSflqDiia^ign^ un^^autrecaicictère, pourquoi leiitododàez^Hoff ^ iàxémie nom^? Nous voilà donc de noùtieaà pfen^ 4^<^i^l*îd^l^ine 9 votre ^éorie me rejettéItMps Jtiioevcle'éiarqi^ du-mof v me<condamne à regtatttl0ii<^aii6' vpifeQià édouter^eans entendre; à errer dans iiii^l0Ktii(d«fimiiieibe4iou plut&î, earTinisnensi té n'est pë^'raoî^(:ëlhttiie'«0Sfl^çintv meiréduit à un point fixe èhlib'éliié.todcfèeticaiis'ditiéés à unye qui^st l'équation de t-uiiitë^HWtliifatatî^a»':: j'avais espéré mieux.

DE LA DISTINGTIOU DES QUAUTÉS PREMli^RfiS > ETC. 78

T. DE LA DtàtlNCnON lŒS QUALITÉS PBEKIÈRES ET DES QUALITÉS

SECONDES DE LA MATIÈREv

Mais buBlipDs ces cQntra4ictions ; souvenons-nous seulement^ue Reid a' opposé ailleurs la perception à la conception,^ et yenops à une autre di^culté.^ à la division des qualités pre];mères et des qualités secondes de la ipatière. .C'est Descartes qui a renouvelé une distincdpix déjà faite d^^ns r^^ntiquité* €;ntre les choses que le vulgaire appelle les qualités de la matière. Dans la théorie ae ce philosophe , la figure , le mouvement et lenonibre.sont les seules quaUtés du corps, c'est-à-dire de l^étendue, car pour Descartes , étendre et corps sont une seule et même chose. Ces modes agissant sur nos organes nous procurent des plaisirs et des peines purement \f^^ec//)f^, qu'on appelle le chaud, le froid, la couleur, le son, Fodeuf, la saveur, la douleui;, la faim » la soif, etc. : phénomènes qui ne sont pas des qualités des corp^,.mais 'seulenxept des s^ntim^pts ep pous. A propo3 de ces sentiments , T^me conçoit les idée^ d'é-; tendue , de figure, de nomhre et de .mouv^nept> Locke,, ne voulant pas admettre que la couleur, le son , l'odeur., etc. , résultassent ppur nous d'une simple disposition des partiesdeJ'étendue, supposa qu'il y avait dans les corps des propciétés correspondantes à ces phénomènes, et nomma ces propriétés les qu^Utés secondaires des corps, appelant du nom de.qualités/>nmair^ l'étendue, la figure, le mouvement, la soUdité et la divisibilité. Reid et son successeur, Dugald Ste^fact, ont adopté cette théorie et ont maintenu et développé les oppositions que Lpcke avait établies entre les qualités primaires et secondaires.

Résumons les motifs de cette distinction :

74 i>s ^^ DiamMcnoN des qcalités prgiiijabs , etc.

i^ La première fpis que leç qualités secpndes se manifestent à nous , ce sont de purs faits de conscience, des plaisirs ou des peines, que nous ne distinguons pas d'avec nous-mêmes, et qui n'aiiraien't pas seuls 'la' vertu de nous faire sortir du moi. Les -qualités priniiàires , dès leur première apparition , se posent comme distinctes du moi [i 5, 19, 2*21, ^3, 65,' 86}^ -

2"^ Le nom dès qualités secondes signifie à là fois ces qualités et la sensation qu'elles pous causent^ Le nom dés qualités primaires ne sisbifiis qu'elles -niêmes

3^ Lès qualités primaires sont essentielles au corps ^ on ne peut le concevoir sans elles. Les qualités secondes ne sont pas nécessaires à l'existence du corps et à la conceptipn que nous nous en formons [i 5, i^, 65^ 69, 70].

4* Lés qualités secondes supposent, les qualités premières. Celles -èî peuvent exister sans lés autres [i5,

5»'Noûftj cbhhaissons directement lés qualités premîèresi ;' notis savons très-K^laîrement ' ce qu'elles sont dàiis lés Côfps. EHes deviennent l'objet dés sciétiéés^ màtSiéùiatiqués. Nous n'aVonk dès qualités 'fécondés ^ii-tfne cotiùaissancé indirecte et bbscuré : on ne peut les 'soumettre au calcul {68 ,'71].

'6^ Lès qualitéispréitniërés sont absolues ; elles existeraient lors même qu'il n'y. aurait pas dé sujet cônnaisslaïlt iii 'sentant.* Les qualités ^éébi^s iaè set^ieat' rien àans le sujet sëiitantl Elles n'éxistèiit'qub' dVtié manière relative [ig , i5, 56]. ' •

Elàininôns ces propositions : i** il est ineitàcl de dire que" là* couleut ; le s6h ] l'odeur , etc. , soient tiniquément d'abord des peines ou des plaisirs; il y à des cou* leurs qui nous sont indiflKrentés ; d^autres qui , après

DE LA DISTIIIGTION SBS. QUALITÉS PEBMIÈRBS, ETC. 7$

nous ftvoir charméd, finissent par nous^ déplaire, , quoi* qu'elles restent les mêmes comme objets de pet^eptjon. Les quali<}és secondes sont donc côtnikiis les qualités premières dés objets de perception et des objets d'a& fection.

Cotnmeol distingnons^nous lés qualités premières d'avec nou&-mémes? Quand je pense à une éteâchie, à une figure sans les percevoir, comment ^îs-je qpÉie je ne les perçois pas? et quand je les perçois y eomtoent suis-je persuadé que dans ce eas je ne mebome pasà les cdncevQir ? pance qu'il y ^ une opposition naturelle entre la perception et k conception; opposition immédiate, ipso /aeio , ^ui genetis , sans rai^nneinent , i^i e^mmentaii^j que toute explication détruit. Qettepppoi^îon existe de même entre la perception et la conception' des qualités secondes : je sais quand je perçois un son ou une couleur/ et quand je ne fais qùeies eoiicevorr.

Si la doulqup, par exemple, q'était qu'une sensation^ toute sensation étant simple, indivisible et iâiitiobilW, comment pfsreevidons^nous l'étendue^ la iBf^re ^"lè mouvement de la couleur ? Ne Toyons-nous pas les^ di-' mieû^onsy ks formes et la'fiiite desnikagesqur^séeâft aundesans 4e nos têtes. * Notve seàsatâon dectfblmt estf elle done étendue ^ figarée et mobile? '• ' -' ■« ;

S'il était vrai que. la couleur et méml^bi résistance, comme le dit Reid [m\ après Deseartes , ne Aissent que deQ plaisirs' oii de^ peines, à propos dé^tielsj uçius fit suggérée l'idëe de retendue et'dé la figure,' eo«hqieiit cette idée oovrespondrah-'dle à la formatée 'à la dimeq^ sion j^écisè de l'ologet, cause de la aetisation ?' ^'af^ie sur votre main une sphère , pais un cube; là senkatid^n étant ^ivjsilâe et tsiniple est) la même dans }ea''4éux cas : contnsent'd^vinezt-vous la forme P parla perception,

Page 1