VIII. DES EiOŒCIlS REPROCHÉES A NOS SENS
Reid a démêlé avec une adresse merveilleuse les perceptions propres à cbacun de nos sens, et il a démontré par là qu'aucun d'eux ne nous trompe [46-^49]* Je regrette qu'il ait fait une dernière concession au préjugé qui les condamne, en accordant qu'une classe des erreurs qu'on leur reproche mérite véritablenaent ce nom [5o]. Comme la perception résulte du concours de la cause extérieure et de l'organe , elle est toujours ce qu'elle doit être. Lorsque l'axe visuel de Tœil est dérangé, il y a vraiment pour nous deux étendues de couleur, quoiqu'il n'y ait qu'une seule étendue tangible. Lorsque, par l'effet d'une maladie, la bile est m^ée dauA les humeurs de l'œil , la couleur jaune que voit le malade existe bien réellement devant sa rétine et sa vue ne le trompe pas. La cause de Terreur est l'induction qui fait croire que cette couleur vient des corps tangibles; mais la vue est chargée de montrer la couleur et non pas d'en indiquer la source. Ainsi encore, les couleurs qu'on aperçoiW en pressant le globe de l'œil , n'existent pas seulement dans l'imagination ; ce sont bien des objets de perception et d'un« percep-
&6 DES ERflfiliRS REPROCHÉES A NOS SENS.
tipn^Qcère ; j^ les distingue parfaitement de celles que je ne fais que concevoir et dont je puis me donner la r/epréaentatioQ mentale. Une explication du même gepre ferait évanouir tous les autres reproches que Reid iB cru devoir lai^er subsister contre les sens extérieui*3.