I I 4 CONCLUSION
psychologie ne contient que trois facultés : la sensibilité , Tentendement et la raison. La logique expose les principesyorme/^ ou subjectifs de l'entendement. La inétapliysique, au moyen des principes matériels ou objectifs y constitue à nos yeux Tôtre en général^ Tàme, la nature et Dieu; et la morale élève sur une seule base tout l'ensemble de nos devoirs et de nos droits. Vous admirez ces immenses proportions et cette harmonieuse ordonnance. Vous entrez dans l'intérieur : qu'y trouvez-vous ? a La perfection morale de l'homme , c'est » le développement de ce qui le fait homme , c'est-à-dire » de sa raison et de sa libre volonté (i). » Mais dans quel but faut-il développer la liberté? probablement pour rester fidèle à la raison. Et que dit la raison 7 qu'il faut développer la liberté et la raison : faible lumière poui* rédiger un code; vous tournez dans un cercle. Mais, vous ajoutez le devoir de cultiver nos sentiments élevés, le devoir d'amour, auquel nos parents ont plus de droit que tout autre (2) ; la raison nous enseigne donc autre chose que cet unique précepte de cultiver la liberté et , la raison; et les développements de la morale ne portent pas sur la base unique qu'on leur avait d'abord assignée.
Dans la Psychologie empirique la sensibilité est mal définie , elle est et elle n'est pas une faculté de connaître (3). ^entendement contient péle-méle une multitude de principes intellectuels fort indépendants les uns des autres , tels que la notion de cause , celle de devoir, la croyance à la stabilité de la nature ; de sorte que l'unité de cet entendement n'est que nominale (4).
(i) Même ouvrage, s 147. (3) /^tû?., S 9> la. i4«
(a) Thid, , S i49, xSa, i54. (4) ^&/<'m S 21.
CONCLLSION. I I 5
La raison qui donne la loi morale et la loi de causalité (i), n'ajoute rien à l'entendement qui contenait déjà ridée de justice et de cause (2). La isolante nommée quelquefois ne figure pas dans le tableau général des facultés.
Cette philosophie n'indique nulle part le moyen de distinguer les principes formels d'avec les principes matériels de l'entendement; de sorte qu'il n'y a aucune limite légitime entre sa logique et sa métaphysique, ni même entre ces deux parties et sa psychologie expérimentale.
Abordez cette métaphysique, dont le nom seul, dit-on , fait peur à l'Ecosse : vous vous attendez à trouver autre chose que la psychologie. Voici les principes dont la métaphysique fait étalage : « L'homme se » connaît distinct des choses extérieures et de son » cx)rps (3) ; le principe de causalité domine Vesprit et » lui fait chercher le général , lui fournit le principe de » la raison suffisante , \ix\fait reconnaître aux phérto^- » mènes une base fixe et \efait remonter à une cause » inconditionnelle, à l'absolu dont la notion est une » idée » (4). Voilà l'ontologie. L'Ecosse avait exposé tout aussi légitimement les mêmes principes sous le nom de philosophie de l'esprit humain , c'est-à-dire de psychologie.
Passons à la partie de la métaphysique qu'on appelle en Allemagne la psychologie rationnelle. « L'homme >v a conscience que son âme peut agir à l'encontre » des incitations extérieures (5). L'homme est conduit » par la conscience à concevoir son âme comme w une substance , etc. (6). » — Quelle différence y
( 1 ) Ibid. , .S 25 (4) ihid. , S I il - 1 24 .
(a) Ibid,, J 21. (5) Ihid., $ la;.
(3) Ibib,, S 1 19. (f)) Uid., S 129.
I i6 GONGLUSIOK.
a-t-il entre la psychologie rationnelle et la psychologie empirique ?
Voyons la cosmologie rationnelle. « La conscience r> primitive reconnaît inévitablement les impression;» » des choses extérieures et la réaction de l'âme. Le » monde extérieur est donc réel (i). » Ne sommes* nous pas ici en pleine psychologie ?
Enfin , comment se compose la théologie rationnelle ? c( La raison est forcée par ses lois de concevoir l'em- » pire de la nature comme relevant d'une cause pre- » mière, et l'empire de la liberté comme soumis à une )» essence qui est elle-même absolument libre. (2) » Nous ne sortons pas du cercle de cette psychologie empirique, qu'on avait rejetée dédaigneusement hors de la science ; ce qu'on appelait le vestibule compose en réalité l'édifice tout entier.
Et en effet, la psychologie contient l'ontologie. Elle constate que le non-moi nous est donné en même temps que le rnoi^ que \ invariable est connu avec le variable, et \ infini à propos du fini. La psychologie, sous peine d'être incomplète, doit rechercher la nature et l'origine des notions d'être , de substance et de cause. Quand elle les a dégagées , quand elle a montré que la notion implique la chose, et que l'abstraction ou la pure subjectivité n'est possible qu'après que l'objet ejctérieur a été en rapport avec l'âme , que voulez-vous faire de plus en ontologie? De la substance vous ne tirerez jamais que la substance , comme de l'être, que l'être, et de la cause que la cause. Vous tournerez dans des tautologies sans fin.
Quand vous avez posé les principes d'une sévère psychologie , combinez-les et appliquez-les aux variétés des
(I; Ibid., j; i3o (u) Ibid., S l33.