‹ Critique de la philosophy de Thomas ReidChapitre 32 sur 60 · DE LA MÉTHODE · texte numérisé non relu

DE LA MÉTHODE

pas accordé ses axiomes et l'on n'était pas assez instruit pour bien comprendre ses définitions de mots.

D'un autre côté, pour nous enseigner à découvriras facultés de l'âme, il ne suffit pas de dire qu'on doit observer les phénomènes et les rapporter à des causes réelles et adéquates [5] ; il faut encore nous montrer à distinguer les phénomènes les uns d'avec les autres , afin que nous sachions le nombre exact des causes qui doivent figurer dans l'explication scientifique. Par exemple, Reid observe et décrit fort bien le jugement [97-108] : il le rapporte à une faculté de juger [100] , qui sera sans contredit adéquate à l'effet, si elle est réelle; mais comme l'auteur ne prend pas le soin d'examiner si le jugement diffère de la perception et de la mémoire en nature ou en degré, il demeure indécis sur la question de savoir s'il existe une faculté déjuger distincte de la faculté de se souvenir et de la faculté de percevoir [100, 101 , 104, 107-109, 111 , 11 3]. Ce grand penseur n'a donc pas bien saisi , ou du moins bien appliqué la méthode de Bacon , dont il est cependant le panégyriste. Les trois tables dressées par Bacon, et les exclusions successives qu'il recommande, ont pour but de faire distinguer, parmi les phénomènes, ceux qui , s'accompagnant sans cesse et se trouvant toujours dans la même proportion , doivent être rapportés à une seule et même cause , et de faire attribuer à des causes différentes ceux qui se séparent dans l'expérience, ou se présentent ensemble , mais dans des proportions inverses. Hors de cette méthode , point de salut pour la recherche des causes, c'est-à-dire pour les sciences d'explication.

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