‹ Critique de la philosophy de Thomas ReidChapitre 46 sur 60 · XI. DES JUGEMENTS CONTINGENTS · texte numérisé non relu

XI. DES JUGEMENTS CONTINGENTS

Passons en revue ces jugements, et commençons par les jugements contingents. Les uns appartiennent aux facultés déjà mentionnées par Reid , dans les essais qui précèdent; les autres sont les œuvres de facultés nouvelles , que l'auteur nous fait seulement entrevoir dans la confuse théorie du jugement , mais qu'il ne dégage pas de leur obscurité , qu'il ne place nulle part dans le cadre des facultés intellectuelles , et qu'il n'a pas même le courage de nommer. Le premier, le second et le sixième jugements contingents [ 109, 1 10, 1 i/j] , sont le fruit de telle conscience <pii accompagne tout acte psychologique, et que l'auteur a pommée ailleurs comme faculté spéciale , sans en faire l'objet d'un traité séparé. Le troisième et le quatrième | 1 1 1 , 1 1 2 | sont les jugements que le philosophe a déjà décrits dans la mémoire, et qui oe devaient pas être reproduits sous un a 11 ire nom. Le cinquième 1 1 1 3 I- eal le jugement de per-

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eeption qui a tiguré comme il le devait dans l'essai consacré à cette faculté ; le septième [ i i5 ] est une observation commune à toutes les facultés qui nous font connaître. L'analyse résoudrait facilement le huitième [ i 16] dans les jugements qui le suivent. Les quatre derniers dérivent de trois facultés queReid a découvertes, mais qu'il n'a pas mises sous un jour assez clair pour les faire reconnaître de tout le monde. Reproduisons le neuvième jugement : « Certains traits du visage , certains sons de la voix, certains gestes, indiquent certaines pensées et certaines dispositions d'esprit [ i 17 ]. » Ajoutez aux excellents développements par lequel l'auteur explique le principe qui précède , les citations suivantes prises dans le premier ouvrage de Reid. « Le langage naturel appartient aux brutes elles-mêmes. Les éléments du langage naturel du genre humain , sont : i° les modulations de la voix ; 2°les gestes; 3° les traits du visage ou la physionomie (i). »

« Entre tous les signes artificiels dont on pouvait se servir, il n'en est pas déplus propre que les articulations de la voix, et comme le genre humain les a toujours employées à cet usage , nous avons lieu de croire que c'est à ce dessein qu'elles nous ont été données par }a nature (2). »

« Il serait fort aisé de faire voir que la musique, la peinture, la poésie , l'éloquence, la pantomime, tous les beaux-arts en un moi, en tant qu'ils sont expressifs, bien qu'ils exigent de ceux qui les cultivent un goût délicat , un jugement exquis et beaucoup d'étude et de pratique , ne sont cependant autre chose que le langage de la nature , que nous apportons avee nous eu

(1) T. II, p. 80-90. j ll,,,l.. y. ;)i

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