DES JUGEMENTS CONTINGENTS
venant au monde , mais que nous avons oublié faute d'usage, et que nous ne venons à bout de recouvrer qu'avec de très -grandes difficultés. Abolissez pour un siècle l'usage des sons articulés et de l'écriture, et vous verrez que chaque homme deviendra peintre , acteur , orateur... ; celui qui entend le mieux les signes naturels et qui en connaît le mieux l'usage est aussi le meilleur juge dans tous les arts d'expression (i). »
« Les signes dans le. langage naturel ont la même signification chez tous les peuples de la terre , et Yart de les interprêter est inné et non acquis (2). »
En réunissant tous ces passages, nous aurons une excellente description d'une faculté découverte par Reid. Nous trouverons même dans la dernière ligne le nom qu'il faudra lui donner : si l'art d'interpréter est naturel, nous avons reçu de la nature une faculté interprétative. Il esta regretter que le savant auteur n'ait pas faitfiçurer cette faculté dans sa classification générale, et qu'il l'ait ainsi égarée dans quelques détails obscurs de chapitres consacrés à d'autres sujets.
A l'aide du dixième principe contingent, nous allons dégager encore une faculté cachée dans l'ombre. « jNous avons naturellement quelque égard aux témoienaçes humains en matières de faits, et même à l'autorité en matière d'opinion | 1 18]. » Fortifiez ce principe des remarques qui l'accompagnent, etdes rapprochements que voici : « J'ai cru par instinct tout ce que m'ont dit mes parents longtemps avant que l'idée du mensonge entrai dans mon esprit, Ou que je soupçonnasse qu'ils pussenl nae tromper (3). »
1 T H, p. 93-3. t T II. P ...s
(a) T. II, p. 34-a