‹ Critique de la philosophy de Thomas ReidChapitre 52 sur 60 · DE LA FACULTÉ MOTRICE · texte numérisé non relu

DE LA FACULTÉ MOTRICE

chose que sur le mot. Nous lisons , d'une part : « Les ellèts directs de la puissance humaine peuvent se ramener aux deux suivants : donner certains mouvements à notre corps, imprimer certaine direction à nos pensées [16g]. Nous n'apercevons aucune liaison entre la volition , VexertAon de notre force , et le mouvement du corps qui les suit [170]. » Il semble ici que la force motrice soit un attribut de l'àme et se distingue de la volonté. Mais ailleurs l'auteur écrit : « La volition exerce-t-elle une action physique sur les nerfs et les muscles, ou bien est- elle seulement l'occasion d'un efiët produit sur ces instruments par quelque autre force, en vertu des lois établies par la nature? C'est un secret pour nous , tant la conception de notre propre pouvoir devient obscur, lorsque nous voulons remonter à sa source [170]. »

Dans l'essai sur la puissance active, il semble souvent n'attribuer à l'être spirituel que les mouvements volontaires [168]; puis dans l'essai sur les principes animaux , il rapporte à l'àme tous les mouvements instinctifs, qui ne supposent ni attention , ni délibération , ni volonté , qu'on accomplit sans savoir ce qu'on fait , ni dans quel but on agit, et qu'il appelle pour cette raison : les principes mécaniques [179]. D'après cette dernière hypothèse, l'àme serait douée d'une force motrice, en vertu de laquelle , sans le secours de la volonté et de l'intelligence , elle lerait exécuter au corps les mouvements de respiration , de succion, de déglutition, de cri, de

geste involontaire, etc , et même, dans le cas de

mouvement volontaire, ce serait encore la force motrice de l'àme qui se chargerait d'exécuter le mouvement voulu [181-180].

Pour non-;, appuyé sur l'autorité de M. Jnufuo\ .

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nous admettons cette faculté motrice au nombre des facultés de l'âme. En effet , c'est par sa force motrice seulement que l'âme peut apprécier la résistance que les corps extérieurs opposent au corps qu'elle anime ; et pour qu'elle puisse recommencer un mouvement avec volonté , il faut qu'elle l'ait d'abord accompli sans le vouloir , c'est-à-dire par sa simple force motrice. L'âme ne peut vouloir que sa propre action et non l'action d'autrui , pas même celle de son corps. Elle ne peut vouloir , et elle ne veut jamais la digestion , la circulation du sang , ni le mouvement péristaltique des intestins. Si* elle veut mouvoir le bras , c'est qu'elle a d'abord donné cette impulsion en vertu d'une force involontaire qui n'est pas moins propre à l'âme que la volonté.

Ceci posé , il ne faudrait pas dire qu'il y a dans l'âme plusieurs principes mécaniques [179], mais un seul , qui serait cette faculté motrice, agissant de difterentes manières , d'après les différentes idées ou affections. Par exemple, sous l'influence de la faim, de la soif et du besoin d'air , elle opérerait les mouvements de respiration , de succion et de déglutition , etc. ; sous l'influence de la peur , le cri , le mouvement de retraite ou d'attaque; sous celle de la conception , le geste et l'action des muscles du visage , comme sous celle de la mémoire , le mouvement d'imitation ou d'habitude, el elle recommencerait ensuite tous ces mouvements sous la direction de la volonté.

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