‹ Critique de la philosophy de Thomas ReidChapitre 56 sur 60 · I I 4 CONCLUSION · texte numérisé non relu

I I 4 CONCLUSION

psychologie ne contient que trois facultés : la sensibilité , l'entendement et la raison. La logique expose les principes^ /v??e/s ou subjectifs de l'entendement. La métaphysique, au moyen des principes matériels ou objectifs , constitue à nos yeux l'être en général, lame, la nature et Dieu; et la morale élève sur une seule base tout l'ensemble de nos devoirs et de nos droits. Vous admirez ces immenses proportions et cette harmonieuse ordonnance. Vous entrez dans l'intérieur : qu'y trouvez-vous ? « La perfection morale de l homme , c'est » le développement de ce qui le fait homme , c'est-à-dire » de sa raison et de sa libre volonté (i). » Mais dans quel but faut-il développer la liberté? probablement pour t ester fidèle à la raison. Et que dit la raison ? qu'il faut développer la liberté et la raison : faible lumière pour rédiger un code; vous tournez dans un cercle. Mais, vous ajoutez le devoir de cultiver nos sentiments élevés, le devoir d'amour, auquel nos parents ont plus de droit que tout autre (2); la raison nous enseigne donc autre chose que cet unique précepte de cultiver la liberté et la raison ; et les développements de la morale ne portent pas sut la base unique qu'on leur avait d'abord assignée.

Dans la Psychologie empirique la sensibilité est mal définie, elle est et elle n'est pas une l'acuité de connaître (3). ~L entendement contient pêle-mêle une multitude de principes intellectuels fort indépendante les uns des aunes , tels que la notion de cause, celle de devoir, la croyance à la stabilité de la nature ; de sorte iptc l'unité de cet entendement n'est que nominale (4)

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La raison qui donne la loi morale et, la loi de i.au-„ilite (i), n'ajoute rien à l'entendement qui soutenait déjà l'idée de justice et de cause (2). La volonté nommée quelquefois ne figure pas dans le tableau générai des facultés.

Cette philosophie n'indique nulle part le moyen de distinguer les principes formels d'avec les principes matériels de l'entendement; de sorte qu'il n'y ;> aucune limite légitime entre sa logique et sa métaphysique, m même entre ces deux parties et sa psvchologie expérimentale.

Abordez cette métaphysique, dont le nom seul, dit-on , fait peur à l'Ecosse . vous vous attendez à trouver autre chose que la psychologie. Voici les principes dont la métaphysique fait étalage : « L'homme s » connaît, distinct des choses extérieures et de sou » corps (3) ; le principe de causalité domine l'esprit et » lui fait chercher le général , lui fournit le principe de » la raison suffisante, lui fait reconnaître aux phéno- » mènes une base fixe et Xejait remonter à une eàuse » inconditionnelle, a l'absolu dont la notion est uni1 -> idée » (4). Voilà l'ontologie. L'Ecosse avait expose tout aussi légitimement les mêmes principes sous le nom de philosophie de l'esprit humain . c est-à-dire de psychologie.

Passons à la partie de la métaphysique qu'on appelle en Allemagne la psychologie rationnelle. « L'homme » a conscience que son âme peut agir h l'encontre

■ des incitations extérieures (5). L'homme est conduil » par la conscience à concevoir sou àme comme

■ une substance , etc. (f>). » — Quelle diftereufie 1

(!'■ Ibid., ;, -2.5 ( Ibid , ;, 121- 1 > t

(2) Ibid., S 21. :, Ibid., S 127.

(3) Iinb.. s m,. r, n

1 lo COKCllSIOiN.

a-t-il entre la psychologie rationnelle et la psychologie empirique ?

Voyons la cosmologie rationnelle. « La conscience » primitive reconnaît inévitablement les impressions » des choses extérieures et la réaction de l'àme. Le » monde extérieur est donc réel (i). » Ne sommesnous pas ici en pleine psychologie ?

Enfin , comment se compose la théologie rationnelle ? « La raison est forcée par ses lois de concevoir Fem- « pire de la nature comme relevant dune cause pre- » mière, et l'empire de la liberté comme soumis à une » essence qui est elle-même absolument libre. (2) » Nous ne sortons pas du cercle de cette psychologie empirique, qu'on avait rejetée dédaigneusement hors de la science ; ce qu'on appelait le vestibule compose en réalité l'édifice tout entier.

Et en effet, la psychologie contient l'ontologie. Elle constate que le non-moi nous est donné en même temps que le moi, que X invariable est connu avec le variable, et X infini à propos du fini. La psychologie, sous peine d'être incomplète , doit rechercher la nature et l'origine des notions d'être , de substance et de cause. Quand elle les a dégagées, quand elle a montré que la notion implique la chose, et que l'abstraction ou la pure subjectivité n'est possible qu'après que l'objet extérieur a été en rapport avec l'àme , que voulez-vous faire de plus en ontologie? De la substance vous ne tirerez jamais que la substance , comme de l'être, que l'être, cl de la cause que la cause. Vous tournerez dan* (\v> tautologies sans fin.

Quand vous bvez pose les principes «I une sévère psj 1 holocie . combinez-les et appliquez Icsauj variétés des

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