‹ Critique de la raison pratiqueChapitre 22 sur 67 · XX AVANT-PROPOS DU IRADUCTEUB · texte numérisé non relu

XX AVANT-PROPOS DU IRADUCTEUB

« pose,qui ose croire y rien comprendre,— et dans ce cas, il « n'a ni le besoin ni l'obligation d'aller plus loin, ce qui est « assez doux.

« Il ne faudrait pas que les lecteurs qui n'entendraient pas « bien cet énorme ouvrage de douze pages, en conclussent » qu'ils sont tout à fait indignes de comprendre la philoso- « pliie de Kant, car il est presque aussi difficile de la recon- « naître que de retrouver le Traité des richesses de Sénèque « dans l'analyse qu'en fait Hector.

€ Kant est un philosophe célèbre dont on peut fort bien ne « pas plus aimer certaines opinions que l'harmonie prééta- « blie de Leibnitz ou le Tout en Dieu de Malebranche, mais « qu'on ne pourra jamais traiter avec légèreté... notre au- «teur... a trop cru, en rentrant dans ce pays-ci, qu'on n'y « savait rien, parce qu'il ne savait rien de ce qui s'y faisait... « S'il veut prendre la peine de motiver son analyse de l'intel- « ligence humaine, ou de l'être cognitif comme il l'appelle, et « de la justifier contradictoirement avec celle de Condillac ou « de tel autre philosophe, nous la discuterons posément avec «L lui; il verra que c'est là le nœud de la question. »

Pendant le dernier trimestre de l'an IX, Degérando fit à l'Institut une seconde lecture de son Mémoire sur la Philosophie de Kant. Le secrétaire Lévesque, plus compétent comme historien que comme philosophe, signala ce Mémoire, dans la Notice des travaux de la classe, le 15 vendémiaire an X : « La philosophie de Kant, disait-il, partage le public savant de l'Allemagne, elle excite des haines nationales et des haines étrangères, et des Allemands insultent aux Français parce qu'ils n'ont pasgrossi la secte du professeur de Kœnigsberg. » Sans suivre Degérando dans ce travail, parce qu'il aurait fallu employer les termes techniques de l'école et ensuite les expliquer avec l'incertitude de les avoir compris et de se faire entendre, Lévesque disait seulement que Degérando avait rendu un juste hommage au génie fécond et hardi du philosophe allemand et à la vaste étendue de ses connaissances, mais sans dissimuler que ce novateur philosophe, par la nature de ses méthodes, inspire de justes préventions contre son système et qu'elles sont encore augmentées par les pré-

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