LA PHILOSOPHIE DE KANT EN FRANCE DE 1773 A 1814 XXXIM
faiteiueiit raisonné dans la branche de la métaphysique qu'il a traitée. Elle étudie l'allemand avec soin, sûre que c'est là seulement qu'elle trouvera des pensées nouvelles et des sentiments profonds et que c'est en Allemagne qu'il y a le plus d'hommes distingués comme philosophes et comme littérateurs. En novembre, elle lit le Mémoire de Degérando, qui a remporté le prix à Berlin et l'admire beaucoup; elle envoie Delphine à Villers, qui lit l'ouvrage en dix-huit heures et place M"* de Staël parmi les génies inspirés et créateurs. En juillet 1803, Michaux apporte les Lettres Westphaliennes à M°" de Staël, qui les parcourt avec beaucoup d'intérêt et écrit à Villers qu'elle a fort envie de taire un voyage en Allemagne. Elle arrive à Metz, où se trouvait Villers, le 26 octobre et y reste jusqu'au 8 novembre ; elle lit Richter qui, à travers mille niaiseries, a des mots charmants, mais elle trouve l'extérieur allemand bien peu esthétique. Elle est triste à Francfort, il lui semble que tout en Allemagne ressemble à ce qu'elle a entendu dans une auberge, à un concert dans une chambre enfumée, qu'il y a de la poésie dans l'àme, mais aucune élégance dans les formes. Sa fille est malade et lui inspire de vives inquiétudes ; puis elle arrive à Weimar: l'Allemagne lui plait beaucoup plus, parce qu'en Saxe les hommes supérieurs sont plus généralement répandus. Herder est mourant, Goethe ne sera laque dans huit jours, Schiller lui paraît le plus kantiste des poètes, ils se sont déjà disputa sans savoir leurs langues mutuelles et son esprit l'a frappé autant qu'il est possible ; Wielaud est en coquetterie avec elle, le duc et sa femme la comblent de bontés, Jacobi lui écrK pour lui demander un rendez-vous dans quelque ville d'Allemagne et la prie d'impatroniser l'Allemagne en France. Entin, le 28 décembre 1803, elle écrit qu'elle est bien changée sur l'Allemagne depuis qu'elle est à Weimar ; elle passe sa vie avec Goethe, Schiller et Wieland : certaine-, ment des hommes plus distingués ne se trouvent nulle part et elle est très près de s'entendre avec eux sur tous les points*. L'ouvrage sur l'Allemagne, pour lequel elle doit beaucoup
< ItUr, of. cit.