RAPPORT DES FACULTÉS A LA DESTINATION PRATIQUE 2G
d'abord des efforts {sich nicht allererst empor arbeiten darf) pour rassembler ses forces afin de résister aux penchantj; par une représentation vivante de la dignité de la loi, la plupart des actions conformes à la loi seraient produites par la crainte, quelques-unes seulemant par l'espérance et aucune par devoir, et la valeur morale des actions, sur laquelle seule repose la valeur de la personne et même celle du monde aux yeux de la suprême sagesse^ n'existerait plus. La conduite des hommes, aussi longtemps que leur nature demeure ce qu'elle est actuellement, serait donc changée en un simple mécanisme où, comme dans un jeu de marionnettes, tout ^esiicwiemû bien, mais où cependant on ne rencontrerait aucune vie dans les figures. Or, comme il en est tout autrement pour nous,comme par tous les efforts de notre raison, nous n'avons de l'avenir qu'une perspective (Aussicht) fortobscure et incertaine, commele Gouverneurdu monde {Weltregierer) nous laisse seulement conjecturer ei non dL^evcewoiv [erblicken) on prouver clairement son existence et sa majesté, comme au contraire la loi morale qui est en nous, sans nous promettre ou nous faire craindre quelque chose avec certitude (phne uns etwas mit Sicherheit zu vevheissen oder %u drohen), réclame de nous un respect désintéressé, tout en nous offrant d'ailleurs, lorsque ce respect est devenu actif et dominant, pour la première fois et seulement par ce moyen [allererst alsdann und nur dadurchj, des perspectives dans le royaume du supra-sensible, mais seulement encore assez voilées {mit schwachen Blieken)^ il peut y avoir place pour une intention véritablement morale,
ayant immédiatement la loi pour objet, et la créature raisonnable peut devenir digne de participer au souverain bien qui correspond à la valeur morale de sa personne et non simplement à ses actions. Donc, ce que nous enseigne suffisamment d'ailleurs l'étude de la nature et de l'homme, pourrait bien encore ici être exact : la sagesse impénétrable par laquelle nous existons, n'est pas moins digne de vénération pour ce qu'elle nous a refusé que pour ce qu'elle nous a donné en partage.