TROISIÈME SECTION
Hepréfsentation systéinatlque de tous les principes synltiétiques de l'entendement pur
S'il y a en général des principes quelque part, il faut Tâttribuer uniquement à l'entendement pur, qui n'est pas seulement la faculté de concevoir des règles par rapport à ce qui arrive, mais même la source des principes auxquels tout (ce qui peut se présenter à nous comme objet) est nécessairement soumis, puisque nous ne pourrions jamais sans eux appliquer aux phénomènes la connaissance d'un objet correspondant. Les lois mêmes de la nature, considérées comme des principes de l'usage empirique de l'entendement, impliquent un caractère de nécessité et
par conséquent au moins cette présomption qu elles sont déterminées par des principes ayant une valeur à priori et antérieure à toute expérience. Mais toutes les lois de la nature sans distinction sont soumises à des principes supérieurs de l'entendement, puisqu'elles ne font que les appliquer à des cas particuliers du phénomène. Seuls par conséquent, ces principes fournissent la règle et en quelque sorte l'exposant d'une règle en général * ; mais l'expérience donne le cas qui est soumis à la règle.
On ne doit pas craindre ici de prendre des principes simplement empiriques pour des principes de l'entendement pur, ou réciproquement; car la nécessité, fondée sur des concepts, qui caractérise les principes de Fentendement et dont il est facile de remarquer l'absence dans tous les principes empiriques, si générale qu'en soit la valeur, peut aisément prévenir cette confusion. Mais il y a des principes purs à priar% que je ne saurais attribuer proprement à l'entendemei.t pur, parce qu'ils ne sont pas tirés de concepts purs, mais d'intuitions pures (quoique par l'intermédiaire de l'entendement), tandis que l'entendement est la faculté des concepts. Tels sont les principes des mathématiques; mais leur application à l'expérience, par conséquent leur valeur objective et même la possibilité de la connaissance synthétique à priori de ces principes (leur déduction) reposent toujours sur l'entendement pur.
Je ne rangerai donc pas parmi mes principes ceux des mathématiques, mais bien ceux sur lesquels se fonde leur possibilité et leur valeur objective à priori, et qui par conséquent doivent être regardés comme les prin-
* Den Exponenten zu einer Begel ûberhaupt
PRINCIPES DE l'entendement PUR 219
cipes de ces principes, car ils voDt des concepts à l'intuition et non de VintuUion aux concepts.
La synthèse des concepts purs de Tentendement dans leur application à l'expérience possible a un usage ou mathématique ou dynamique; car elle se rapporte en partie simplement à Yintuition^ et en partie à Vezistencè d'un phénomène en général. Or les conditions à priori de l'intuition sont relativement à une expérience possible tout à fait nécessaires, tandis que celles de l'existence des objets d'une intuition empirique possible ne sont par elles-mêmes que contingentes. Les principes de l'usage mathématique seront donc absolument nécessaires, c'està-dire apodictiques , tandis que ceux de l'usage dynamique ne revêtiront le caractère d'une nécessité à priori que sous la condition de la pensée empirique dans une expérience, et par conséquent d'une manière médiate et indirecte. Les derniers n'auront donc pas cette évidence immédiate qui est propre aux premiers (mais leur certitude par r^,pport à Texpérience en général n'en subsiste pas moins). C'est là d'ailleurs une vérité que l'on comprendra mieux à la fin de ce système des principes.
La table des catégories nous fournit tout naturellement le plan de celle des principes, puisque les principes ne sont autre chose que les règles de l'usage objectif des catégories. Voici donc tous les principes de l'entendement :