‹ Critique de la raison pure (volume 3)Chapitre 17 sur 57 · II · texte numérisé non relu

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ii» DIALECTIQUE TRA?ISCE?IDE5TALE

Ci^nime cette régression est infinie, tons les membres (les parties; auxquels elle airive sont, il est vrai, contenus comme agrégaU dans le tout donné, mais non pas la Hérie entière île la diirUion, laquelle est soccessivemeot infinie et n'est jamais complète, et par conséquent ne peut présenter une multitude infinie et une synthèse àe cette njultitude en un tout.

Cette remarque générale s'applique d'abord très-aisément à l'espace. Chaque espace perçu dans ses limites est un tout dont les parties décomposées sont tonjoors des espaces, et qui par conséquent est divisible à TinfinL

De là aussi résulte tout naturellement la seconde application à un phénomène extérieur renfermé dans ses bornes (à un corps). La divisibiUté de ce corps se fonde sur la divisibilité de l'espace, lequel constitue la possibilité du corps comme d'un tout étendu. Celui-ci est donc divisible à l'infini, sans cependant se composer de parties infiniment nombreuses.

U semble à la vérité que, puisqu'un corps doit être représenté comme une substance dans l'espace, il soit, en ce qui concerne la loi de la divisibilité de l'espace, distinct de celui-ci; car on peut accorder en tous cas qucr dans l'espace, la décomposition ne peut jamais exclure toute composition, puisqu'alors tout espace, chose qui n'a d'ailleurs rien d'existant de soi, disparaîtrait (ce qni est impossible;, tandis qu'admettre que, si toute composition de la matière était supprimée dans !a pensée, il ne dût rien rester du tout, ne semble pas s'accorder avec le concept d'une substance, laquelle devrait être proprement le sujet de toute composition et subsister dans ses éléments, encore qu'eût disparu l'union de ces éléments dans l'espace, union par laquelle ils forment un corps.

Mais il n'en est pas de ce qui s'appelle substance dans le phénomène comme de ce que l'on penserait d'une chose en soi au moyen d'un concept purement intellectuel. Cette substance n'est pas un sujet absolu, mais une image permanente de la sensibilité ; elle n'est qu'une intuition dans laquelle ne se trouve rien d'inconditionnel.

Or, bien que cette règle de la progression à l'infini s'applique sans aucun doute dans la subdivision d'un phénomène, considéré simplement comme remplissant l'espace, elle n'a plus de valeur quand nous voulons l'étendre à la multitude des parties déjà séparées d'une certaine manière dans le tout donné et qui constituent ainsi un quantum discretum. On ne saurait admettre que dans chaque tout organisé chaque partie soit organisée à son tour, et que, de cette manière, dans la division des parties à l'infini, on arrive toujours à de nouvelles parties organisées, en un mot que le tout soit organisé à l'infini, bien que les parties de la matière puissent être organisées, dans leur décomposition à l'infini. En effet l'infinité de la division d'un phénomène donné dans l'espace se fonde uniquement sur ce que par ce phénomène est donnée simplement la divisibilité, c'est-à-dire une multitude de parties absolument indéterminée en soi, tandis que les parties elles-mêmes ne sont données et déterminées que par la subdivision, en un mot sur ce que le tout n'est pas déjà divisé en lui-même. La division peut donc déterminer dans ce tout une multitude qui va aussi loin que l'on peut s'avancer dans la régression de la division. Au contraire, dans un corps organisé qui le serait à l'infini, le tout est représenté par ce concept comme étant déjà divisé, et il s'y trouverait, antérieurement à toute régression de la divi-

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