‹ Critique de la raison pure (volume 3)Chapitre 22 sur 57 · DE L* UNION DE LA LIBERTÉ AVEC LA NÉCESSITÉ · texte numérisé non relu

DE L* UNION DE LA LIBERTÉ AVEC LA NÉCESSITÉ

re naturel, cette loi par laquelle seule les phénomènes euvent constituer une nature et fournir les objets d'une xpérience, cette loi, dis je, est une loi de l'entendement ont il n'est permis sous aucun prétexte de s'écarter ou .e distraire quelque phénomène, parce qu'autrement on e placerait en dehors de toute expérience possible, pour în faire un pur être de raison et une chimère.

Mais, quoiqu'on n'ait ici en vue qu'une chaîne de causes qui ne souffre pas de totalité absolue dans la régression vers ses conditions, cette difficulté ne nous arrête cependant pas; car elle a déjà été levée dans le jugement général porté sur l'antinomie où tombe la raison lorsque dans la série des phénomènes elle tend à l'absolu. Si nous nous livnons à l'illusion du réalisme transcendental, il ne resterait ni nature, ni liberté. Ici toute la question est de savoir si, en ne reconnaissant dans la série entière de tous les phénomènes qu'une nécessité naturelle, il est encore possible de regarder cette nécessité, qui n'est en un sens qu'un simple effet naturel, comme étant dans un autre un efîet de la liberté, ou s'il y a une contradiction absolue entre ces deux espèces de causalité.

Parmi les causes phénoménales, il ne peut certainenient rien y avoir qui commence absolument et de soiiDéoie une série. Chaque action, comme phénomène, en tant qu'elle produit un événement, est elle-même un événement ou un accident, qui présuppose un autre état où il a sa cause ; et ainsi tout ce qui arrive n'est qu'une continuation de la série, et aucun commencement qui se produirait de lui-même n'y est possible. Toutes les actions des causes naturelles dans la succession ne sont ionc à leur tour que des effets qui supposent aussi leurs

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causes dans la série du temps. Il ne faut pas attendre de la liaison causale des phénomènes une action primitive^ par laquelle arrive quelque chose qui n'était pas auparavaut.

Mais est-il donc aussi nécessaire que, si les effets sont des phénomènes, la causaUté de leur cause, laquelle cause est elle-même un phénomène, soit simplement empirique? Ou plutôt n'est-il pas possible que, quoique chaque effet dans le phénomène veuille absolument être enchaîné à sa cause suivant les lois de la causalité empirique, cette causalité empirique elle-même, sans rompre le moins du monde son union avec les causes naturelles, soit cependant l'effet d'une causalité non empirique, mais intelligible, c'est-à-dire de l'action originaire, par rapport aux phénomènes, d'une cause qui à ce titre n'est pas un phénomène, mais est intelligible quant à cette faculté, bien que, du reste, elle doive être rattachée au monde sensible, comme anneau de la chaîne de la nature.

Nous avons besoin du principe de la causalité des phénomènes entre eux pour pouvoir chercher et fournir aux événements naturels des conditions naturelles,, c'est-à-dire des causes phénoménales. Si ce point est accordé et n'est altéré par aucune exception, l'entendement, qui dans son usage empirique ne voit rien que la nature, en quoi il est d'ailleurs parfaitement fondé, a tout ce qu'il peut exiger, et les explications physiques poursuivent leur cours sans interruption. Or ce n'est pas lui faire le moindre tort que d'admettre, ne fît- on en cela qu'une simple fiction, que parmi les causes naturelles il en est aussi qui ont une faculté purement intelligible, en ce sens que ce qui détermine cette faculté à l'action ne repose jamais sur des conditions empiriques, mais sur de

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pars principes de l'entendement, de telle sorte cependant que T action phénoménale de éette cause est conforme à toutes les lois de la causalité empirique. En effet de cette manière le sujet agissant, comme causa phœnomenon, serait enchaîné à la nature, dans tous ses actes, par un lien indissoluble ; seulement le phœnomenon de ce sujet (avec toute sa causalité dans le phénomène) contiendrait certaines conditions qui, si l'on remontait de l'objet empirique à l'objet transcendental, devraient être considérées comme purement intelligibles. En effet lorsque, dans la recherche de ce qui peut être cause parmi les phénomènes, nous ne faisons que suivre la règle de la nature, nous n'avons pas besoin de nous inquiéter de ce qui, dans le sujet transcendental, qui nous est inconnu, doit être conçu comme principe de ces phénomènes et de leur liaison. Ce principe intelligible n'intéresse en aucune matière les questions empiriques; il ne concerne que la pensée dans l'entendement pur; et, quoique les effets de cette pensée et de cette action de l'entendement pur se trouvent dans les phénomènes, ceux-ci n'en doivent pas moins pouvoir être parfaitement expHqués par leur cause phénoménale suivant des lois naturelles, puisqu'on en suit le caractère purement empirique comme un principe suprême d'explication, et qu'on laisse entièrement de côté, comme inconnu, le caractère intelligible qui est la cause transcendentale du premier, excepté en tant qu'il nous est indiqué par lui comme par son signe sensible. Appliquons cela à l'expérience. L'homme est un des phénomènes du monde sensible, et à ce titre il est aussi une des causes naturelles dont la causalité doit être soumise à des lois empiriques. Comme tel il doit donc avoir aussi

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