SOLUTION 0U QUATRIÈME PROBLÈME
cause. A présent cette série d'états nous sert seulement de guide pour parvenir à une existence qui puisse être la condition suprême de tout ce qui est changeant, je veux dire à Y être nécessaire. Il ne s'agit pas ici de la causalité absolue, mais de l'existence absolue de la subs- ' tance même. La série que nous avons maintenant en vue n'est donc proprement qu'une série de concepts, et non une série d'intuitions dont l'une est la condition de l'autre.
On voit aisément que, comme tout est changeant dans l'ensemble des phénomènes, et que par conséquent tout est conditionnel dans l'existence, il ne peut y avoir nulle part dans la série de l'existence dépendante un membre inconditionnel dont l'existence serait absolument nécessaire, et que par conséquent, si les phénomènes étaient des choses en soi, et que par là même leur condition appartint toujours, avec le conditionnel, à une seule et inême série d'intuitions, il ne pourrait jamais y avoir place pour un être nécessaire, comme condition de l'existence des phénomènes du monde sensible.
Mais la régression dynamique se distingue de la régression mathématique en ce que, celle-ci n'ayant affaire qu'à •a composition des parties en un tout ou à la décomposition d'un tout en ses parties, les conditions de cette série doivent toujours être considérées comme des parties delà série, par conséquent comme homogènes, par conséquent encore comme des phénomènes, tandis que, celle-là ne s'occupant point de la possibilité d'un tout absolu formé de parties données ou de celle d'une partie absolue ramenée à un tout donné, mais de la dérivation qui fait sortir un état de sa cause, ou l'existence contingente de la substance même de l'existence nécessaire, la condition.
158 DIALECTIQUE TRANSGENDENTALE
De doit pas nécessairement former avec le conditionnel une série empirique. ,
Il nous reste donc une issue ouverte, dans Tantinomie apparente qui s'offre à nous, puisque les deux thèses contradictoires peuvent être vraies en même temps dans des sens différents, de telle sorte que toutes les choses du monde soient entièrement contingentes et par conséquent n'aient toujours qu'une existence empiriquement conditionnelle, et qu'il y ait pourtant aussi pour toute la série une condition non empirique, c'est-à-dire un être absolument nécessaire. Celui-ci en effet, en tant que condition intelligible, n'appartiendrait pas à la série comme membre de cette série (pas même comme en étant le membre le plus élevé), et il ne rendrait non plus aucun membre de la série empiriquement inconditionnel, mais il laisserait le monde sensible tout entier conserver son existence empiriquement conditionnelle à travers tous ses membres. Cette manière de donner pour principe aux phénomènes une existence inconditionnelle se distinguerait donc de la causalité empiriquement inconditionnelle (de la liberté) dont il était question dans l'article précédent, en ce que dans la liberté la chose elle-même faisait partie, comme cause {suhstantia phœnomenon), de la série des conditions et que sa camcdité seule était conçue comme intelligible, tandis qu'ici l'être nécessaire devrait être conçu tout à fait en dehors de la série du monde sensible (comme ens extramundanum) et d'une manière purement intelligible, ce qui seul peut l'empêcher d'être lui-même soumis à la loi de la contingence et de la dépendance qui régit tous les phénomènes.
Le principe régulateur de la raison est donc, relativement à notre problènae, que tout dans le monde sensible