‹ Critique de la raison pure (volume 3)Chapitre 25 sur 57 · SOLUTION DU QUATRIÈME PROBLÈME · texte numérisé non relu

SOLUTION DU QUATRIÈME PROBLÈME

a unç existence empiriquement conditionnelle, et qu'il n'y a nulle part en lui, par rapport à aucune propriété, Wàe nécessité inconditionnelle, qu'il n'existe aucun membre de la série des conditions dont on ne doive toujours attendre et, aussi loin qu'on le peut, chercher la condition empirique dans une expérience possible, et que rien ne nous autorise à dériver une existence quelconque d'une condition placée en dehors de la série empirique, ou à la tenir dans la série même pour absolument indépendante et subsistant par elle-même, mais sans nier pour cela que toute la série puisse avoir son fondement dans quelque être intelligible (qui soit ainsi libre de toute condition empirique et contienne au contraire le principe de la possibilité de t^us les phénomènes).

On ne songe nullement en cela à démontrer l'existence absolument nécessaire d'un être, ni même à fonder la possibilité d'une condition purement intelligible de l'existence des phénomènes du monde sensible, mais seulement, tout en limitant la raison de telle sorte qu'elle ne perde pas le fil des conditions empiriques et qu'elle ne s'égare pas en des principes d'explication transcendants et qui ne seraient susceptibles d'aucune représentation in concretOj à restreindre aussi, d'un autre côté, la loi de l'usage purement empirique de l'entendement, de manière à l'empêcher de décider de la possibilité des choses en général et de tenir l'intelligible pour impossible, bien qu'il n'y ait pas lieu de s'en servir pour l'explication des phénomènes. Tout ce que Ton veut montrer par là, c'eôt donc que la contingence universelle de toutes les choses de la nature et de toutes leurs conditions (empiriques) peut très-bien s'accorder avec la supposition arbitraire d'une condition nécessaire, quoique purement intelligible, que par consé-

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quent il n'y a point de véritable contradiction entre ces assertions, mais qu'elles peuvent être vraies toutes deux. Un être intelligible de ce genre, un être absolument nécessaire fût-il impossible en soi, c'est du moins ce que l'on ne saurait conclure de la contingence universelle et de la dépendance de tout ce qui appartient au monde sensible, non plus que du principe qui veut qu'on ne s'arrête à aucun membre de ce monde, en tant qu'il est contingent, et qu'on en appelle à une cause hors du monde. La raison suit son chemin dans l'usage empirique et son chemin particulier dans l'usage transcendental.

Le monde sensible ne contient que des phénomènes^ et ceux-ci sont de simples représentations qui à leur tour sont toujours soumises à des conditions sensibles; et, comme ici nous n'avons jamais pour objets des choses en soi, il n'y a point à s'étonner que nous ne soyons jamais fondés à sauter d'un membre des séries empiriques, quel qu'il soit, hors de l'enchaînement des choses sensibles, comme si elles étaient des choses en soi qui existassent en dehors de leur principe transcendental et que l'on pût abandonner pour chercher hors d'elles la cause de leur existence. C'est ce qui finirait certainement par arriver dans les choses contingentes, mais non dans de simples représentations de choses dont la contingence même n'est qu'un phénomène et ne saurait conduire à aucune autre régression qu'à celle qui détermine les phénomènes, c'est-à-dire qui est empirique. Mais il n'est contraire ni à la régression empirique illimitée de la série des phénomènes, ni à leur contingence universelle de concevoir un principe intelligible des phénomènes, c'fistà dire du monde sensible. Mais aussi est-ce la seule chose que nous puissions faire pour lever l'antinomie apparente.

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