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ni LOGIQOB TRAKSCENDANTXUS.
des preuves évidentes de l'origine des choses par des idées. Une plante, un animal , l'ordre du monde (appareniment aussi l'ordre entier de la nature) , montrent clairement que tout cela n'est possible que suivant des idées ; qu'à la vérité , aucune créature particulière, sous les conditions déterminées de son eiistence, n'est en en harmonie avec l'idée de la plus grande perfection de son espèce (aussi peu que l'homme avec l'idée de l'humanité, idée qu'il porte cependant toujoui^ dans son âme comme archétype de ses actions) , mais que, dans l'entendement suprême, ces idées sont néanmoins déterminées individuellement, immuablement et universellement; qu'elles sont les causes primitives des choses, et qu'il n'y a que l'ensemble de leur union dans l'univers qui soit adéquat à cette idée. Abstraction faite de ce qu'il y a d'exagéré dans l'exprès» sion, l'élévation d'esprit du philosophe, depuis la contemplation ectype du physique de l'ordre du monde jusqu'à son enchaînement architect<ftiique suivant des fins, c'est-à-dire d'après des idées, est un effort digne ■ d'estime et d'imitation. Mais, pour ce qui est des principes de la morale, de la législation et de la religion, ' où les idées rendent enlîn possible l'expérience même i (du bien) , — quoiqu'elles ne puissent jamais y être par- ' faitement exprimées , — c'est un mérite tout à fait ' particulier qui n'est méconnu que parce qu'on ne l'ap- , précie que suivant les règles empiriques dont la valeur, i comme principes, a dû céder en face de ces idées ' mêmes. A l'égard de la nature, l'expérience nous donne , les règles et devient la source de la vérité. Mais, par i rapport aux lois morales, l'expérience, hélas I est la mère i de l'apparence, et il est très répréhensible de prendre
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les lus de ce qui dini se faire, de ce qui se fmt, ou de vouloir les y restreindre.
423. Au lieu de toutes ces considérations , dont uae convenable exécution fait le mérite propre de la philtH Sophie, nous nous occuperons maintenant d'un travail moins brillant, mais cependant pas sans mérite, savoir : de déblayer et d'affumir le sol oti doit 6tre élevé le majestueux édifice de la morale, dans lequel la raison, tout en cherchant des trésors avec une con6ance ausn (eaob qu'inutile , n'a su faire jusqu'ici qu'une infinité de taupinières qui minent les fondements de cet édifice. U s'agit donc de connaître avec précision l'usage tranacendantâl de la raison pure, ses principes et ses idées, afin de pouvoir apprécier et déterminer l'influence et la valeur de cette raison. Mais, avant de finir cette introduction, je supplie ceux qui ont à cœur la philosophie (ce qui dit plus qu'on ne rencontre communément), s'ils se trouvent persuadés par ce qui vient d'être dit et par ce qui doit suivre , de prendre sous leur protection le mot idée dans son acception primitive, afin qu'à l'avenir il ne se dénature plus par suite de la confusion qui pourrait en être fute encore avec les autres expressions servant à désigner d'une manière peu précise les différentes espèces de représentations , et pour que la science n'en fasse pas la perte. Nous ne manquons cependant pas de mots appropriés aux différentes espèces de représeotatioDS , sans qne nous soyons obligés d'empiéter sur la propriété d'autrui ; en voici l'échelle : Le mot générique est repré§eniatim {reprœserUaiio) : il comprend la représeotation avec conscience {perceptio). Mus une perception qui se rapporte simplement au sujet comme modification de son état est sensation (sensalio) ;
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une perception objective est coraumsance ( cùgmtio ) . Celle-ci est à son tour intuition ou concept (intuitio vel conceptus). L'intuition se rapporte immédiatement à l'objet, en sorte qu'elle est nécessairement singulière; le concept s'y rapporte médiatement, par le moyen d'un signe, d'un caractère ou attiibut qui peut être commun à plusieurs choses. Le concept est ou empirique ou pur; ei le concept pur, s'il a son origine dans l'entendement seul (et non dans une image pure de la sensibilité), s'appelle notion (notio) . Le concept suscité par des notions, et qui dépasse la possibilité de l'expérience, est Vidée ou concept de raison, ou bien encore concept rationnel. Une fois habitué à ces distinctions, on ne pourra plus entendre appeler idée la représentation de la couleur rouge, par exemple; elle ne doit pas même être appelée notion (concept intellectuel).
424. L'analyse transcendantale nous a fourni un exemple de la manière dont la simple forme logique de notre connaissance peut contenir l'origine de concepts purs a priori, qui représentent les objets avant toute expérience, ou plutôt qui indiquent l'unité synthétique qui seule rend possible la connaissance empirique des objets. La forme des jugements (convertie en un concept relatif à la synthèse des intuitions) , a produit des catégories, qui dirigent tout usage de l'entendement dans l'ffltpérience. Nous pouvons de même nous attendre à ce que la forme des raisonnements , si on l'applique h
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l'unité synthétique des inluitioas suivant U régie des catégories, comprenne l'origine des concepts particuliers apriori, que Qous pouvons appeler concepts rationnels purs ou idées Irarucendantales , et qui détermineront, suivant des principes, l'usage de l'entendement dans toute expérience.
itS. La fonction de la raison, lorsqu'elle raisonne, consiste dans la généralité de la connaissance suivant des concepts ; et le raisonnement lui-même est un jugement qui est déterminé a priori dans la circonscription totale de sa condition. Je pourrais aussi tirer de l'expérience par l'entendement la proposition : Calus est mortel. Mais je cherche un concept qui contienne la condition sous laquelle le prédicat (assertion en général] de ce jugement est donné (c'est-à-dire, ici, le concept d'homme), et, après avoir [subsumé à cette condition, prise dans toute son étendue (tous les hommes sont mortels), je détermine ensuite la connaissance de mon objet (Caïus est mortel).
426. Dans la conclusion d'un raisonnement, nous restreignons donc le prédicat à un certain objet , après l'avoir auparavant congu dans la majeure suivant toute son extension, sous une certaine condition. Cette quantité absolue de l'extension par rapport à une telle condition s'appelle universalité (lauversaltias). A cette universalité correspond, dans la synthèse des intuitions , la totalité {umversitas) des conditions. Le concept rationnel transcendantal n'est que le concept de la totalité des &mditiom d'un conditionné déterminé. Or, comme \'absolu seul rend possible la totalité des conditions, et que, réciproquement, la totalité des conditions est toujours elle-même inconditionnée, un concept rationnel pur en
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général peut être défini par le concept de l'absolu, en tant qu'il contient le principe de la synthèse du conditionné.
427. Autant il y a d'espèces de rapports que Tentendemeut se représente par le moyen des catégories, autant il y aura de concepts ratioimels purs; en sorte qu'il faut chercher : 1 ** un absolu de la synthèse catégorique dans un sujet ; 2* un absolu de la synthèse hypo~ théiique des membres d'une série; 3* un absolu de la synthèse é'sjonctive des parties formant un système.
as. De là autant d'espèces de raisonnements , dont chacune tend à Tabsolu par des prosyllogismes : l'une conduit à un sujet qui n'est plus lui-même attribut; la seconde, à une supposition qui ne suppose rien de plas ; la troisième, à un agrégat des membres de la division tels qu'ils n'exigent plus rien pour la parfaite division d'un concept.
429. Les concepts rationnels purs de la totalité dans la synthèse des conditions sont donc nécessaires , du moins comme problèmes, pour poursuivre l'unité de l'entendement jusqu'à l'absolu : ils sont par conséquent aussi fondés sur la nature de la raison humaine, quoique d'ailleurs ces concepts transcendantaux manquent d'un usage m concreto conforme à la nature de chacun d'eux, et n'aient par conséquent d'autre utilité que de diriger l'entendement de manière à ce que son usage, dans son application la plus étendue possible , soit toujours en parfait accord avec lui-même.
Quand nous parlons ici de la totalité des conditions et de l'absolu comme d'un titre commun à tous les concepts rationnels , nous rencontrons encore une expression indispensable, mais dont nous ne pouvons cepoi-
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dant faire nsage avec confiance, à cause de l'amb^Ité de sens née du loog abus de ce mot. Le mot absolu est du petit DDDibre de ceux qui étaient appropriés, dans leur significatioD primitive, à oo concept que nul autre mot de la même langue ne pouvait rendre , et dont la perte, ou , ce qui est la même chose, l'usafie vague et ambigu , eotratne nécessairement la perte du concept lui-même; concept qui est cependant d'un fréquent usage pourla raison, et qui ne peut dès lors disparaître sans un grand préjudice pour tout jugement transcendantal. Le mot absolu est le plus souvent employé maintenant pour indiquer simplement que quelque chose est considéré en soi, et vaut par conséquent intrinsèquement. Dans ce sens , absolvment possible signifierait ce qui est possible en soi {interne), ce qui est en effet le moins qu'on puisse dire d'une chose. Il est aussi employé quelquefois pour signifier que quelque chose est valable sous tous les rapports {d'une manière illimitée), par exemple, le pouvoir absolu ; et alors absolument possible signifie ce qui est possible h tous égards et sous toîh les rapports; ce qui est le plus que l'on puisse dire sur la possibilité d'une chose. Nous trouvons même ces significations diverses. Ainsi, par exemple, ce qui est impossible intrinsèquement est impossible aussi sous tous les rapports, et par suite absolument. Mais dans la plupart des cas, elles se repoussent diamétralement ; c'est ainsi que je ne puis point conclure de ce que quelque chose est possible en soi, qu'il soit aussi possible pour cela sous tous les rapports, par conséquent d'une manière absolue. Je ferai même voir par la suite, en parlant de la nécessité absolue , qu'en aucun cas elle ne dépend de la nécessité interne, et qu'elle ne doit par con-
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séquent pas être considérée comme son équivalent. Ce dont l'opposé est extrinsèquement possible est sans doute aussi ce dont l'opposé est impossible sous tous les rapports , et par conséquent ce qui est soi-même absolument nécessaire. Mais je ne puis pas conclure réciproquement la nécessité absolue de ce dont l'opposé est mtrimèqvemeni impossible, ou que la nécessité absolue des choses soit une nécessité interne; cm cette néccessité interne est, dans certains cas, une expression tout à fait Taine, à laquelle nous ne pouvons attacher le moindre concept. Au contraire, le concept de la nécessité d'une chose sous tous les rapports (relativement à tout le possible), emporte avec lui des déterminations toutes particulières. Et comme la perte d'un concept d'une grande application dans la philosophie spéculative ne peut jamais être indifférente à un philosophe , j'espère que la détermination et la conservation soigneuse de l'expression à laquelle s'attache le concept, ne lui sera pas non plus indifférente.
430. J'emploierai donc le mot absolu dans cette signification plus étendue, en l'opposant à ce qui ne vaut que d'une manière simplement comparative, ou sous un rapport particulier ; car ce qui ne vaut que de cette dernière manière est restreint à des conditions, tandis que ce qui vaut absolument vaut sans restriction.
431. Or, le concept rationnel transcendantal ne concerne que la totalité absolue dans la synthèse des conditions, et n'aboutit jamais qu'à l'absolu, c'est-à-dire à un rapport indéterminé. Car la raison pure abandonne tout à l'entendement , dont les fonctions se rapportent immédiatement aux objets de l'intuition, ou plutôt h leur synthèse dans l'imagin^ion. La raison pure garde
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pour elle seule la totalité absolue dans l'usage des concepts de l'entenderaent , et cherche à élever l'unité synthétique , gui est conçue daas la cat^orie , jusqu'à l'absolument inconditionné. On peut donc appeler cette totalité Yunité raliormelle des phénomènes , et celle qui est exprimée par la catégorie tmité intellectuelle. La raison ne se rapporte donc qu'à l'usage de l'entendement; non pas, à la vérité, en tant qu'il contient la raison de l'expérience possible (car la totalité absolue des conditions n'est point un concept dont on puisse se servir dans une expérience, parce qu'aucune expérience n'est inconditionnée), mais bien pour lui prescrire une certaine unité dont il n'a aucun concept, et qui tend à embrasser toutes les opérations de l'entendement en un seul tout absolu, par rapport à un objet quelconque. L'usée objectif des concepts purs de la raison est donc toujours transcendant; tandis qu'au contraire, celui des concepts purs de l'entendement, quant à leur nature, doit toujours être immanent, puisqu'il se borne ùmpl&ment à l'expérience possible.
432. i'entends par Idée un concept nécessaire de la raison, auquel ne peut correspondre aucun objet donné par les sens. Les concepts purs de la raison, dont nous nous occupons maintenant, sont des idées transcendantales. Ce sont des concepts de la raison pure, car ils supposent toute connaissance expérimentale comme déterminée par une totalité absolue des conditions. Ils ne sont point une fiction arbitraire; ils sont, au contraire, donnés par la nature même de la raison, et se rapportent nécessairement à l'usage de l'entendement. Ils sont enfin transcendants, et dépassent les bornes de l'expérience, dans laquelle on ne peut jamais rencontrer un objet qui
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soit adéquat & l'idée transceadantale. Quand od nomme ime idée, on dit beaucoup quant à l'objet (comme objet de l'enteadement pur), mais quant au sujet (c'est-à-dire par rapport à sa réalité sous une condition empirique), on dity^or/ peu, précisément parce qu'elle ne peut jamais, comme concept d'un maximum, devenir adéquate m concreto. Or, comme ce niazimuin est proprement le but unique de l'usage purement spéculatif de ta raison, et que l'approximation d'un concept qui ne peut jamais être atteint dans la pratique est la même chose que si ce concept était manqué absolument, on peut dire d'un concept de cette nature que ce n'est qu'une simple idée. On pourrait donc dire que le tout absolu de l'ensemble du phénomène n'est qu'une idée. Par la raison un effet quenous ne pouvons jamais rien figurer de semblable, il reste un problème sans solution. Comme il ne s'agit, au contraire, dans l'usage pratique de l'entendement, que de l'exécution suivant une règle, l'idée de la raison pratique peut toujours être donnée réellement in concreto, quoique partiellement ; elle est même la condition nécessaire de tout usage pratique de la raison. Son exercice toujours imparfait et borné, mais non pas par des bornes assignables, est par conséquent toujours sous l'influence du concept d'une intégralité ou perfection absolue. C'est pourquoi l'idée pratique est toujours très féconde, et tout à fait indispensable par rapport aux actions réelles. La raison pure possède donc dans cette idée une causalité pour produire ce qui est contenu dans son concept ; en sorte qu'on ne peut pas dire de la sagesse, en termes de mépris, qu'elle n'est qu'une idée; mais, au contraire, précisément parce qu'elle est l'idée de l'unité nécessaire de toutes les fins possibles, elle doit, comme condition
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origindle et pour le mohiB restrictive, servir de règle à toute pratique.
433. Quoiqu'on puisse dire des concepts ratiomiBls tranaceDdantauz qu'ils ne sont que des idées ^ nous ne les considérerons cependaul pas comme superflus et Tains; car, bien qu'aucun objet ne puisse Être déterminé par eux, ils peuvent cependant en principe, et d'une manière insensible, servir à l'entendement de T^es pour sou usage étendu et uniforme. A la vérité, il ne coDoalt pas de cette manière d'autres objets que ceux qui lui sont connus d'après ses concepts propres ; mais il est cependant mieux dirigé et va plus loin dans cette connaissance. Nous ne dirons pas que ces concepts permettent peut-ëlre de passer des concepts physiques aux concepts pratiques, et qu'ils peuvent ainsi procurer aux idées morales elles-mêmes de la force et un rapport avec les connaissances spéculatives delà raison. L'explication de tout ceci viendra plus tard.
434. Mais, mettant de côté, pour le moment, les idées pratiques, en conséquence de l'objet que nous nous sommes proposé , nous ne considérerons la raison que dans son usage spéculatif, et plus particulièrement encore dans son usage spéculatif transcendantal. Nous devons donc suivre ici la même marche que nous avons suivie précédemment dans la déduction des catégories, à savoir : étudier la forme lo^que de la connaissance de la raison, et voir si par hasard la raison ne serait pas aussi de cette manière une source de concepts par lesquels des objets en soi seraient regardés comme déterminés synthétiquement a priori, par rapport à l'une ou à l'autre des fonctions de la raison.