Ces problèmes sont au nombre de trois
a) La liberté de ta volonté,
b) L'immortalité de rame,
c) L'exittence de Dieu.
Par rapport à tous les trois, l'intérêt spéculdti/ n'est pas grand; ils ' n'ont aucun usage immanent, et, considérés en eux-mêmes, sont tout à fait oiseux et, de plus, des efforts de la raison en cette matière estrCmoment pénibles.
943. Il n'est donc qu'un nsage pratique; car ils ne sont absolument pas nécessaires pour savoir, et néanmoins, ils nous sont recommandés instamment par noire raison.
944. Est pratique tout ce qui est possible par liberté; est pragmatique ce qui est impossible sons des conditions empiriques de notre libre arbitre, v. g., d'atteindre 'des fins commandées par les sens [la théorie delaprodence). Hais les lois morales sont celles dont la fia ast donnée complètement apriori par la raison même, lois qui seules appartiennent & l'usage pratique de la raison, et permettent nn canon.
945. Le dernier but de notre raison est donc la morale, c'est-à-dire la conduite parrapportà la fin suprême quinons est donnée par la raison môme. C'est aussi le but des trois problèmes précédents (942), saToir, ee qu'il faut faire si la volonté est libre, s'il y a nn Dien et nne vie future.
946. Mais nons devons ici nous tenir aussi près que possible dn tranacendantal, et mettre toat à fait de côté tout ce qui est psjcbologiqne et empirique.
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834 SOUMAIBSS ANALTIKIDES.
947. ExpUcatims. Un Arbitre est parement animal s'il n'est datermine qne pathologiquement ; libre s'il est déterminé par des motifi rationnels : ce qai s'accorde avec ces derniers est pratique. La liberté pratique peut Être pronvée par expérience, car l'arbitre hnmain n'est pas déterminé simplement par ce qni excite, mais encore par des motifi rationnels. La raisoQ donne donc aussi des impératifi, c'est-àdire des lois objectives de la liberté, oa des Uns pratiques.
94B. Dans an canon de la raison pnre nons n'avons donc affaire qu'à deai questions, qui tonchetit l'iotérSt pratique de la rsiaon pure .' 1* est-il nn Dieu? 2° y a-t-il une vie futnrel La qaestioa de la liberté transeendantale concerne parement le savoir spécnlatif, et se trouve déjà expliquée dans l'antinomie de la raison pure (639-666).
940. Il nous reste encore nne tentative à faire pour parvenir à la réalité des idées qni sont le bat saprSme de la raison pnre; savoir, de rechercher si la raison n'7 conduit peut-être pas par l'inlérét prati-
950. Tout l'intérit de la raison, tant spécnlatif que pratique, s'attache anz trois questions suivantes ;
a) Que puis-je savoir?
b) Que doia-je /iiire?
c) Qn'osai-je espérer?
951 . La première question est simplement spéculative. Nous en avons épnisé tontes les réponses possibles, et trouvé que, s'il n'7 a rien à faire pour le savoir, nous ne pouvons rien savoir sur les deux problèmes précédents (948).
9SS. La seconds question est purement pratiqtte. Elle peut, il est vrai, appartenir comme telle, à la raison pnre; mais elle n'est cependant pas alors transeendantale, et ne doit par conséquent pas être complMement traitée ici.
9S3. La troisième question est tout A la fois prafigtM et tMoriq»e; en telle sorte que ce qui est pratiqne ne' sert que comme fil conductear h la réponse à la question théorique, et lorsipe celle-ci s'élève à la qaestion spéculative. Car toute espérance tend à la félicité et se trouve à l'égard de ce qni est pratique comme le savoir i l'égard de ce qui est théorique.
994. La félicité est la satisfaction de toutes nos inclinations {extmttoe, intaaixie et protensivt) . La loi pratique par des motîft de bonhenr s'appelle loi pragmatiqu» (944) [règle de prudence); par le motif d'être digne dn twnheQr, elle s'appelle loi morale {loi des mœurs). La première flo fonde snr des principes empiriques, la seconde peut reposer snr de simples idées de la raison pure et être conone apnori.
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SOHMADIES ANALYTIQUES. S3S
9.S9. La réalité de la loi morala est ici supposée, Don seulement parce qu'on pent en appeler ani prenyes des moralistes les plus éclairés, mais encore an jagement moral de tont homme.
956. La raison pure contient donc, dans l'usage moral, des principes de la possibilité de l'expérience, savoir, d'action» qui doivent arriver, et qui doivent par conséquent aussi pouToir arriver. Cea principes ont donc nne réalité objective dans leur loi morale,
997. Le monde, en tant qu'il est conforme à tontes les lois morales, s'appelle le monde moral. C'est one simple idée, mais cependant pratique, parce qn'on j fait abstraction de toutes les fins et de toutes les faiblesses de la nature humaine, comme de conditions et d'obstacles à la moralité; mais elle a une réalité objective parce qu'elle appartient au monde sensible, comme objet delà raison pure dans l'usage jn-iitique.
9o8. La réponse à la seconde question est donc : ftxil ce qui ta rend digne détre beureus.
999. Autant les principes moraux sont, d'après la raison, nécessaires dans sou usage pratique, autant il est nécessaire d'admettre que chacun a raison d'espérer la félicité dans la même mesure qu'il s'en «era rendu digne par sa conduite.
960. Hais le bonheur proportionné à la moralité ne peut être espéré que sous la supposition d'une raison suprême mise en principe comme cause de la nature; parce qu'une telle liaison nécessaire ne peut être reconnue si l'on ne met en principe que la nature.
961. L'idée d'une intelligence dans laquelle la volonté moralement très parfaite est unie à la souveraine félicité, et qui est la cause de tout le bonheur proportionné & la moralité, s'appelle l'idéal du tow»rotn bien (Dieu). Or, comme le monda sensible ne nous présente pas une semblable liaison, nous devons l'espérer d'nn monde & venir. Dieu et la vie fubxre sont donc deux suppositions inséparables de la moralité.
962. Le bonheur forme avec la moralité nn système lorsqu'il lui est tout i fait conforme; mais ce système n'est possible que dans le monde intelligible , sans nn créateur et un gouverneur plein de sagesse. Nous devons par conséquent les admettre, et chacun regarde par conséquent anssi les lois morales comme des ordres.
963. Leibniz appelait le monde, en tant qu'on n'y voit que les êtres raisonnables et leur union suivant des lois morales, sons le gouvernement du bien suprême, le roj/autne de la grâce. C'est une idée pratiquement nécessaire de la raison, de se considérer soi-même comme membre de ce royaume.
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9S4. Des lois pratiques, comme principes subjectifs, s'appellent maasima. Le jugement de la moralité, qa&nt à la pureté et anx conséquences, a lien suivant des idées; V accomplissement de ses lois morales, soÎTant des maximes.
ges. S^ns Dien et sans nne vie fatare les idées de la moralité ne sont pas des mobiles de pratique, parce qu'elles ue rempHsseut pas tout le bat d'êtres raisonnables {de dereair moraux et heureux).
H6. Ni le bonheur sent, ai la moralité seule u'est le partait souverain bien. Le bonheur seul oe l'est pas, car la raison ne l'autorise pas, s'il n'est uni à la moralité; lamoralité seule ue l'est pas non plus, parce que celui qni se trouve digne du bonheur doit pouvoir espérer d'y pouvoir participer.
967. Le somerain bien est donc le bonheur dans une parfaite proportion avec la moralité des êtres raisonnables, moralité par laquelle ils s'en sont rendus dignes.
068. La théologie morale a donc snr la théologie spéculative l'avantage de conduire infailliblement au concept d'un être primitif unique, souverainement parfait et raisonnable.
999. Le monde doit être représenté comme sorti d'une idée, s'il doit s'accorder avec l'usege de la raison morale, usage qui repose absolument snr l'idée du souverain bien (967],
970. Nous ne pouvons faire aucun usage de notre entendement sans nous proposer des fins; mais les Sas suprêmes sont celles de la moralité. Nous ne pouvons faire, avec ces Ans, un usage régulier de la connaissance de la nature par rapport à la connaissance, si la nature n'a pas mis elle-même d'unité finale dans son œuvre. Or, l'unité finale est nécessairement dans l'usage de l'entendement; par conséquent aussi l'unilé finale dans la natare. Tonte finalité dérive donc de la finalité pratique de la raison pure.
971. L'expérience eut aussi d'accord avec cela : avant que les concepts moraux fussent suffisamment purifiés et l'unité systématique des fins aperçue, les concepts de la divinité n'étaient que grossiers.
972. Hais ce serait un cercle, si nous voulions maintenant tenir réciproqnement des actions pour obligatoires parce qu'elles sont des ordres de Dieu, puisque nous n'avons atteint le concept d'un être suprême que par la raison pratique. La théologie morale n'est donc que d'un usage immanent, et nous devons regarder une action comme ordonnée de Dien parce qu'elle est obligatoire.
973. IM/Inttion. La croyance est nn événement dans notre entendement qni a une raison, ou objective (dans la qualité de l'objet], on
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SOHIUIRBS ANALITIQUES. K37
mbjeniivt (daus m qDolité du sujet). Duu le premier cas, elle s'appelle convtction; dans le second, persuanon.
974. La vérité repose sor l'accord avec l'objet. La pierre de touche delà cro;aDce est donc, s'il y a coDvictioD on penoasioD, la poasibilité de la commnniquer; car, alors, il est prâsnmable que cet accord de tous les jugements reposera sur le principe common, l'objet.
975. La pennasion ne pent donc pas se distiDgaer sobjectiveineat de la convictioii ; mais le moyea de déconvrir ce qui est persoasioa daus notre jugement est toujours d'essayer d'en convaincre d'autres par nos raisons.
976. Si nous déconvroos l'apparence en déTeloppaut les causes subjectives du JDgement sans avoir besoin pour cela de la propriété de l'objet, nous poavoos expliquer la croyance trompeuse.
977. Je ne puis rien affirmer que ce qui produit la conviction ; si je ne puis garder qae ponr moi la persuasion, elle ne peat ni ne doit être rendue valable hors de moi.