Une régression empirique déterminée qui s'é
(I) On remarquera que la preuve est ici administrée tout autrement que la preuve dogmatique précédente dans l'antithèse de la première antinomie. Là, noua avons soutenu que le monde sensible, suivant la commune et dogmatique faeQa (Je penser, étajt une chose donnée en elle-même quant à sa totalité, avant toute régression, et nous lui avons refusé, en général, une place déterminée dans le temps et l'espace, s'il n'occupait pas tous les temps et tous les espaces; c'est pourquoi la conclusion a été différente de ce qu'elle est ici, car elle conduisait à l'infinité réelle du monde.
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tende sans cesse Mans une espèce de phénomènes n'est pas ici prescrite : par exemple , il n'est pas nécessaire d'avancer toujours d'un homme donné dans la série ascendante de ses ancêtres sans attendre un premier couple, ou dans la série des corps du monde sans admettre un soleil le plus excentrique : seulement il est nécessaire de passer de phénomènes en phénomènes, quoique ces phénomènes ne soient donnés par aucune perception réelle (si l'intensité en est trop faible pour qu'il y ait conscience, et par conséquent pour devenir une expérience), parce qu'ils appartiennent cependant à l'expérience possible.
627. Tout commencement est dans le temps, et toute borne de ce qui est étendu dans l'espace. Mais l'espace et le temps ne sont que dans le monde sensible. Ce n'est donc que d'une manière conditionnée que les phénomènes sont dans le monde, mais le monde lui-môme n'est ni conditionné, ni borné d'une manière Conditionnée.
628. Par cette raison, et parce que le monde ne peut jamais être entièrement donné , non plus que la série des conditions d'un conditionné quelconque, comme série cosmique, le concept de la grandeur du monde n'est donné que par la régression, et non dans une intuition collective qui la précède. Mais cette régression n'est toujours que la détermination de la grandeur, et ne donne ainsi aucun concept déterminé, ni par conséquent aucun concept d'une grandeur qui serait infinie par rapporta une certaine mesure; elle ne va donc pas à l'infini (comme donnée), mais à l'indéfini, pour donner à l'exrpérience une grandeur qui n'est réelle que par cette régression.
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Solution de l'Idée cosmologique de la totalité de la division d'un tout donné en intuition.
629. Si je divise un tout donné en intuition, je vais par là de quelque chose de conditionné aux conditions de sa possibilité. La division des parties (subdivisio ou decompositio) est une régression dans la série de ces conditions. La totalité absolue de cette série ne serait donnée qu'autant que la régression pourrait atteindre jusqu'aux parties simples. Mais si toutes les parties tont toujours divisibles de nouveau, alors la division, c'est-àdire la régression du conditionné à ses conditions, s'étend à l'infini, parce que les conditions (les parties) sont contenues dans le conditionné même; et, celui-ci étant donné entièrement par une intuition renfermée dans des limites, toutes aussi sont données en même temps. La régression ne doit donc pas être appelée simplement une régression à l'indéfini, comme il était permis de le faire dans l'idée cosmologique précédente, puisque je devais alors m'avancer du conditionné h ses conditions qui étaient en dehors de lui, et par conséquent pas données en même temps que lui, mais qui ne se présentaient que dans la régression empirique. Néanmoins on ne peut pas dire d'un tel tout, qui est divisible à l'infini, quï/ se compose de parties en nombre infini. Car, quoique toutes les parties soient comprises dans l'intuition du tout, la division totale n'y est cependant pas contenue ; cette division ne consiste que dans la décomposition progressive ou dans la régression même, qui seule compose réellement la série. Or, comme cette régression est infinie, tous les membres (parties) auxquels elle parvient sont
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contenus dans le tout donné comme agrégat, mais la série totale de la division, qui est successivement infinie et jamais parfaite, n'y est point contenue, et fie peut par conséquent faire voir dans un tout ni une multitude infinie, ni une synthèse de cette multitude en un tout.
630. Cette observation générale peut très bien s'appliquer à l'espace. Tout espace, considéré dans ses bonnes, est un totit dont les parties sont toujours des espaces dans toute décomposition ; cet espacé est par conséquent divisible à l'infini.
631. Delà suit aussi très naturellement la second* application à un phénomène extérieur (Corps) renfermé dans ses bornes. La divisibilité d'un corps se fonde sur celle de l'espace qui constitue la possibilité du corps, comme d'un tout étendu. Ce corps est donc divisible à l'infini, sans pour cela se composer de parties infinimeût nombreuses.
832. Il semble, à la vérité, qu'un corps devant être conçu comme substance dans l'espafce , il doit eu dififé* rer quant à la loi de la divisibilité de l'espace ; car on peut très bien accorder que la décomposition ne puisse jamais épuiser la composition dans l'espace , puisque alors tout espace, qui d'ailleurs n'est rien eu lui-même, disparaîtrait (ce qui est impossible). Mais que, si toute composition de la matière disparaissait par la pensée, il ne dût plus rien rester*, c'est ce qui tte paraît pas pouvoir se concilier avec le concept d'une substance qui devrait être proprement le sujet de toute composition,, et qui dqyrait persister dans ses éléments, quoique leur union dans l'espace pour composer un corps eût cessé. Mais il n'en est pas de ce qu'on appelle substance dans le phê*nomèhe comme d'une chose en soi, telle qu'où la concè-
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yrait par un concept intellectuel pur* La substance dam un phénomène n'est pas sujet absolu ; c'est une image durable de la sensibilité ; elle n'est qu'une intuition dans laquelle rien d'inconditionné ne se trouve nulle part.
633. Mais quoique cette règle de la progression à l'infini ait lieu, sans aucun doute* dans la subdivision d'un phénomène comme plein pur et simple de l'espace, elle ne peut cependant pas valoir quand nous voulons l'étendre aussi à la multitude des parties déjà séparées d'une certaine manière dans un tout donné* et qui constituent un quantum discretum. On ne saurait admettre que dans un tout (organisé) quelconque, chaque partie soit de nouveau organisée, et que Ton trouve de cette manière dans la division des parties à l'infini, toujours de nouvelles parties artificielles, en un mot que le tout soit organisé À l'infini; mais on conçoit bien que les parties de la matière puissent, dans leur décomposition à l'infini, être toutes organisées; car l'infinité de la division d'un phénomène donné dans l'espace se fonde uniquement sur ce que, par ce phénomène , la simple divisibilité, c'est-à-dire une multitude départies abso*lument indéterminées en soi, est donnée; mais les parties elles-mêmes ne sont données et déterminées que par la subdivision, en un mot, le tout n'est pas déjà divisé en lui-même. Par conséquent la division peut déterminer dans ce tout une multitude qui va aussi loin que l'on veut avancer dans la régression de la division. Au contraire, dans un corps organique composé à l'infini, le tout est déjà représenté, précisément par ce concept même, comme divisé, et une multitude de parties en elle-même déterminée, mais infinie , s'y trouve avant toute régression de la division; en quoi l'on est en con-
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tradiction avec soi-même; puisque Ton considère Feuveloppement infini comme une série qui ne sera jamais complète (infinie), et néanmoins cependant comme complète dans la composition. La division infinie ne désigne que le phénomène comme quantum continuum, et ne peut être séparée du plein de l'espace, parce que ce plein est précisément la raison de la divisibilité infinie. Mais aussitôt que quelque chose a été pris comme quantum dùcretum, alors la multitude des unités y est déterminée, par conséquent aussi toujours égale à un nombre. Jusqu'où peut donc aller l'organisation dans un corps composé? C'est ce que l'expérience seule peut apprendre, et quoiqu'elle ne soit parvenue avec certitude à aucune partie inorganique, de telles parties cependant doivent se trouver dans l'expérience possible. Mais jusqu'où s'étend en général la division transcendantale d'un phénomène? Ce n'est point l'affaire de l'expérience, mais un principe de la raison , de tenir la régression empirique pour jamais absolument accomplie dans la décomposition de l'étendu , conformément à la nature de ce phénomène.