Les lois pratiques, en tant qu'elles sont en même
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898 iOGlÛUE^ TRANSCENDANTÀtE. .'.
temps las causes subjectives des actions,' t'est-ànliite des principes subjectifs, s'appellent maximes .* Le jugenïent critique de la moralité, quant à sa pureté et à ses conséquences, a lieu suivant des idées, mais Y observance de ses lois s'accomplit suivant des maximes.
965. Il est nécessaire que toute notre vie sbit surbor-* donnée à des maximes morales ; maïs il est impossible en même temps qu'il en soit ainsi, à moins que la raison ne rattache à la loi morale, qui est une simple idée, une cause efficiente qui détermine, en conséquence de notre conduite par rapport à cette loi, notre fin dernière en ce monde ou dans un autre. Par conséquent sans un Dieu, ou sans un monde qui ne nous est pas connu maintenant, mais que nous espérons, les idées pompeuses de vertu sont à la vérité dignes d'approbation et d admiration, mais elles ne sont pas des motifs d'intention et d'exécution puisqu'elles n'atteignent pas tout le but qui est naturel à tout être raisonnable, et qui est déterminé a priori eX nécessairement par cette même raison pure.
966. 11 s'en faut beaucoup que le bonheur soit potfr notre raison le souverain bien. La raison né l'approuve pas (si fort que l'appétit puisse le désirer) s'il n'est uni au mérite d'être heureux, cest-à-diré à l'obéissance morale. La moralité seule, et avec elle ïe simple mérite d'être heureux, n'est point non plus le souverain bien. Pour que le bien soit parfait, il fattf que celui qui ne S'est pas comporté de manière à se rendre indigne du bonheur puisse espérer d'y participer. La raison même, libre de toute considération personnelle, lorsque, sans égard à son intérêt propre, elle se met à la place d'un être qui pourrait départir toute félicité, ne peut pas ju-
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MÉTHODOLOOlfi fRANSCENDANTAtE. 599
gèr autrement; car, dans l'idée pratique, deux choses sont nécessairement liées, de telle manière cependant que l'intention morale, comme condition, rende d'abord possible la participation à la félicité, mais pas réciproquement, c'est-à-dire pas de telle sorte que l'espérance de la félicité rende possible l'intention morale- Dans le dernier cas en effet il n'y aurait pas d'intention morale,' et par conséquent pas de mérite d'être heureux d'un bonheur qui, suivant la raison, pe connaît d'autres bornes que celles iqui dépendent de notre mauvaise conduite murale,
967. La félicité, dans une juste proportion avec la Vertu des êtres raisonnables qui s'en rendent dignes, constitue donc setile le souverain bien du mondé dans lequel, suivant les préceptes de la raison pure mais pratique, nous devons nécessairement nous placer, et q»i n'est assurément qu'un monde intelligible. Le mondé sensible ne promet pas en effet, touchant la nature des choses , une telle unité systématique de fins, dont la réalité ne peut d'ailleurs être fondée que sur la suppor sition d'un bien suprême primitif. Car une raison subsistant par elle-même, ayant un caractère de cause première, créé, entretient, réalise, suivant la finalité la plu* parfaite, Tordre universel des choses, quoique souvent cet ordre nous reste profondément inconnu dans le monde sensible. i
968. Cette théologie morale a donc cet avantage particulier sur la spéculative, qu'elle conduit infailliblement au concept d'un premier être, unique, souverainement parfait et raisonnable, que la théologie spéculative ne nous indique même pas par ses principes objectifs, loi» de pouvoir nous en persuader. Gar nous ne trouvons, ni
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dans la théologie transcendât! taie, ni dans la théologie aatu relie, si loin que la raison puisse aller, aucun motif suffisant de ^admettre qu'un seul être capable d'être préposé avec droit à toutes les causes naturelles, et dptat nous, puissions en même temps les faire dépendre entièrement. Au contraire, si nous considérons du point de vue de l'unité morale, comme d'une loi nécessaire du moûdè, la cause, seule capable de doilner un effet d'accord avec cette Joi, et par conséquent d'attacher à cet effet une force coaetive pour nous, ce doit être une volonté unique suprêjne qui renferme toutes ces lois. Car comment trouverions-nous dans des volontés différentes une parfaite unité d'intentions et de fins? Cette volonté doit être toute-puissante, afin que tout être et ses rapports à la moralité dans le monde lui soient soumis; elle doit tout savoir, afin que l'intérieur des sentiments et leur valeur morale lui soient connus; elle doit être présente en tout lieu, afin de prêter immédiatement l'assistance que le meilleur des mondes réclame; éternelle, afin qu'en aucun temps cette admirable harmonie de la nature et de la liberté ne vienne à cesser; etc.
969. Mais cette unité systématique des fins dans ce monde des intelligences, — monde qui, dès qu'on l'envisage comme simple nature, ne peut être appelé que monde sensible, mais qui, à titre de système de la liberté, peut s'appeler monde intelligible, c'est-à-dire monde moral {regnum gratiœ), — celte unité, dîs-je, nous conduit inévitablement aussi à l'unité dernière de toutes les choses qui composent ce grand tout, suivant des lois physiques générales, de même que la première nous conduit à la même unité suivant des lois morales, universelles et nécessaires, et rattache ainsi la raison
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pratique à la raison spéculative. Si le monde doit conspirer avec cet usage de la raison, sans lequel nous nous regarderions nous-mêmes comme indignes de la raison, savoir, avec le monde moral qui repose sur l'idée du souverain bien, il doit être conyu comme sorti d'une idée. Toute recherche physique es1 donc susceptible d'une direction suivant la forme d'un système des fins, et devient, dans son plus grand développement, Physique théoiogique. Mais cette Physique, parlant de Tordre moral comme d'une unité fondée sur l'essence de la liberté, et non établie fortuitement en vertu d'ordres extérieurs, ramène la finalité de la nature à des principes qui doivent être indissolublen*ent liés a priori h la possibilité intime des choses, et par là à une théologie transcendaniale qui prend l'idéal de la souveraine perfection ontologique pour un principe de l'unité systématique, idéal qui unit toutes les choses suivant des lois physiques générales et nécessaires, parce que toutes ont leur origine dans la nécessité absolue d'un seul être primitif,
970. Quel usage pourrions-nous faire de notre entendement, même par rapport à l'expérience, si nous ne nous proposions pas de fins ? Mais les fins suprêmes sont celles de la moralilé, et ces fins, la raison pure seule peut nous les faire connaître. À laide de ces fins, et sous leur conduite, nous ne pouvons cependant faire aucun usage final de la connaissance de la nature par rapport à la science, dans le cas où la nature n'aurait pas posé elle-même d'unité dernière; car sans cette unité nous manquerions même de raison, parce que nous n'apprendrions pas de la nature à cultiver cette raison par le moyen d'objets qui nous fourniraient la matière de-sem-