IL S
Digiti
zedby GoOglC
496 SOMMAffiES ANALYTIQUES.
transceidantale des phénomènes, et Ton peut aussi, réciproquement, prouver la dernière par la première.
607. Importance de cette observation. On voit par là qne les preuves précédentes de la quadruple antinomie étaient fondamentales, sous la supposition que le monde sensible soit une chose en soi.
608. Le principe cosmologique de la totalité absolue de la* série an conditions est un principe régulateur, c'est-à-dire un principe de la plus grande progression possible et de l'extension de l'expérience.
609. Il ne peut donc pas dire ce qu'est l'objet, mais comment doit être établie la régression empirique, de manière à ce qu'aucune limite empirique ne doive valoir comme limite absolue, car l'absolument inconditionné ne se rencontre pas dans l'expérience.
610* On se sert, pour déterminer avec précision la synthèse d'une série qui n'est jamais complète, de deux expressions; progression à l'infini, et progression, à Vindèfinù Les mathématiciens emploient la première et les philosophes la seconde.
611. On peut dire avec raison d'une ligne droite, quelle peut être prolongée à l'infini, et aussi indéfiniment loin. Ce serait une vaine subtilité de distinguer ces deux choses, et il en est de même avec toute progression ou retour possible de la condition au conditionné; il va à l'infini.
612. Dans la régression ou retour du conditionné aux conditions, il est très important de distinguer si je puis dire que la régression va indéterminément loin (in indefinitum), c'est-à-dire qu'aussi loin que je remonte, je ne trouve jamais de limite absolue, ou qu'elle va à Yinfini.
613. En effet, tout est donné dans une intuition empirique, la régression va à Yinfini, parce que tous les membres sont donnés ensemble. Mais s'il n'y a seulement qu'un membre de la série de donné, alors la régression s'étend indéfiniment loin (in indefinitum), parce que les membres ne' sont donnés que par la régression, et qu'une limite absolue ne se rencontre nulle part.
614. 11 n'est pas ici Question de savoir quelle est en soi la grandeur de la série des conditions, car ce ne sont pas des choses en soi, mais 4es phénomènes. La question est donc de savoir jusqu'où la régression est possible? et alors la réponse est : à l'infini, si le tout est donné empiriquement, car il y a toujours là plus de membres que je n'en puis atteindre par la régression ; — ou à l'indéfini, parce que tout membre que je trouve en suppose toujours un nouveau comme sa condition. Dans le premier cas, une régression est à l'infini; dans le second, une régression infinie est possible.
Digili
zedby G00gle
615. La section suivante mettra ces observations dans tout' leur jour par l'application qui en sera faite.
616. Dans l'usage d'un principe rationnel il ne peut être question cependant, que de savoir jusqu'où nous devons rétrograder dans la régression empirique, en remontant dans l'expérience à ses conditions.
617. Il ne nous reste encore que la validité du principe rationnel comme règle de la continuation et de la grandeur d'une expérience possible.
*6i8. Avertissement généra l. Dans toutes les questions cosmologiques le fondement du principe régulateur de la raison est qu'aucune expérience d'une limite absolue ne se trouve dans la régression empirique, parce qu'autrement la régression des perceptions ne devrait plus rien rencontrer après cette limite, ce qui est impossible.
619. Application. Cette proposition contient donc la règle in terminis que : dans toute condition il faut remonter à une autre.
, 620. Pour résoudre cette première question cosmologique, il faut décider encore si, dans ce cas, la régression va à l'infini ou à l'indéfini.
621. Réponse. La régression va ici à Yindéfini; elle ne détermine aucune grandeur dans l'objet parce que cette grandeur dépend de la régression même.
622. On ne peut donc pas dire du monde sensible qu'il est Oni ou infini, car il n'est donné que par la régression, mais celle-ci s'étend indéfiniment, ou est une régression infinie possible.
623. La réponse première et négative à la question cosmologique de la grandeur du monde est donc: le monde n'a ni commencement quant au temps, ni limites quant à l'espace.
624. Pourquoi? Parce que autrement il serait limité par l'espace vide et le temps vide; ce qui est absolument impossible pour des phénomènes qui n'existent que dans l'expérience.
625. La réponse deuxième et affirmative à la question cosmologique de la grandeur du monde est que : la régression dans la série des phénomènes s'étend à l'infini.
626. De cette manière, une régression déterminée, qui continue sans interruption dans une certaine espèce de phénomènes, n*est pas prescrite, mais seulement lô progressus de phénomène à phénomène, dussent ces phénomènes, à la fin, être d'un trop faible degré de conscience pour être d'expérience. -
627. Le monde n'est donc limité ni cdnditionnellement ni inconditionnellement; il n'y a dans le monde que des phénomènes conditionnellement liûjités.
Digiti
zedby G00gle
628, Mais le concept de la grandeur cosmique n'est donné que par la régression, et celle-ci s'étend à une distance indéfinie. .
629. Avertissement général. La division d'un tout donné en intuition s'étend à l'infini, quoiqu'on ne puisse pas dire que le tout se Compose de parties infiniment nombreuses; car les conditions (les parties) sont contenues dans le conditionné même, mais la division n'est pas donnée. Les parties sont donc données, il est vrai, mais pas comme une- série infinie; cette série est successivement infinie. La division va à l'infini, mais ce n'est pas déjà une division infinie.
630é 1° Application à V espacé. Tout espace renfermé dans des limites est un tout dont les parties, dans toute décomposition, sont toujours des espaces, et par conséquent est divisible à Y infini.
631. 2° Application aux corps. Toute matière (corps) renfermée dans ses limites est un tout étendu, dont les parties, dans toute décomposition, sont toujours de la matière, et par conséquent est divisible à l'infini.
632. Objection. Mais un corps est cependant substance et ne peut être soumis à là même loi delà divisibilité que l'espace dans lequel il doit être représenté et qui n'est pas substance. Réponse. Une substance dans le phénomène n'est pas sujet absolu, mais seulement image constante de la sensibilité, et rien qu'intuition, et ne contient par conséquent rien d'inconditionné.
633. Mais la division à l'infini ne vaut que d'un quantum continuum, et non d'un quantum discretum; dans ce dernier, la multitude d'unités est déterminée et forme par conséquent un nombre.
634. L'unique moyen de lever l'antinomie consiste jusqu'ici à faire voir que les deux affirmations opposées sont fausses.
635. Tel était le cas avec les idées mathématiques,^ par lesquelles nous ne connaissions d'autre objet que ceïui que nous avions dans le phénomène; mais avec les idées dynamiques, les affirmations opposées sont unies entre elles.
636. Le concept intellectuel qui sert de base aux idées cosmologiques, contient ou simplement une idée de l'homogène, ou bien encore de Vhéterogène.
637. Le premier de ces cas était celui des idées mathématiques, oh des conditions purement sensibles pouvaient par conséquent former série ; mais avec les idées dynamiques, des conditions hétérogènes peuvent aussi être liées avec la série ; elles ne sont pas proprement des parties de la série,, elles sont au contraire intelligibles.
638. Deux assertions dialectiques ne sont donc pas reconnues fausses
zedby G00gle
ici, mais comme la simple totalité n'est pas ici cherchée dâ ns de sim*pies phénomènes, deux propositions rationnelles peuvent être vraies;
639. On ne peut concevoir que deux sortes de causalité par rapporta ce qui arrive :
640. 1° La causalité suivant la nature. Elle est la liaison d'un état avec un état précédent dans le monde sensible; état précédent que suit Pautre d'après une règle.
641. 2° La causalité par liberté, dans le sens cosmologique, c'est-âdire la faculté de commencer de soi-même un état. Elle est une idée transcendantale pure, qui
a) Ne contient rien d'emprunté de l'expérience;
b) Dont l'objet ne peut non plus être donné déterminément dans aucune expérience, parce que la causalité suivant la nature (639, 1) est une loi universelle de la nature.
642. Cette idée transcendantale de la liberté est la base du concept pratique de la liberté, c'est-à-dire de l'indépendance de V arbitre à l'égard de la coaction par les mobiles de la sensibilité.
643. La question de la liberté est donc transcendantale, comme toujours dans le combat d'une raison qui ose sortir des limites de l'expérience possible, et appartient par conséquent à la philosophie transcendantale.
644. Les concepts rationnels dynamiques n'ont affaire qu'à l'existence d'un objet; d'où la question de savoir si la proposition disjonctive suivante est légitime : tout effet dans le monde doit-il résulter ou de la nature ou delà liberté; ou ces deux choses ne peuvent-elles pas plutôtavoir lieu dans un seul et môme événement? Si des événements sont des choses en soi, il n'y a pas alors de liberté; s'ils ne sont pas des choses en soi, il peut y avoir des causes intelligibles dont les phénomènes sont des effets. Le phénomène, comme effet d'une cause intelligible, peut être libre, et cependant être en même temps nécessaire suivant les lois de la nature comme phénomène.
645. Est intelligible ce qui dans un objet des sens n'est pas phénomène. On peut donc concevoir la faculté d'un objet $es sens à deux points de vue :
1° Comme une causalité qui apparaît dans ses effets ou comme sensible;
2° Comme une causalité en soi, d'après ses actions ou comme intelligible.
Chacune doit avoir son caractère ou une loi suivant laquelle elle agit; le caractère de Tune (!) serait donc l'empirique, le caractère de l'autre (2) serait l'intelligible.
Digiti
zedby G00gle
646. Ce caractère intelligible ne serait donc soumis à aucune condition de temps; il ne naîtrait ni ne périrait en lui aucune action; il ne pourrai jamais être connu immédiatement, et ne serait conçu, conformément au caractère empirique, que de la même manière que nous sommes obligés de donner pour fondement un objet transcendantal aux phénomènes.
647. D'après, son caractère empirique, ce sujet, comme phénomène, serait soumis à l'union causale et toutes ses actions devraient s'expliquer suivant des lois naturelles.
648. D'après son caractère intelligible, ce même sujet comme nonmène, serait libre et indépendant de toute ( nécessité naturelle. Il commencerait de lui-même ses effets dans le monde sensible, sans que l'action commençât en lui. Il y aurait ainsi, dans la même action, liberté et nature.
649. Les moments de la solution de ce problème doivent donc être expliqués maintenant et être chacun considérés d'une manière particulière.
650. La loi naturelle de la causalité est une loi intellectuelle dont on ne peut jamais sortir dans le monde sensible, parce qu'autrement on le placerait en dehors de toute expérience possible et qu'on le réduirait à une chimère.
651. La question est donc ici proprement de savoir si, lorsqu'on ne reconnaît qu'une nécessité naturelle dans la série entière de tous les événements, elle peut cependant être regardée en même temps sans contradiction comme un effet de la liberté?
652. Parmi les causes des phénomènes il n'en esj aucune qui n'ait à son tour sa cause. Il ne faut pas attendre une action primitive de la liaison causale des phénomènes.
653. Question. La causalité empirique ne peut-elle pas être l'effet d'une cause intelligible, c'est-à-dire d'une action primitive d'une cause intelligible par rapport aux phénomènes?
654. Réponse. La solution affirmative de cette question ne préjudicie point à l'usage de l'entendement dans Vexplication des phénomènes, suivant des conditions naturelles. L'homme est un des phénomènes du monde sensible, sa causalité est soumise à des lois empiriques, et à ce titre, il a un caractère empirique. Mais quant à sa raison, l'homme est à lui-même un objet intelligible.
655. Cette raison a une causalité intelligible, ce qui est clair par ses impératifs. Le devoir exprime une espèce de nécessité et de liaison par principes, qui ne se présente pas ailleurs dans toute la nature.
Digiti
zedby G00gle
656. Ce devoir exprime une action possible dont la raison est un simple concept, tandis que la raison d'une action naturelle est toujours un phénomène. L'action doit à la vérité être possible suivant des conditions naturelles, mais ces conditions ne regardent pas la détermination de la volonté. Qu'il s'agisse de Vagréable ou du bien, la raison ne s'occupe point de l'empirique, mais déclare nécessaires des actions qui ne sont cependant pas arrivées et qui n'arriveront peut-être jamais.
657. Mais la raison doit cependant, si elle a causalité par rapport aux phénomènes, montrer un caractère empirique, c'est-à-dire qu'elle suppose comme cause une règle suivant laquelle les phénomènes arrivent uniformément suivant une règle, oomme en étant des effets.
658. Tout homme a donc un caractère empirique de sa volonté, par lequel toutes ses actions sont déterminées dans le phénomène, et par rapport auquel il n'y a par conséquent pas de liberté.
659. Mais si nous considérons ces mêmes, actions par rapport à la raison, alors peut-être tout ce qui est arrivé et qui devait arriver suivant le cours de la nature, ne devait-il cependant pas arriver, et peutêtre que nous croyons aussi quelquefois qu'elles étaient réellement déterminées par des principes de la raison.
660. Si donc la raison peut avoir causalité par rapport aux phénomènes," elle est alors une faculté par laquelle commence la condition sensible d'une série empirique de phénomènes, et le caractère empirique (l'espèce de sens) de la raison et même son fondement dans son caractère intelligible (l'espèce de pensée).
661. Néanmoins cette même cause appartient aussi, sous un autre rapport, à la série des phénomènes. L'homme est même phénomène. Son arbitre a un caractère empirique qui est la cause empirique de toutes ses actions. Aucune, parce qu'elle n'est perçue que comme phénomène, ne peut absolument commencer d'elle-même. La loi dynamique de la nature peut au contraire être appliquée à la raison.
662. Solution de V antinomie. La raison. est donc la condition constante de toutes les actions arbitraires sous lesquelles l'homme se manifeste: Chacune d'elles est prédéterminée dans le caractère empirique de l'homme, avant qu'elle se manifeste encore. Mais chacune d'elles est en même temps fondée comme effet immédiat» dans le caractère intelligible de la raison pure, qui agit librement, et dans laquelle ne se trouve aucun temps, et par conséquent aussi aucun avant ni après; qui n'est en conséquence déterminée par aucune chaîne des causes naturelles.
663. Exemple. Un mensonge préjudiciable est peut-être parfaite-
zedby G00gle
ment fondé, quant an caractère empirique, dans la mauvaise éducation, et cependant on blâme le menteur, quant au caractère intelligible, suivant lequel il était libre.
664. Dans l'appréciation ou l'estimation d'une action, le caractère intelligible est donc supposé, car un autre caractère intelligible aurait un autre caractère empirique ; mais elle était nécessaire suivant le caractère empirique.
065. La liberté ne contredit donc point la nécessité de la nature, car toutes deux peuvent avoir lieu indépendamment Tune de l'autre et sans se troubler Tune l'autre.
666. Mais rien ici de transcendant n'est, affirmé ; seulement l'antinomie qui résulte de Vidée transcendantale de ta liberté est résolue, et l'on fait voir qu'elle porte sur une pure apparence.
667. Maintenant la série ne doit pas nous conduire à la cause suprême, qui n'est plus un effet, comme dans les n08 639-666, mais à l'existence -suprême inconditionnée, qui n'est plus contingente, à l'être nécessaire. Nous n'avons donc pas ici une série d'intuitions, mais une série de concepts.
668. Comme tout est conditionné dans l'existence des phénomènes, il ne peut y avoir nulle part dans la série de l'existence dépendante aucun membre inconditionné, dont l'existence serait absolument nécessaire.
669. Dans la régression dynamique la condition ne doit pas nécessairement former avec le conditionné une série empirique.
670. Toutes les choses dans le monde sensible peuvent donc être absolument (empiriquement conditionnées) contingentes, et une condition non empirique à l'être inconditionnément nécessaire ne peut avoir lieu touchant la série entière. Avec la liberté, la cause est un phénomène et la causalité est intelligible ; l'être nécessaire est ici en dehors de la série du monde sensible, et purement intelligible.
674. Le principe régulateur est donc par rapport à cette question : que toute existence dans le monde sensible est empiriquement conditionnée, mais que rien n'a une nécessité inconditionnée, que toute la série du contingent est au contraire fondée par cette raison dans un être intelligible.
672. Mais ici rien de transcendant n'est affirmé; seulement l'antinomie engendrée par l'idée de la nécessité est résolue, et Ton fait voir que la raison va son chemin dans l'usage empirique, et son chemin particulier dans l'usage transcendantal .
673. Il n'y a rien de eon traire à la contingence universelle de la
Digiti
zedby G00gle
régression empirique dans la série des phénomènes, à concevoir un principe intelligible du monde sensible comme nécessaire.
674. L'usage empirique de la raison ne souffre aucune atteinte de la connaissance d'un être purement intelligible, mais notre principe régulateur n'exclut pas non. plus l'admission d'une cause intelligible.
675. Cette quatrième idée cosmologique nous force donc d'admettre un objet intelligible dont on n'a pas la moindre connaissance relativement à ce qu'il est en lui-même, dont nous ne pouvons par conséquent nous faire quelque concept, que par des concepts purs de choses en général. Le concept de l'être absolument nécessaire doit donc être maintenant recherché à cet effet.
676. Des concepts intellectuels purs peuvent être exposés in concreto, c'est-à-dire devenir des concepts d'exp&ience; des concepts rationnels pars ne le peuvent pas. Ils contiennent nue intégralité pour laquelle toute connaissance empirique possible est insuffisante.
677. Mais Y idéal t c'est-à-dire l'idée dans l'individu, semble encore être plus éloigné de la réalité.
678. Explication. L'humanité dans toute sa perfection ne contient que l'extension de toutes les propriétés essentielles appartenant à cette nature jusqu'à la parfaite convenance avec ses fins, mais aussi la détermination universelle de cette idée. Platon appelle cet idéal, une idée de V entendement divin.
679. La raison humaine contient des idéaux, c'est-à-dire des êtres qui n'existent qu'en pensée, v. g., le sage du stoïcien.
680. Les idéaux de la sensibilité, v. g., ceux des peintres, sont tout différents de ces idéaux de la raison et comme des monogrammes de l'imagination , qui doivent être le modèle inaccessible d'intuitions empiriques possibles.
681. V idéal de la raison est au contraire un objet qui doit être universellement déterminable suivant des principes r quoique les conditions suffisantes pour cela manquent dans l'expérience et que le concept soit transcendant.
682. Tout concept est soumis au principe de la déterminahilité, que de deux prédicats contradictoirement opposés l'un à l'autre, un seul peut lui convenir,
683. Mais toute chose est soumise au principe de la détermination universelle, suivant lequel, de tous les prédicats possibles des. choses, en tant qu'ils peuvent être comparés avec leurs opposés, l'un d'eux doit lui convenir. C'est le prinicpe de la synthèse de tous les prédicats.
684. La proposition : tout ce qui existe est universellement déterminé, signifie donc que, pour connaître parfaitement une chose, il
Digiti
zedby G00gle
.font connaître tout ce qui est possible, et la déterminer par 14 soit affirmativement soit négativement.
685. Cette idée de l'ensemble de toute possibilité est encore indéterminée par rapport aux prédicats qui la composent; mais erlle exclut déjà, comme concept primitif, tous les prédicats dérivés et tous ceux qui ne peuvent pas coexister. De là le concept de l'idéal de la raison pure.
686. Une négation logique ne touche en rien la matière (de la connaissance); une négation transcendantale indique, au contraire, la non-existence en soi, à laquelle est opposée l'affirmation transcendantale, qui est appelée réalité (Sacheit), parce que des objets sont par elle quelque chose (des choses); la négation opposée indique, au contraire, un simple défaut (la non-existence).
687. On ne peut jamais concevoir déterminément une négation sans lui donner pour fondement l'affirmation contraire. Les réalités contiennent donc la matière transcendantale de la détermination universelle de toutes choses.
688. Quand donc on donne pour fondement à la détermination universelle dans notre raison un substratum transcendantal , on ne donne autre chose que l'idée d'un tout de toutes ces réalités. Toutes les négations véritables ne sont alors que deâ limites.
689. Tel est le concept d'un entis realissimi, Vunique idéal propre de la raison, parce que, dans ce cas seul, un concept général en soi d'une chose est universellement déterminé par lui-môme et reconnu comme la représentation d'un individu.
690. L'usage de la raison par lequel elle pose l'idéal transcendantal pour fondement de sa détermination de toutes les choses possibles est analogue à celui par lequel elle procède dans les raisonnements rationnels disjonctifs.
691. La raison ne suppose donc pas V existence d'un semblable idéal; mais cet idéal est Y image primitive (prototypon) de toutes les choses qui, réunies, comme coptes défectueuses (ectypa), ne l'atteignent jamais.
692. La possibilité de la chose (par la synthèse du divers) qui renferme toutes les réalités est regardée comme primitive. Cet idéal est donc l'être primitif (ens originarium), et en tant que rien n'est audessus de lui, l'être suprême (ens summum), et entant que tout, comme conditionné, lui est soumis, Y être de tous les êtres (ens entium). Mais tout cela n'indique qu^ Vidée pour des concepts, et nous laisse dans une parfaite ignorance relativement à l'existence d'un tel être.
zedby G00gle
693. L'idéal de l'être primitif doit être conçu comme simple, parce qu'on ne peut pas dire qu'il résulte de plusieurs êtres dérivés, puisque çhaoun d'eux suppose l'être primitif et ne peut par conséquent pas contribuer à le former.
694. La réalité suprême est donc aussi comme un fondement de la possibilité de toutes choses, et non comme un ensemble qui servirait de fondement, et leur diversité ne repose pas sur la limitation de l'être primitif.
695. Cet idéal est donc Dieu conçu dans le sens transcendantal, et' Pidéal de la raison pure est Y objet (Tune théologie transcendant aie. Cet objet, suivant le concept de la réalité suprême, est unique, simple, à tout suffisant, etc.
696. La réalité objective n'est qu'une pure fiction par laquelle nous réalisons dans un idéal le divers de nos idées.
697. Gomment la raison parvient-elle à supposer toute possibilité des choses comme dérivée d'une seule cause ?
698. C'est ce que l'analytique transcendantale découvre. Nous tenons le principe empirique de nos concepts de la possibilité des choses comme phénomènes, par l'omission de cette limitation, pour un principe transcendantal de la possibilité des choses en général.
699. Si nous hypostasons cette idée, c'est parce que nous convertissons l'unité distributive de l'usage expérimental de l'entendement en unité collective d'un tout expérimental, et que nous concevons pour ce tout une chose unique qoi contient en soi toute réalité empirique.
700. La raison est toujours poussée à se questionner sur la réalité jusqu'à ce qu'il ne lui reste plus de pourquoi, c'est-à-dire jusqu'à l'infini.
701. L'argument sur lequel la raison fonde sa marche à l'être primitif est que si quelque chose, quoi que ce soit, existe, il faut réconnaître que quelque chose existe nécessairement.
702. Or, la raison cherche le concept d'un être qui soit susceptible de ce privilège d'existence, de la nécessité absolue ou inconditionnée.
703. Et ce dont le concept contient le parce que de tout pourquoi lui semble être l'être nécessaire, attendu que, possédant par luimême toutes les conditions de tout possible, il n'a lui-même besoin d'aucune condition.
704. Le concept d'un être d'une réalité suprême conviendrait donc très bien au concept d'un être absolument nécessaire.
705. Telle est donc la marche naturelle de la raison humaine :
Digiti
zedby G00gle
808 SOMMAWBS ANALYTIQUES.
i° elle se persuade l'existence d'un être nécessaire (701), pt reconnaît en lui une existence inconditionnée; 2° elle cherche le concept de l'indépendant de toutes conditions (702), et le trouve dans l'ensemble de toutes les réalités (703-704). Cette unité absolue et unique est l'être suprême; d'où elle conclut que l'être suprême, comme premier fondement de toutes choses, existe nécessairement.
706. Ce concept a de la fondamentalité lorsqu'il n'est question que de résolutions à prendre; mais s'il faut simplement juger de ce que nous savons de ce problème, il a besoin d'indulgence.
707. Cet argument n'établit absolument rien, si l'on fait attention que le concept d'un être borné, qui n'a pas la réalité suprême, ne répugne cependant pas à la nécessité absolue.
708. La condition sous laquelle cet argument a de l'importance, c'est qu'il y a des obligations qui seraient tout à fait justes dans l'idée de la raison, mais sans aucune réalité de l'application à nous-même, c'est-à-dire sans mobiles, s'il n'existait pas un être suprême.
709. Cet argument a de la popularité. Aussi voyons-nous chez tous les peuples quelques étincelles de monothéisme briller cependant à travers leur plus aveugle idolâtrie.
710. Il n'y a que trois espèces de preuves possibles de l'existence de Dieu par la raison spéculative. — Preuve : 1° où l'on conclut d'une expérience déterminée à une cause suprême (argument physicothéologique); oh 2° l'on conclut d'une expérience indéterminée à une cause suprême (argument cosmologique) ; oh 3° l'on conclut de concepts à priori à une cause suprême (argument ontologique).
71 i. 11 s'agit de faire voir que ces trois arguments ne prouvent rien ; mais, comme le troisième sert de base aux deux premiers, nous commencerons par celui-là.
712. La conclusion d'une existence donnée à une existence absolument nécessaire semble être pressante et légitime, et cependant tontes les conditions de l'entendement y sont opposées,
713. Il ne s'agit que de savoir si nous concevons aussi quelque chose par le concept de l'être absolument nécessaire, ou si nous ne concevons rien ; car si, par le mot inconditionné, je ne rejette que toutes les conditions, que reste-t-il ensuite? s
714. Jusqu'ici, toute question sur sa possibilité a paru complètement inutile, parce qu'on a cru expliquer le fait par une foule d'exemples.
715. Mais ces exemples n'étaient pris que de jugements, et toute nécessité inconditionnée des jugements n'est pas une nécessité absolue des choses.
Digiti
zedby G00gle
7i8. Un jugement identique ne peut pas sertir d'exemple, car je ne puis pas, il est vrai, dans un semblante jugement, nier le prédicat, mais bien tout le jugement.
^17. On ne peut pas dire non plus qu'il y ait des sujets qui ne puissent pas être supposés non-existants, car ce serait dire qu'il y a des sujets absolument nécessaires, ce qui est précisément à démontrer.
718. La preuve même. Le concept de Vétre souverainement réel est tel que son sujet ne peut être supprimé parce que son existence est dans sa possibilité.
719. Réponse. C'est une pure tautologie; car si la proposition : telle ou telle chose existe, est analytique, l'existence est iéjà dans la chose, et alors elle est ou la pensée-chose, la chose même, où l'existence est supposée comme appartenant à la possibilité, et alors elle conclut de la possibilité. Mais si c'est, comme il faut l'avouer, une proposition synthétique, pourquoi le prédicat de l'existence ne pourrait-il pas se nier sans contradiction?
720. On pourrait, à la vérité, réfuter cette subtile argutie par la détermination précise du concept de Vexistence; mais l'illusion qui résulte de la confusion d'un prédicat logique avec la détermination d'une chose se refuse presque à toute explication.
721. Être, dans l'usage transcendantal, est la position d'une chose ou de certaines déterminations en elles-mêmes ; dans l'usage logique, c'est la simple copule du jugement. Le réel ne contient rien de plus que le simple possible, excepté que, dans le possible, l'objet est simplement contenu dans le concept, tandis que, dans le réel> il convient à autre chose encore qu'au concept.
722. La cause de la difficulté dans la question de V existence de l'être absolument nécessaire est que si nous concevons seulement Y existence par la catégorie pure, nous ne pouvons donner aucun signe pour la distinguer de la simple possibilité.
723. Vexistence d'une chose en dehors du champ de Yexpérience ne peut donc être justifiée par rien.
724. Leibniz n'a par conséquent pas aperçu à priori la possibilité de l'être suprême, comme il s'en flattait, parce que le signe de la possibilité des connaissances synthétiques ne doit être cherché que dans l'expérience.
725. La preuve ontologique de l'existence de Dieu ne prouve donc rien, et c'est perdre son travail et sa peine que de s'en occuper.
726» La malheureuse preuve ontologique provient du besoin de notre
Digitteed by VjOOQIC
raison d'admettre l'existence en général de quelque 'être nécessaire, et de ckercher à cet effet à priori un concept d'un objet* On Ta cru trouver dans l'idée de l'être souverainement réel. Maintenant on suit une marche opposée, et Ton part de l'être souverainement réel pour en dériver la nécessité.
727. La preuve cosmologique est donc celle que Leibniz appelait preuve a contingentia mundi ; c'est la preuve précédente, mais renversée, car elle conclut de La nécessité inconditionnée d'un être à sa réalité illimitée.
728. Cette preuve même. Si quelque chose existe, alors un être absolument nécessaire doit exister aussi. Or, j*existe moi-même. Donc un être absolument nécessaire existe.
720. Continuation. L'être nécessaire doit être déterminé universellement par son concept. Or, il n'y a que le concept de l'entis realissimi qui soit universellement déterminé par lui-même. Donc le concept de l'être souverainement réel est le seul par lequel un être nécessaire puisse être conçu ; c'est-à-dire qu'il existe nécessairement un être suprême.
730. Cette preuve cosmologique n'est autre que la preuve ontologique (727), car elle ne fait qu'un pas de l'expérience à l'existence d'un être nécessaire; et, pour faire voir quel est cet être nécessaire, elle devient1 par suite la preuve ontologique.
73 i. Toutes les illusions du raisonnement sont très facilement aperçues quand on les expose en forme à la manière de l'école.
732. Exposition scolastique. Si le nervus probandi de l'argument cosmologique : tout être absolument nécessaire est en même temps l'être le plus réel possible, est juste, il doit pouvoir se convertir par accident; mais comme un ens realissimum ne diffère pas d'un autre, il faut donc le convertir absolument; mais alors c'est la preuve ontologique (727).
733. La preuve cosmologique tombe dans une ignoratio elenchi, puisqu'elle nous promet un nouveau point d'appui, et nous reconduit à l'ancienne.
734. Viennent ensuite toutes les prétentions dialectiques dans cette preuve.