Elles sont au nombre de quatre
a) Le principe transcendantal de conclure du contingent à une cause, principe qui n'a de sens et de valeur que dans le monde sensible;
b) La conclusion de l'impossibilité d'une série munie de causes
Digiti
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superposées les unes aux autres à une cause première, raisonnement qui n'a de valeur ni pour l'expérience, ni en dehors de toute expé» rience;
c) La fausse satisfaction où la raison est d'elle-même, parce que l'on néglige enfin toute condition, et que l'on ne peut par conséquent plus rien comprendre, et que l'on regarde ce fait comme l'achèvement de son concept ;
d) La confusion de la possibilité logique d'un concept avec la possibilité transcendant aie.
736. La preuve cosmologique voudrait échapper à l'explication de la possibilité de l'être nécessaire ; mais c'est en vain, parce qu'elle ne satisfait nullement à la question de son existence.
737. On peut admettre comme hypothèse V existence de Dieu, mais on ne peut l'affirmer avec une certitude apodictique, oar autrement la connaissance en devrait aussi emporter avec elle la nécessité absolue.
738. Toute la question de l'idéal transcendantal revient ou à trouver le concept dans la nécessité absolue, ou à trouver la nécessité absolue pour le concept d'un objet; mais c'est impossible à notre entendement.
739. La nécessité inconditionnée est le véritable abîme de l'entendement humain. L'éternité même fait une impression moins vertigineuse qu'elle.
740. On ne peut pas appeler ïnscrutable un idéal de la raison pure, parce qu'il ne produit d'autre preuve de sa réalité que le besoin qu'en a la raison pour expliquer toute unité synthétique.
741. Question. Qu'est-ce qui est donc la cause, dans ces preuves transcendantales, de l'apparence dialectique mais naturelle qui unit les concepts de la nécessité et de la réalité, et réalise, hypostase une idée?
742. On ne peut accomplir la régression aux conditions sans admettre un être nécessaire, mais on ne peut commencer par là.
743. Si, 1° je dois concevoir pour les choses existantes en général quelque chose de nécessaire ; si , 2° je n'ai le droit de concevoir aucune chose en elle-même comme nécessaire, la nécessité et la contingence ne peuvent coucerner les choses mêmes, et ces principes : de chercher quelque chose, mais de n'espérer jamais trouver ce qu'on cherche, c'est-à-dire de n'admettre rien d'empirique comme inconditionné, ne sont pas des principes objectifs, mais seulement des principes subjectifs; c'est-à-dire qu'ils ne sont que des principes régu* lateurs qui ne disent autre chose, sinon que vous devez regarder tout
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ce qui est perça dans les choses comme conditionnellement nécessaire, mais que vons ne pouvez regarder aucune chose comme absolument nécessaire.
744. Il faut donc admettre Tabsolument nécessaire en dehors du monde, parce qu'on doit regarder toutes les causes empiriques toujours comme dérivées.
745. La matière n'est pas absolument nécessaire, parce que chacune de ses déterminations, qui en forme le réel, est un effet.
746. L'idéal de l'être suprême est donc un principe régulateur de la raison, pour considérer toute liaison dans le monde comme si elle résultait d'une cause nécessaire universellement suffisante j mais c'est une apparence inévitable de se représenter ce principe formel comme constitutif, car, de même que l'espace est infailliblement regardé comme un objet donné en soi, subsistant par lui même, par la raison qu'il rend primitivement possibles toutes les formes, qui ne eont que différentes limitations de l'espace ; de même il est inévitable de regarder l'idée de l'être souverainement réel, en tant que cause suprême, comme un objet en soi.
747. Si la preuve physicothéologique devait aussi être impossible, il n'y aurait en général aucune preuve satisfaisante, par la raison spéculative, de V existence de Dieu.
748. Il ne peut y avoir aucune expérience qui soit conforme à une idée ; aucune loi d'une synthèse empirique quelconque ne peut, par conséquent, nous donner un exemple de l'être primitif, ou nous donner la moindre direction pour y arriver.
749. On ne peut donc pas non plus s'élever de l'expérience an monde supra-sensible, puisque toute synthèse et extension de notre connaissance ne tend qu'aux objets du monde sensible.
750. Preuve. On conclut de la diversité inexprimable de Yordre, de la régularité et de la beauté dans le monde, à un auteur du monde.
751. Cette preuve est respectable. C'est la plus ancienne, la plus Claire et la plus conforme au sens commun ; elle anime l'étude de la nature.
752. Il serait désespérant et inutile de ne pas la respecter. La raison ne peut par aucun doute de la spéculation, être si opprimée qu'elle ne doive s'élever de nouveau jusqu'à un créateur suprême et inconditionné de merveilles si nombreuses de la nature.
753. Mais cette preuve a besoin d'indulgence et se fonde sur la preuve ontologique (718), à laquelle elle ne sert que d'introduction.