‹ Critique de la raison pure (volume 5)Chapitre 40 sur 49 · Les principaux moments de cette preuve sont · texte numérisé non relu

Les principaux moments de cette preuve sont

a) Dans le monde se trouvent partout des signes clairs de dessein et de sagesse.

b) Cet ordre régulier est tout à fait étranger aux choses du monde; tout dans le monde ne pourrait pas de lui-même s'arranger de la sorte* sans un principe ordonnateur doué de raison.

c) Il existe donc une cause sublime et sage, qui doit être, comme intelligence, la cause libre du monde.

d) Son unité se conclut en partie avec certitude, en partie avec vraisemblance, de l'unité du rapport mutuel des parties avec le tout.

755. Cette preuve a l'analogie pour elle, parce que des productions régulières sont les seules dont les causes et les effets nous soient parfaitement connus.

756. Mais elle ne prouverait qu'un architecte du monde, et non un créateur du monde, parce que la contingence de la matière n'est pas établie par là, contingence qui ne pourrait résulter que d'une preuve transcendantale, laquelle doit être évitée par la preuve physique.

757. Le concept d'un tel architecte du monde doit faire connaître quelque chose de tout à fait déterminé par lui, mais qui n'est que le tout de la réalité.

758. Or, la théologie physique ne le peut pas, et par conséquent ne saurait pas être pour la théologie un principe qui doive servir de fondement convenable à la religion.

759. De quel moyen donc se sert-on dans la preuve physico-théologique pour franchir cet abîme (764, 765)?

760. Elle passe de l'expérience à la preuve cosmologique, et comme celle-ci est la preuve ontologique déguisée, une preuve expérimentale apparente devient une preuve rationnelle manquée.

761 . Les théologiens physiciens sont donc de véritables ontologistes, et s'ils croient prouver par expérience, c'est l'effet d'une pure apparence.

762. Si donc il y avait une preuve possible de l'existence de l'idéal de la raison pure, ce serait la preuve ontologique.

763. Expositions. Si la théologie est la connaissance dé l'être primitif, elle est telle où par la simple raison (théologie rationnelle), ou par révélation (théologie de la révélation). La première aonçoit son objet ou par le moyen de concepts purement transcendantaux (théologie transcendantale), ou par un concept qu'elle emprunte de la nature de notre âme (théologie naturelle). Celui qui ne reconnaît que la première est déiste (celui qui reconnaît un être primitif); celui qui admet aussi là seconde est théiste (celui qui reconnaît une intelligence suprême). Le premier se représente par l'être suprême une cause du

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monde ; le second un créateur du monde (une cause raisonnable du monde).

764. La théologie tran$cendaniale on dérive l'existence de l'être primitif de L'expérience en général (théologie cosmologique), ou croit la connaître par simples concepts (théologie ontologique).

763. La théologie naturelle dérive l'existence du créateur du monde d'une expérience physique déterminée (théologie physique), ou d'une expérience morale (théologie morale).

766. Le déiste croit un Dieu, mais le théiste croit un Dieu vivant

767. Notre connaissance est théorique , quand nous connaissons par elle ce qui est; pratique, quand nous nous représentons ce qui doit être. S'il est indubitablement certain que quelque chose est ou doit être, mais cependant d'une manière conditionnelle seulement, alors ou une certaine condition déterminée peut être absolument nécessaire h cet effet, et en ce cas elle est postulée; ou bien elle est supposée eomme contingente, et alors elle est supposée. On fait voir dans la Critique de la raison pratique que les lois morales postulent Yeœistencede l'être suprême.

768. Dans la connaissance théorique, la nécessité absolue d'une chose, comme cause, ne peut jamais être connue par rapport à une existence.

769. Une connaissance théorique est spéculative, quand elle a pour but des objets ou des concepts auxquels on ne peut parvenir par aucune expérience ; elle est l'opposé de la connaissance naturelle.

770. Le principe (de la causalité) de conclure de ce qui arrive, comme effet, à une cause, n'est pas un principe de la raison spécula* tive; car on né peut ni le justifier, ni le concevoir comme tel.

771. Conclure de l'existence des choses dans le monde à leur cause, c'est Paffaire de l'usage spéculatif de la raison; car ni la matière seule ni.Za forme seule ne sont des objets de l'expérience, mais seulement les deux choses unies entre elles ou Y état des choses; et cependant tous les principes synthétiques de l'entendement, et par conséquent aussi celui de causalité, ne sont que d'un usage immanent.

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