‹ Critique de la raison pureChapitre 8 sur 43 · DEUXIÈME PARTIE LOGIQUE TRANSCENDANT ALE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE LOGIQUE TRANSCENDANT ALE

INTRODUCTION Idée d'une logique transcendant aie.

De la logique en général.

Notre connaissance découle dans l'esprit de deux sources principales, dont la première est la capacité de recevoir les représentations (la réceptivité des impressions), et la seconde la faculté de connaître un objet au moyen de ces représentations (la spontanéité des concepts). Par la première un objet nous est donné; par la seconde, il est pensé dans son rapport à cette représentation (comme simple détermination de l'esprit). Intuition et concept, tels sont donc les éléments de toute notre connaissance, de telle sorte que ni les concepts sans une intuition qui leur corresponde de quelque manière, ni une intuition sans les concepts ne peuvent fournir aucune connaissance. Tous deux sont purs ou empiriques : empiriques, lorsqu'une sensation (qui suppose la présence réelle de l'objet) y est contenue ; purs, lorsqu'aucune sensation ne se mêle à la représentation. On peut dire que la sensation est la matière de la connaissance sensible. L'intuition pure ne contient par conséquent que la forme sous laquelle quelque chose est perçu ; et le concept pur, que la forme de la pensée d'un objet en général. Les intuitions et les concepts purs ne

sont possibles qu'à priori, et seuls ils le sont; les empiriques ne le sont qu'à posteriori.

Nous désignons sous le nom de sensibilité la capacité qu'a notre esprit de recevoir des représentations, en tant qu'il est affecté de quelque manière; par opposition à cette réceptivité, la faculté que nous avons de produire nous mêmes des représentations, ou la spontanéité de notre connaissance s'appelle entendement. Notre nature veut que l'intuition ne puisse jamais être que sensible [pour nous], c'est-à-dire contenir autre chose que la manière dont nous sommes affectés par des objets. Au contraire, la faculté de penser l'objet de l'intuition sensible est l' entendement. De ces deux propriétés, aucune n'est préférable à l'autre. Sans la sensibilité, nul objet ne nous serait donné; sans l'entendement, nul ne serait pensé. Des pensées sans matière sont vides; des intuitions sans concepts sont aveugles. Aussi est-il tout aussi nécessaire de rendre sensibles les concepts (c'est-à-dire d'y joindre l'objet [donné] dans l'intuition), que de rendre intelligibles les intuitions (c'est-à-dire de les soumettre à des concepts). Ces deux facultés ou capacités ne sauraient non plus échanger leurs fonctions. L'entendement ne peut avoir l'intuition de rien, ni les sens rien penser. La connaissance ne peut résulter que de leur union. Il ne faut pas cependant confondre leurs rôles, et l'on a au contraire grandement raison de les séparer et de les distinguer avec soin. Aussi distinguons-nous la science des règles de la sensibilité en général, ou l'Esthétique, de la science des règles de l'entendement en général, ou de la Logique.

La logique à son tour peut être envisagée sous deux points de vue : ou comme logique de l'usage de l'entendement en général, ou comme logique de son usage particulier. La première contient les règles absolument nécessaires de la pensée, sans lesquelles il n'y a aucun usage possible de l'entendement, et par conséquent elle envisage cette faculté indépendamment de la diversité des objets auxquels elle peut s'appliquer. La logique de l'usage particulier de l'entendement contient les règles qui servent à penser exactement sur une certaine espèce

d'objets. La première peut être désignée sous le nom de logique élémentaire; la seconde est Torganon de telle ou telle science. Celle-ci est ordinairement présentée dans les écoles comme la propédeutique des sciences; mais, dans le développement de la raison humaine, on n'y arrive qu'en dernier lieu : on n'y arrive que quand la science est déjà achevée depuis longtemps et qu'elle n'attend plus que la dernière main pour atteindre le [plus haut degré d'] exactitude et de perfection. En effet, il faut déjà avoir une connaissance assez approfondie des choses pour [être en état d' ] indiquer les règles d'après lesquelles on en peut constituer une science.

La logique générale est ou pure ou appliquée. Dans la logique pure, nous faisons abstraction de toutes les conditions empiriques sous lesquelles s'exerce notre entendement, par exemple de l'influence des sens, du jeu de l'imagination, des lois de la mémoire, de la puissance de l'habitude, de l'inclination, etc., par conséquent aussi des sources de nos préjugés, et même en général de toutes les causes d'où sortent ou peuvent être supposées sortir certaines connaissances, parce qu'elles n'ont trait à l'entendement que dans certaines circonstances de son application et que, pour connaître ces circonstances, l'expérience est nécessaire. Une logique générale mais pure ne s'occupe donc que des principes à priori-, elle est un canon de V entendement et de la raison, mais seulement par rapport à ce qu'il y a de formel dans leur usage, quel qu'en soit d'ailleurs le contenu (qu'il soit empirique ou transcendantal). La logique générale est appliquée, lorsqu'elle a pour objet les règles de l'usage de l'entendement sous les conditions subjectives et empiriques que nous enseigne la psychologie. Elle a donc [aussi] des principes empiriques, bien qu'elle soit générale à ce titre qu'elle considère l'usage de l'entendement sans distinction d'objet. Aussi n'est-elle ni un canon de l'entendemen en général, ni un organon de sciences particulières, mais seulement un catharticon de l'entendement commun.

Il faut donc, dans la logique générale, séparer entièrement la partie qui doit former la théorie pure de la raison

de celle qui constitue la logique appliquée (mais toujours générale). La première seule est proprement une science, mais courte et aride, telle, en un mot, que l'exige l'exposition scolastique d'une théorie élémentaire de l'entendement. Dans cette science, les logiciens doivent donc toujours avoir en vue les deux règles suivantes :

1°) Comme logique générale, elle fait abstraction de tout le contenu de la connaissance de l'entendement, et de la diversité de ses objets, et elle n'a à s'occuper que de la simple forme de la pensée.

2°) Comme logique pure, elle n'a point de principes empiriques; par conséquent (bien qu'on se persuade parfois le contraire), elle ne tire rien de la psychologie, qui ne saurait avoir aucune influence sur le canon de l'entendement. Elle est une doctrine démontrée, et tout doit y être parfaitement certain à priori.

Quant à la logique que j'appelle appliquée (contrairement au sens ordinaire de cette expression, qui désigne certains exercices dont la logique pure fournit la règla^ elle représente l'entendement et les règles de son usage nécessaire inconcreto, c'est-à-dire en tant qu'il est soumis aux conditions contingentes du sujet, lesquelles peuvent lui être contraires ou favorables et ne sont jamais données qu'empiriquement. Elle traite de l'attention, de ses obstacles et de ses effets, de Porigine de l'erreur, de l'état de doute, de scrupule, de conviction, etc. Entre la logique générale et pure et elle il y a le même rapport qu'entre la morale pure, qui contient uniquement les lois morales nécessaires d'une volonté libre en général, et l'éthique proprement dite [théorie des vertus] qui examine ces lois par rapport aux obstacles qu'elles rencontrent dans les sentiments, les inclinations et les passions auxquelles les hommes sont plus ou moins soumis. Celle-ci ne saurait jamais constituer une véritable science, une science démontrée, parce que, comme la logique appliquée, elle a besoin de principes empiriques et psychologiques.

De la logique transcendantale .

La logique générale fait abstraction, comme nous Pavons indiqué, de tout contenu de la connaissance, c'est-à-dire de tout rapport de la connaissance à l'objet, et elle n'envisage que la forme logique des connaissances dans leurs rapports entre elles, c'est-à-dire la forme de la pensée en général. Mais, comme il y a des intuitions pures aussi bien que des intuitions empiriques (ainsi que le prouve l'esthétique transcendantale), on pourrait bien trouver aussi une différence entre une pensée pure et une pensée empirique des objets. Dans ce cas, il y aurait une logique où l'on ne ferait pas abstraction de tout contenu de la connaissance; car celle qui contiendrait uniquement les règles de la pensée pure d'un objet exclurait toutes ces connaissances dont le contenu serait empirique. Cette logique rechercherait aussi l'origine de nos connaissances des objets, en tant qu'elle ne peut être attribuée à ces objets mêmes, tandis que la logique générale n'a point à s'occuper de cette origine de la connaissance, et qu'elle se borne à examiner les représentations, qu'elles soient en nous originairement à priori, ou qu'elles nous soient seulement données empiriquement, et cela au point de vue des lois suivant lesquelles l'entendement les emploie et les relie entre elles, lorsqu'il pense. Elle s'occupe donc uniquement de la forme que l'entendement peut leur donner, de quelque source d'ailleurs qu'elles puissent découler.

Je fais ici une remarque qui a son importance pour toutes les considérations qui vont suivre, et qu'il ne faut pas perdre de vue; c'est que le nom de transcendantal ne convient point à toute connaissance à priori, mais seulement à celle par laquelle nous connaissons que certaines représentations (intuitions ou concepts) sont appliquées ou possibles simplement à priori, (et comment elles le sont).

([Cette expression de transcendantale désigne] la possibilité de la connaissance et son usage à priori.) Ainsi, ni l'espace, ni aucune détermination géométrique à priori de l'espace ne sont des représentations transcendantales ; la connaissance de l'origine non empirique de ces représentations, et la possibilité qu'elles ont néanmoins de se rapporter à priori à des objets d'expérience peuvent seules être appelées transcendantales. De même, l'application de l'espace à des objets en général serait transcendantale; mais bornée simplement aux objets des sens, elle est empirique. La différence du transcendantal et de l'empirique n'appartient donc qu'à la critique des connaissances et ne concerne point le rapport de ces connaissances à leur objet.

Dans la présomption qu'il y a peut-être des concepts qui peuvent se rapporter à priori à des objets, non comme intuitions pures ou sensibles, mais seulement comme actes de la pensée pure, et qui par conséquent sont bien des concepts, mais des concepts dont l'origine n'est ni empirique ni esthétique, nous nous faisons d'avance l'idée d'une science de l'entendement pur et de la connaissance rationnelle par laquelle nous pensons des objets tout à fait à priori. Une telle science, qui déterminerait l'origine, l'étendue et la valeur objective de ces connaissances, devrait porter le nom de logique transcendantale; car, en même temps qu'elle n'aurait affaire qu'aux lois de l'entendement et de la raison, elle ne se rapporterait qu'à des objets à priori, et non, comme la logique générale, aux connaissances empiriques ou pures sans distinction.

De la division de la Logique générale en Analytique et Dialectique.

Qu'est-ce que la vérité ? C'est avec cette vieille et fameuse question que l'on pensait pousser à bout les logiciens et que l'on cherchait à les prendre forcément en flagrant

délit de verbiage ou à leur faire avouer leur ignorance, et par conséquent la vanité de tout leur art. La définition nominale de la vérité suivant laquelle elle est l'accord de la connaissance avec son objet, est ici admise et supposée; mais on veut savoir quel est le critère général et certain de la vérité de toute connaissance.

C'est déjà une grande et infaillible preuve de sagesse et de lumières que de savoir ce qu'on doit raisonnablement demander. En effet, si la question est absurde en soi et appelle des réponses oiseuses, non seulement elle couvre de honte celui qui la fait, mais elle a aussi parfois cet inconvénient déporter à des réponses absurdes l'auditeur qui n'y prend pas garde, et de donner ainsi le ridicule spectacle de deux personnes, dont l'une trait le bouc (comme disaient les anciens), tandis que l'autre tient une passoire.

Si la vérité consiste dans l'accord d'une connaissance avec son objet, cet objet doit être par là même distingué de tout autre; car une connaissance est fausse quand elle ne s'accorde pas avec l'objet auquel elle se rapporte, contint-elle d'ailleurs des idées applicables à d'autres objets. D'un autre côté, un critérium universel de la vérité serait celui qui pourrait s'appliquer à toutes les connaissances, sans distinction de leurs objets. Mais, puisqu'on y ferait abstraction de tout contenu de la connaissance (de son rapport à son objet), et que la vérité porte précisément sur ce contenu, il est clair qu'il est tout à fait impossible et absurde de demander une marque distinctive de la vérité de ce contenu des connaissances, et qu'on ne saurait trouver un signe suffisant à la fois et universel de la vérité. Et, comme le contenu d'une connaissance a été nommé plus haut sa matière, il est juste de dire qu'il n'y a point de critérium universel à chercher pour la vérité de la connaissance quant à la matière, parce que c'est contradictoire en soi.

Pour ce qui est de la connaissance considérée simplement dans la forme (abstraction faite de tout contenu), il est clair qu'une logique, en exposant les règles universelles et nécessaires de l'entendement, fournit dans ces règles même des critères de la vérité. Tout ce qui con-

tredit ces règles est faux, puisque l'entendement s'y met en contradiction avec les règles générales de sa pensée, c'est-à-dire avec lui-même. Mais ces critères ne concernent què la forme de la vérité, c'est-à-dire de la pensée en général; et s'ils sont, à ce titre, tout à fait exacts, ils ne sont pas suffisants. En effet, une connaissance peut fort bien être tout à fait conforme à la forme logique, c'est-àdire ne pas se contredire elle-même, et cependant contredire encore l'objet. Le critère simplement logique de la vérité, à savoir l'accord d'une connaissance avec les lois universelles et formelles de l'entendement et de la raison, est donc bien la condition sine quanon et par conséquent négative de toute vérité ; mais la logique ne saurait aller plus loin, et aucune pierre de touche ne pourrait lui faire découvrir l'erreur qui n'atteint pas la forme, mais le contenu.

Or la logique générale décompose toute l'œuvre formelle de l'entendement et de la raison dans ses éléments et elle les présente comme les principes de toute appréciation logique de notre connaissance. Cette partie de la logique peut donc être nommée analytique, et elle est la pierre de touche, du moins négative, de la vérité, puisqu'il faut d'abord contrôler et juger d'après ses règles la forme de toute connaissance, avant d'en examiner le contenu, pour savoir si, par rapport à l'objet, elle contient quelque vérité positive. Mais, comme la simple forme de la connaissance, si bien d'accord qu'elle puisse être avec les lois logiques, ne suffit pas, loin de là, pour décider de la vérité matérielle (objective) de la connaissance, personne ne peut se hasarder à juger des objets sur la foi de la logique. Avant d'en affirmer quelque chose, il faut en avoir entrepris en dehors de la logique une étude approfondie, sauf à en demander ensuite aux lois logiques l'usage et l'enchaînement au sein d'un tout systématique, ou mieux, à les éprouver simplement d'après ces lois. Cependant, il y a quelque chose de si séduisant dans la possession de cet art précieux qui consiste à donner à toutes nos connaissances la forme de l'entendement, si vide et si pauvre d'ailleurs qu'en puisse être le contenu, que cette logique générale, qui n'est qu'un canon pour

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le jugement, devient en quelque sorte un organon dont on se sert pour en tirer réellement, du moins en apparence, des assertions objectives; mais cet usage est dans le fait un abus. La logique générale, prise aussi pour organon, prend le nom de dialectique.

Quelque différente que soit Pidée que les anciens se faisaient de la science et de l'art qu'ils désignaient par ce mot, on peut certainement conclure de l'usage qu'ils faisaient réellement de la dialectique, qu'elle n'était autre chose pour eux que la logique de l'apparence. C'était en effet un art sophistique de donner à son ignorance ou même à ses artifices calculés l'apparence de la vérité, de manière à imiter cette méthode de construction que* prescrit la logique en général et à en mettre la topique à contribution pour faire passer les plus vaines allégations. Or c'est une remarque non moins utile que certaine que la logique générale, considérée comme organon, est toujours une logique de l'apparence, c'est-à-dire toujours dialectique. En effet, comme elle ne nous enseigne rien au sujet du contenu de la connaissance, mais qu'elle se borne à exposer les conditions formelles de l'accord de la connaissance avec l'entendement, et que ces conditions sont d'ailleurs tout à fait indifférentes relativement aux objets, la prétention de se servir de cette logique comme d'un instrument (d'un organon) pour élargir et étendre ses connaissances, ou, du moins, en avoir l'air, cette prétention ne peut aboutir qu'à un pur verbiage, par lequel on affirme avec quelque apparence ou l'on nie à son choix tout ce que l'on veut.

Un tel enseignement est à tous égards contraire à la dignité de la philosophie. Aussi, si l'on a appliqué le nom de dialectique à la logique, c'est en ce sens qu'elle est une critique de l'apparence dialectique, et c'est en ce sens aussi que nous le voudrions voir pris ici.

De la division de la logique transcendantale en analytique et dialectique transcendant aies.

Dans la logique transcendantale, nous isolons l'entendement (comme dans l'esthétique transcendantale nous avons isolé la sensibilité), et nous ne prenons de notre connaissance que la partie de la pensée qui a uniquement son origine dans l'entendement. Mais l'usage de cette connaissance pure suppose cette condition, que des objets auxquels elle puisse s'appliquer nous soient donnés dans l'intuition. En effet, sans intuition, toute notre connaissance manque d'objets, et elle est alors entièrement vide. La partie de la logique transcendantale qui expose les éléments de la connaissance pure de l'entendement et les : principes sans lesquels aucun objet en général ne peut être t pensé est l'analytique transcendantale. Elle est en même temps une logique de la vérité. En effet, aucune connaissance ne peut être en contradiction avec cette logique sans perdre aussitôt tout contenu, c'est-à-dire tout rapport à quelque objet, par conséquent, toute vérité. Mais comme il est très attrayant, très séduisant de se servir de ces connaissances et de ces principes purs de l'entendement sans tenir compte de l'expérience, ou même en sortant des limites de l'expérience, qui seule peut nous fournir la matière à laquelle s'appliquent ces concepts purs, l'entendement court alors le risque de faire, à l'aide de vains sophismes, un usage matériel des principes simplement formels de l'entendement pur, et de prononcer indistinctement sur des objets qui ne nous sont pas donnés et qui peut-être ne peuvent l'être d'aucune manière. Si donc la logique ne doit être proprement qu'un canon servant à juger l'usage empirique des concepts de l'entendement, c'est en abuser que de vouloir lui accorder la valeur d'un organon d'un usage universel et illimité, et que de se hasarder, avec le seul entendement pur, à

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porter des jugements synthétiques sur des objets en général et à prononcer ainsi ou à décider à leur égard. C'est alors que l'usage de l'entendement pur serait dialec- ! tique. La seconde partie de la logique transcendantale doit donc être une critique de cette apparence dialec« tique; elle porte le titre de dialectique transcendantale, non pas comme art de susciter dogmatiquement une apparence de ce genre (cet art, malheureusement trop répandu, de la fantasmagorie philosophique), mais comme critique de l'entendement et de la raison dans leur usage hyperphysique, critique ayant pour but de découvrir la fausse apparence qui couvre leurs vaines prétentions et de borner cette ambition, qui se flatte de trouver et d'étendre la connaissance uniquement à l'aide de lois transcendantales, à juger et à contrôler seulement l'entendement pur et à le prémunir contre les illusions sophistiques.

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