P. Penravur
rault fait parler Agamemnon et le vieillard : « Ag. Hola,
bonhomme. Sortez un peu Ici devant ce logis. — Vieill. me voila, qu y a t il de nouveau que vous veuillez faire. Roy Agamemnon » (125). La rapidité et la simplicité grecques ont totalement disparu. De plus les mots bonhomme et logis sont ici de bourgeoises et ridicules expressions. Un plus long passage prouvera de même l’incapacité du traducteur à rendre . avec exactitude et justesse, non
point tout à fait le sens, mais le ton et le sentiment:
Mon pere [nous citons le
début de la prière d’Iphi- :
sy ja-:
génie], mon pere, vois l’eloquence Dorphée et que je pusse par Enchantement persuader les pierres de me Suivre, et en parlant adoucir lesprit… de ceux que je voudrois jemen Servirois, Mars je me Serviroy seulement avec Sagesse dè ce que je puis faire, Jeverseray des larmes, car c’est Tout ce que je puis, je metz mon corps avos genoux, le courbant comme un Vous Supplier, Ce corps que cette femme a mis au monde [pour vous], ne me faite (sic) pas mourir Jeune comme je Suis, Car il est doux de voir cette
drais,
porte mes tout ce que je puis. Le ra-
rameau pour
voir les
Si j'avais, Ô mon père, la voix d’'Orphée, pour gagner les cœurs en chantant, pour me faire suivre des rochers et attendrir par mes paroles qui je vou- “c’est à ce moyen que j'aurais recours. Mais, pour toute science, je t’aplarmes: c’est
meau de suppliante que je dépose à tes pieds, c’est moi-même, c’est le faible corps que celle-ci a mis au monde pour toi. Ne me fais pas mourir avant le temps: la lumière est si douce! ne me force pas de ténèbres souterraines. Je suis la première qui t’aie appelé père, que tu aies appelée ta fille; la
(125) Critique des deux Tragédies d’Iphigénie, p. 37, recto. — Voici la traduction du même passage par G. Hinstin : « Ag. Vieillard, sors de celte tente, et viens ici. — Vieill. Je viens. Quel est ton nou-
veau dessein, roi Agamemnon ? » (Théâtre A Eurpide, 24 de 1896, t. Il, p. 7).
lumiere, Mais ne me faite
(sic) pas voir les choses
qui sont soulz la terre, je suis lapremiere qui Vous
ay appellée (sic) mon pere, et lapremiere que
vous avez appelée V’ostre fille, je suis lapremiere qui estans entre vos genoux
vous ay donné dagreables plaisirs et ou J'en ay aus-
sy receu, Vous me disiez Vous Verraye un jour ma fille vivante hureuse (sic) dans la famille de quelque honneste personnage et digne de moy, Et moy Je vous respondois me jettant avostre Col, ou (sic) je suis maintenant, Quoy! mon pere nevous verraije pas en vostre vieillesse dans ma maison ou (sic) j’auray le plaisir de vous recevoir et de vous payer par la bonne chere que je vous
feray des peines que vous
aurez prises pour mon edu-
cation. (126).