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Surtout Pierre Perrault avait hardiment soutenu que les Beaux-Arts se perfectionnent et progressent. Il con-
fondait, dans l'Art, la partie matérielle et technique, celle qui s’apprend, et, en effet, est susceptible de transforme- —
tion, avec lg partie idéale, avec celle qui est proprement inspiration et création, qui ne saurait, d'aucune manière, se réduire à un code, à un traité, à un ensemble de règles, de procédés, da « canons ». — Charles Perrault recueillit le paradoxe, n’en aperçut point l’étrangeté, et, plus caté-
gorique encore que Pierre, affirma : « les Sciences et
les Arts ne sont autre chose qu’un amas de reflections, de regles et de preceptes..… » (143) Ce principe une fois posé, il en tira, imperturbablement, la conséquence nécessaire : de jour en jour, s’augmente l’ « amas » des connaissances acquises et des méthodes éprouvées ; et il « est plus grand plus on avance dans les temps ». (144) Les auteurs modernes, — mais qui sont, à parler juste, les seuls, les véritables anciens, — profitent des découvertes passées, et leurs ouvrages ne peuvent que l'emporter en perfection sur ceux d’autrefois. C’est à une longue expérience poursuivie de génération en génération que notre siècle, — le siècle de Louis le Grand, — doit son savoir et son savo:t-
faire, sa délicatesse, sa politesse incomparables. (145)
Homère, Virgile ont des défauts : ces défauts ne se rencontrent point chez les Modernes. (146) Charles Perrault ne songe-t-il pas ici qu’il est l’auteur de Saint Paulin, une épopée comme l’Enéide, comme l’/liade ? De toute façon, politesse et bon goût s’étant perfectionnés d’âge en âge ont rendu « insupportables une infinité de choses que
(143) Parallèle des pro et des Modernes, t. I, p. 90. (144) Ibid.
(145) Ibid., t. IL, p. 276.
(146) Ibid., t. LUI, p. 146.
68 P. PerrauLT, sA VIe ET SES OUVRAGES
l’on souffroit et que l’on loüoit mesme dans les ouvrages des Anciens », (147) S
Pierre Perrault, — ces rapprochements le monirent
assez, — a donc été une manière de précurseur, d’institu-
teur pour son frère Charles. Il était juste de lui reconnai-
tre et restituer au moins les linéaments, les points Ge départ, les conceptions premières, tout ce que Charles un jour développera, rendra plus aisé et élégant de sa plume fertile et habile. Une commune inspiration, des principes semblables ont toujours uni les deux Perrault, — tous les Perrault. Entre eux l’intelligence, autant que le cœur,
faisait lien.
VII ne
ConNCLUSION
Comme ses frères, Pierre Perrault demeure une eurieuse figure. Certes, il n’a pas le génie de Claude, le talent da Charles ; il n’a pas, non plus, cette dignité, cette noblesse du caractère qui se remarquent en Nicolas, le docteur de Sorbonne. Mais à côté d’eux, ou, si l’on préfère, au-dessous, il intéresse lui aussi et retient. Instruit, sa curiosité instable et diverse le porte à la fois vers les Lettres et vers les Sciences. Ici et là, il révèle des qualités non communes : l’indépendance à l’égard des coteries, des opinions reçues, l'esprit scientifique, le goût méticuleux de la précision, l’attachement à ce qu’il à, une fois, conçu comme vrai, Ne lui reprochons que l’envers de ce réel mérite : la facilité au paradoxe et l’opiniâtreté dans la défense de ses paradoxes. Dès lé milieu du XVII siècle,
(147) Parallèle des Anciens et des Modernes, t. I, p. 146
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A la Bibliothèque de l'Eglise de Paris
ŒMQERUME de DOM QUICHOTTE de la MANCHE
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LE + Critique DU Livre
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