‹ Critique du Livre de Dom Quichotte de la MancheChapitre 44 sur 64 · PONT R NON TS · texte numérisé non relu

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et Sancho continuer leur chemin vers Saragoce. Voila sommairément l’avanture du Chevalier du bois ou des miroirs qui devoit estre une des principales et des plus Importantes du livre veu le sujet sur lequel elle estoit fondée, aussy avoit elle esté concertee avec les principaux personnages de l’histoire le Curé le barbier et (Carasco [94 R°®°] comme il en est dit quelque chose auparavant un peu obscurement, Mais je ne sçais pas comment ils entendoïient tous trois l’affaire, La pensée estoit bonne de chercher quelque occasion de contraindre D.Q. à retourner à sa maison pour n’en sortir d’un an comme ils l’avoient pensé, Mais celle cy n’estoit en aucune façon à recevoir ni à mettre en œuvre. Comment ! un jeuns bachelier sortant des escholes se hazarde de combattre à outranc& avec la lance et l’espée armé de toutes pieces contre un vieil gentilhomme qui apparament avoit plus d'experience et plus d’adresse aux armes que luy, Et si D:Q. l’eust tué comme lon pouvoit tout craindre de sa folië, et comme il pensa arriver, Et luy s’il eust tué D.Q. en le perceant du fer de sa lance d’un pied de long (264), car il pouvoit luy donner dans la visiere ou dans la gorge, ou au deffaut des tassettes, ceûst esté une belie avanture, Et s’ils en fussent venus à l’Espée D.Q. y auroit eu assurement tout l'avantage, sur quoy donc avoient-1ls fondé que Carrasco seroit victorieux ? Il n’avoit de plus que D.Q. que des plumes sur [94 V*°] son casque, et une casaque de toile d’or semée de miroirs, Cela ne rend pas un homme plus en estat de combattre et de vaincre. Dailleurs Il avoit un plus meschant cheval que n’estoit Rossinante, et Il n’en devoit pas attendre autre chose qué ce qui luy arriva, Encore s’ils eussent

(264) « de un hierro acerado de mâs de un palmo. »

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206 = CRITIQUE pu Livre

trouvé moyen d’escamotter la lance de D.Q. et luy en donner une meschante, ou de la coupper à demy affin qu’elle se rompist au prémier effort, luy changer son espée luy en donner une de plomb, rendre Rossinante boiteux ou

autrement, Mais les mettre aux mains tous deux bien | equipez d’armes, Car Carrasco en avoit de bonnes avec son fer de lance d’un pied de long, Je ne puis m’empes. cher de me souvenir de ce fer d’un pied de long, car cela est bien plaisant, D.Q. apparemment en avoit de bonnes aussy, ayant eu trois jours de temps pour en chercher, à quoy luy avoit aidé ce mesme Carrasco (265) : En fin ce Carrasco est jetté par terre bien blessé de sa cheutte, comme il le meritoit, et tout ce qu’il peut faire est de se relever a l’ayde de D.Q. et des deux escuyers et de s’aller - faire panser, : Voila une belle levée [95 R®] de bouclier (sic), où est le plaisant de cela ? J usques à présent toute la Raillerie a Tombé sur D.Q. comme c’estoit naturellement le dessein du livre, Et icy lon voit tout le Contraire, D.Q. a tout l’honneur ; et les trois principaux personnages de cette Histoire sont mocquez, comprenez vous bien l’artifice de ce dessein ? en trouvez vous bien le fin ? Mais ce nes de l’escuyer qui estoit si grand qu’il faisoit ombre à tout son corps (266), la peur que Sancho eu avoit, se croyant perdu s’il en avoit esté seulement frappé (267), ce grand pasté de demy aulne (268), ces gros morceaux de viande que Sancho avalloit sans mascher comme des pilules (289) trouvez vous cela bien plai-

(265) Don Quichotte, Ile Partie, chap. VII.

(266) « .….casi le hacia sombra a todo el cuerpo. »

(267) & ….temiendo que con solo un pasagonzalo-con aquellas narices en las suyas, seria acabada la pendencia Suya..: »

(268) « una empanada de media vara. »

(269) Ces expressions ne correspondent à rien de bien précis dans le texte de Cervantes. *

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