‹ Critique du Livre de Dom Quichotte de la MancheChapitre 49 sur 64 · Crrrique pu Livre · texte numérisé non relu

Crrrique pu Livre

qu’elle ait qui est l’honneur de sa fille, Et tout cela abou-.

tit à faire donner des coups de baston à un laquais qui

pretendoit l’espouser, et à faire mettre la fille en relli-

gion (340), Mais aprez tout Je ne voys rien où D.Q,. soit raillé comme ce doit estre le dessein du livre. L'Histoire de Ricoste ce Morisque (341) ancieu amy de Sancho seroit peu de chose si elle n’avoit sa suitte comme il se verra, Il avoit un tresor caché qu’il vouloit aller prendre, et se servir de l’ayde de Sancho à qui il promettoit deux cens escus, Mais Sancho n’en veult rien faire et refuse

les deux ceps escus offertz par belle raison de conscience,

a cause que Ricotte est Morisque Cela est encore bien, mais quel raport avec D.Q. et avec ses avantures, Remarquez Je vous prie [Al R'°] la Joye que nostre autheur se donne pour la beauté de son ouvrage, et me dittes s’il vous plaist si vous avez jamais veu rien de semblable en quelque livre que ce soit, c’est peut estre par la que lon dit que celluy cy est original, et en effect telle chose ne s’est jamais trouvée ailleurs ni ne se trouvera a l’ave-

nir, C’est avant que de commencer le recit de la prise

de possession du Gouvernement par Sancho, où il avertit le lecteur de se preparer à bien rire (342), Et au commencemëänt d’un autre chapitre Il apostrophe le soleil ou Phœbus (343) car Il ne sçait à qui il en veult, et luy

(340) Don Quichotte, Ile Partie, chap. LXVI.

(34D Ibid., chap. LIV.

(42) Ibid, chap. XLIV : « Deja, lector. amable, ir en paz y en hora buena al bucn Sancho, y espera dos fanegas * de risa, que te ha de causar el saber como se porté en Su Cargo. » — « Maintenant, lecteur aimable, laisse le bon Sancho aller en paix <t heureusement ; pour toi, reste dans l'attente des deux bonnes mesures de rire qui te reviendront, lorsque lu sauras comment il se conduisit dans sa magistrature, »

(343) Ibid, chap. XLV : « .::Timbrio aqui, Febo alli, tirador acg,

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6 demande secours pour bien descrire ce gouvernement, Cela est si beau ét si Poetique que Je ne sçays comment l’autheur n’en a point Crevé. mais on ne sçait si c’est luy mesme ou Cid Hamet qui fait cette apostrophe. mais : passons. En fin D.Q. quitte le Duc (344), et le remercie, ‘ce qui se passe avec des circonstances ordinaires, Sancho remercie aussy Le Duc trop bien pour son Caractere. Ilz prännent le chemin de Saragoce. Ilz rencontrent des gens disnans dans un pré (345) ayant prez d’ eux [111 V°°] des figures de St. Georges, St. Martin, St. Jacques et St. Paul pour orner de tableau d’une Eglise, Ilz les firent voir a. D. Q. qui lés en pria, et n’en arriva autre chose. La rencontre qu’il fait ensuitte (346), de ces belles Dames vestues en bergeres avec de richés habitz, et de ces Jeunes hommes en bergers, Imitans ceux de l’Areadie par recreation, &st une des bonnes avantures qu’il y ait dans le livre et des mieux imaginées, en acordant neanmoins à l’autheur, ce deguisement en pleine campagne et dans une forest, D. Q. y fait bien son devoir de Chevalier errant, s’offrant à se tenir sur le grand chemin pour maintenir la beauté de ces bergäres contre tous ceux qui luy voudroient disputer le contraire. Et ces Taureaux bœufz et vaches sont bien Inventez qui passeränt en ce temps là, et dont il ne voulut pas se destourner, qui le renverserent fort plaisamment avac Sancho Rossinante et le grison dont ilz demeurerent en mauvais estat (347) : Le risible \ 4 est tout entier et le vraysemblable aväc le possible

médico acull4... ; oh sol... » — «….Thymbrœus ici, Phébus là, archer en ce lieu-ci, médecin en celui-là... à soleil. »

(344) Don Quichotte, Ile Partie, chap, LVIT.

(345) Ibid, chap. LVIIL.

(346) Ibid.

(347) Ibid.

230 CRITIQUE DU Livre Eu

s’y [112 R°°] trouvent aussy, et tout cela s’accorde bien :

avec'le sujet et intention du livre qui est de faire que D.Q. entreprenne quelque chose souz esperance d’y acquerir de la gloirë, et que la chose tourne au contraire en risée et en mocquerie pour luy. ÉÈCRE TRES

NEo0. — Je suis rav chose que vous aprouviez.

Eu. — Je suis de bonne foy, ét n’ay aucun Interest de descrier ce livre, Mais y voyant les absurditez que Je Vous ay remarquées Je ne suis Pas asséz complaïsant pour Messieurs les beaux espritz, pour trahir ma pensée et dire, à cause qu’ilz l’ont une fois dit, que cette Histoire est admirable, et pour l'invention et pour la Conduitte et pour la maniere dont elle est escritte, Je suis vous dis je de si bonne foy que Je vous diray qu’assurement dans cette Seconde Partie Cervantes s’est corrigé de beaucoup de Contradictions qui se voyent dans la premiere, Peut estre luy en a t on donné avis, Il est vray pourtant qu'il y en [112 V®] à mis une entrautres, car Il n& laisse pas d’y en avoir encore, dans laquelle il persiste depuis le commencement jusques à la fin qui est insuportable - Ja veux parler de l’Impression de son histoire, Je ne puis m'en taire, mais Je suis fasché de ne pouvoir fairs entendre assez clairement les contradictions que J y Vois, Je vous l’ay dit. -

NEO. — Vous pourriez dire aussy quelque chose à la loüange d& Sancho dont les discours et les entretiens sont plaisans, quand ce ne seroit que par cette quantité de proverbes qu’il dit à tors üt à travers, ce qui donne à mon avis du plaisir à celluy qui veult bien avoir le loisir de les lire, car Je Suppose qu’un homme qui a de grandes affaires ne s’amusera pas à cetté lecture, et en effect on

Y Que vous ayez trouvé quelque

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