LA TRINITÉ ET LINCARNATION ; LA VIERGE MERE
nous passible, soumis à cause de nous à toutes sortes de souffrances ^ »
134. La Didachè, dont les vieilles formules liturgiques remontent à la fin du i" siècle, nous présente Jésus comme l'homme qui est le serviteur de Dieu, -aï; 0£ou-; mais cet homme, serviteur de Dieu, est aussi le Seigneur, auquel, après avoir prié le Père, on adresse l'invocation suivante : « Souvienstoi, Seigneur, de ton Église, afin de la délivrer de tout mal et de la rendre parfaite dans ton amour. Rassemble-la des quatre vents, elle qui a été sanctifiée pour ton royaume, que tu lui as préparé : car à loi est la puissance et la gloire dans tous les siècles.
* A l'ulycarpe. m, 2. On cite aussi quelquefois, en témoignage de la même idée, le texte suivant de Tepitre aux Épliésiens, VII, 2 ; <i 11 n'y a qu'un seul médecin corporel et spirituel, engendré et inengendré, dans la chair devenu Dieu, dans la mort vraie vie, de Marie et de Dieu, d'abord passible et alors impassible, Jésus-Christ Notre-Seigneur. » Ce texte considéré isolément pourrait nous laisser entendre qu'Ignace considérait Jésus comme un homme devenu Dieu, si nous ne savions qu'Ignace considérait le Dieu ([ui est dans la chair du Christ comme existant avant les siècles auprès du Père; d'où il suit que la divinisation dont parle le présent texte n'est afhrmée que de la nature humaine du Christ. 11 faut encore noter que l'opposition des mots engendré et inengendré semble bien indiquer que saint Ignace ne cunnail à Jésus d'autre génération que celle de l'Incarnation dans le sein de la Vierge. C'est cette génération miraculeuse qui suffirait aie faire fils de Dieu en même temps que de la Vierge (aux Smyrn.^ i, 1).
■ Knfant de Dieu, au sens de serviteur aimé et familier, comme le prouve l'application de ce même titre à DavitI dans le même verset : '■ Nous te rendons grâces, 6 notre Père, pour la sainte vigne de David, ton serviteur, toj 'atÔo'ç aoj, que tu nous as fait connaître par Jésus-Chriist ton serviteur», toj t,x:ù'J; aoj, ix,2.
Que la grâce arrive et cjue ce monde passe : Hosanna au Dieu de David. Si l'on est saint, qu'on vienne; si on ne l'est pas, qu'on se repente. Maran Atha (Le Seigneur vient). Amen*. » La Didachè ne dit pas explicitement que ce Soigneur est Fils de Dieu, mais son auteur ne 1 ignore pas, car il nous dit que TAntcchrist se donnera comme le Fils de Dieu^, et il nous apprend qu'on doit donner le baptême en versant trois fois de suite de l'eau sur la tète du baptise « au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit ^ ».
Quand nous aurons encore signalé qu'à cette môme époque, vers 96, Pline écrivait à Trajan que les chrétiens de Bithynie chantaient des hymnes au Christ comme à un Dieu, Christo quasi Deo*y il nous faudra bien reconnaître que M. Harnack a raison d'écrire qu' « on peut recueillir un ensemble de sentences théologiques, de symboles et de formules qui remontent jusqu'à l'origine de l'Église, et nous f>ermettent de reconnaître le terrain commun où a pu germer la théologie de Jean '* ».
135. C'est bien jusqu'à l'origine, et plus loin encore que ne remonte M. Harnack, qu'il nous faut aller pour trouver, dans le témoignage des apôtres et de Jésus lui-même, non pas seulement les germes, mais les premières affirmations de la théologie de Jean, qui est aussi celle de Paul, celle des synoptiques
• X, j et 6.