‹ Critique et catholique (volume 2)Chapitre 29 sur 66 · LA TRINITE ET L INCARNATION ; LA VIERGE MERE OO · texte numérisé non relu

LA TRINITE ET L INCARNATION ; LA VIERGE MERE OO

pas de place pour le Saint-Esprit, observe M. Harnack'. (Test vrai, et nous devons en conclure que si les apologistes, malgré leur philosophie, rendent témoignage au Saint-Esprit, c'est qu'ils \ ont été obligés par la croyance des communautés chrétiennes au milieu desquelles ils vivaient. C'est précisément ce qui est arrivé.

Il faut reconnaîlre que les apologistes n'ont pas insisté sur la personnalité du Saint-Esprit autant que sur celle du Fils; on peut même dire, en un certain sens, ({u'ils n'ont pas de théologie trini taire-, parce que les idées cosmologiques sur lesquelles étaient fondés leurs exposés théologiques ne s'y prêtaient pas; mais on ne peut pas dire qu'ils ne témoignent pas de leur foi et de la foi de leurs contemporains à la Trinité. Saint Justin affirme solennellement dans son Apologie-* que les chrétiens, bien loin d'être athées, adorent, en même temps que Dieu le Père, le Verbe son Fils, notre docteur, et son Esprit prophétique; et il nous dit comment Jésus-Christ, né d'une Vierge ', est le \'erbe de Dieu fait chair, TxpxoTîo'.TjOei'ç, corps, Logos et âme"\ Pour Talien, lame n'est immortelle que par son union avec l'Esprit de Dieu, Es-

te ministre du Père ; « il est sous les ordres du Pure et préi'i<le à l'exécution de ses desseins. » Il est Dieu et Seigneur sans doute, mais « sous le Créateur de tout ». S. Jjislin, Dial., 56, GO, 61, 126, 127; ApoL, 1, 13, P. G., t. vi, col. 596 sq., 612 sq., 768 sq.

• Op. cit., p. 531 sq.

• H'jrnack, op. cit., p. 532, note 1.

• Apul., II, 6 et 13, /'. G., t. vi, col. 336, 345.

• Af>ol., I, 22, 31, 32; Hial., 43, 45, etr., /'. G., t. vi, col. 304, 377, 379, 568, 573.

• JDial., 45 ; ApoL, n, 10, /'. G., t. vi, col. 513, 400.

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prit qui, bien supérieur aux esprits de même ordre

que 1 Ame, est « l'image et la similitude de Dieu le

serviteur du Dieu soulVranl' >^. Tiiéophile voit dans les trois premiers jours de la création le symbole de la divine Triade, tt,ç TptâSo;, du Père, de son Verbe et de sa Sagesse^; c'est la première fois qu'apparaît le mot Tp'.â;. Athénagore met le gage de notre vie future dans la connaissance qui nous est donnée du Père, du Fils, de l'Esprit, « de l'union et de la distinction de ces trois termes unis de l'Esprit, du Fils et du Père», et il s'étonne ensuite, comme saint Justin, qu'on appelle athées « des gens qui affirment un Dieu Père, un Fils Dieu, un Esprit-Saint et montrent leur puissance dans l'unité et leur distinction parle rang^».

139. Nous trouverons des témoignages plus riches, mais non point plus nets, de la foi des églises à la Trinité et à l'Incarnation, dans les docteurs de la fin du second siècle et du commencement du troisième.

Le progrès de leurs exposés de la vérité révélée est tout d'abord marqué par un travail d'épuration. Saint Irénée, le grand évêque de Lyon, qui écrivit son grand ouvrage contre les hérésies de 177 à 199, s'y montre plus soucieux de garder intégralement le dépot de la foi que de faire accepter des philosophes l'exposé de nos mystères. Il condamne non seulement les généalogies gnosti(jues, mais aussi les théories compromettantes des apologistes, cjuand il rejette toute spéculation sur la génération du Verbe'*. Mais,

» Discours aux Grecs, 7, 12, 13, P. G, t. vi, col. 820, 829, 8/.0.

• //• Livre à Autolycus, 15, /'. G., t. vi, col. 1017.

• Supplique pour les chre'liens, 12, 10, /*. 6'., t. vi, col. 913, 903.

• Contra hsereses, ii, 4, :;, f-, /'. (î., t. vir, cul. 801-809.

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s'il s'en lient aux pures affirmations de la foi, il n'en laisse que fort peu dans l'ombre et nous les rapporte généralement avec exactitude. Irénée insiste fortement sur l'unité de Dieu; mais le Dieu Pèie a un Fils, Dieu lui aussi, révélateur du Père, coexistant au Père de toute éternité ^ et un Esprit-Saint, pareillement éternel, àswaov 2, qui est la Sagesse du Pèrc^. Le Verbe et l'Esprit sont les ministres du Père dans toutes ses œuvres^. Les expressions de subordination, qu'emploie à cette occasion le saint docteur, n'impliquent pas d'infériorité de nature et ne dépassent guère les limites du langage autorisé par l'b^criture et la théologie pour exprimer la subordination d'origine du Fils et du Saint-Esprit, vis-à-vis de leur principe, le Père. L'union du Verbe de Dieu avec sa créature nous a donné Jésus-Christ, Verbe incarné, né d'une Vierge, formé de la même matière que nous, ayant ime âme comme nous, vraiment homme et vraiment Dieu, et, à ce titre, ( apable de nous racheter par le sacrifice de sa mort sur la croix ^.

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