‹ Critique et catholique (volume 2)Chapitre 31 sur 66 · LA TRINITÉ ET LINCARNATION ; LA VIERGE MERE · texte numérisé non relu

LA TRINITÉ ET LINCARNATION ; LA VIERGE MERE

croyance primitive de l'Église romaine. 11 n'ose pourtant l'assurer '. Il est bien vrai que certains passages du Pasteur d'Hermas -, inspirés, semble-t-il, par une théologie adoptianiste, pourraient appuyer les dires des disciples d'Artémon qui se plaignaient ({ue le pape Zéphyrin, en condamnant la doctrine de leur école, eût trahi la vérité universellement tenue jusque-là pour doctrine apostolique par les anciens •'. Mais, comme le remarque Eusèbe, à qui nous devons ce renseignement, la croyance à la divine préexistence du Sauveur, inconciliable avec l'adoptianisme, est trop nettement affirniée dans la lettre de Clément aux Corinthiens, dans les écrits de Justin et de Tatien composés à Rome, pour (ju'on puisse prendre au sérieux les prétentions des adoptianisLes. Elles valent ce que valent, en pareil cas, les aflirmalions de tous les hérétiques (jui se réclament habituellement de l'enseignement di's apôtres cl elles sont manil'<\'=;tement en opposition

» Op. cit., p. 211, note 2.

' Les propositions les plus discutables se trouvent dans les Similitudes V, c. ii et IX, c. i et xii, P. G., t. ii, col. 9o8, 979, 991. Les opinions adoplianistes d'Hermas sont cependant si peu mises en relief qu'elles semblent avoir [)assé inaperçues parmi des docteurs, comme Irénée, Clément d'Alexandrie et Origène, qui étaient d'avis contraire. Le livre d'Hermas a eu du succès et même quelquefois les honneurs de la lecture publique à Rome et dans l'KpIise d'Occident à raison de son thème principal, qui est une éloquente exhortation à la pénitence; il n'y a jamais été compté parmi les livres ayant une autorité dogmatique. C'est à Clément d'Alexandrie et à Origène qu'il doit d'avoir jjardé sa place parmi les livres deulOro-canoniqnes dans l'appendice au Nouveau Testament de la bible alexandrine. Cf. liebhardt et Harnack, l'atrum ajiosloUconun opéra, t. m. llcrmae l'dslor, Prole^'uinena, p. xi.iv sq.

• Eusèbe, Histoire ecclésiastique, V, 28, /'. G., t. xx, col. 511.

avec ce fait que le pape Victor, dont les disciples d'Arlémon invoquaient l'autorilé, avait déjà, en 190, condamné Théodole, le maître d'Artémon.

A ce moment, c'esl-à-dire vers la fin du deuxième siècle, le besoin d'une théologie trinilaire, d'un exposé coordonné des dilTérentes affirmations de la foi relativement à Dieu, à Jésus-Christ et au Saint-Espril, s'élail éveillé, non seulement parmi les lettrés, mais encore parmi le commun des fidèles. De là des groupements d'école et des discussions passionnées qui nécessitèrent l'intervention de l'autorité ecclésiastique. Par réaction contre les adoplianistes qui niaient, au nom de l'unité de Dieu, la divinité de Jésus-Christ, on vit apparaître les monarchiens ou modalisles qui, avec Praxéas, Épigone,' Cléomène et Sabellius, prétendaient sauvegarder à la fois l'unité de Dieu et la divinité de Jésus en disant que c'était le Père lui-iiième qui sélait incarné et était devenu le Fils. Les Ihéologiens du Logos, Tertullien, Ilippolytc et lauleur des Philo s ophou mena protestaient vivement contre cette nouvelle doctrine, qui effaçait la distinction réelle du Père et du Fils et dont ils ridiculisaient les fauteurs, en les appelant patripassiens. Oue firent les papes au milieu de conflits qui paraissent bien n'être pas restés purement académiques, mais avoir violemment agité la masse des fidèles?

Il ne nous est parvenu aucun écrit dogmatique des [)0nlifes romains de cette épofjue. Tertullien nous dit que Praxéas trouva crédit près de l'évéque de Rome, non seulement f)Our ses accusations contre les montanisles, mais encore pour ses erreurs. L'aulcur anonyme du catalogue héréséologi(|ue ajouté au Traité

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des Prescriptions^ nomme, comme soutien de Praxéas, un certain Victorin dans lequel nombre de critiques croient reconnaître le pape Victor. Enfin l'auteur des Philosophoumena , qui ne fait aucun reproche à Victor, accuse en termes fort précis Zéphyrin d'avoir, sur les conseils de Calliste, favorisé l'hérésie monarchienne, et plus encore Calliste, son successeur, de n'avoir condamné Sabelliiis que par respect humain, d'avoir traité de ditlu'isme la théologie du Logos, et enseigné un monarchianisme tempér*' de propositions adoptianistes -. Oue valent ces tt-inoigiiages et que pouvonsnous on retenir ?

» G. LU, /'. L., t. III, col. 14.

■ Voici les principaux passages des PhllosopUoumena relativement à Zéphyrin et à Calliste : « Cette hérésie (le iiumarchianisrae ou modalisme de Cléoinène et de SaboUius) trouva de l'appui pivs de Calliste, homme très habile pour le mal et souple en fourbeiie, ambitieux du trône épiscopal. Il faisait ce qu'il voulait de Zéphyrin, homme simple et sans lettres, ignorant les déiinilions ecclésiastiques, qu il séduisait par des présents et qu'il pressait de demandes illicites, le sachant accessible aux cadeaux et avare. Il lui persuada d'entretenir de eontinuelles divisions au milieu des frères, puis selTorça lui-même de s'attirer par d'astucieux propos l'amitié des deux partis. Aux orthodoxes pris à part il disait être de leur avis et les trompait; il en disait ensuite autant aux gens de Sabellius et égarait celui-ci alors qu'il aurait pu le ramener au droit chemin; car lorsijue nous exhortions Sabellius, il ne s'opiniàtiait pas, mais une fuis seul avec ('altiste, il était ramené par celui-ci au dogme de Cléomène, Calliste déclarant que tel était son sentiment. Sabellius, pour lors, ne connaissait pas la fourberie de Calliste; il la connut plus tard, comme je le dirai bientôt. Quant à Zéphyrin, Calliste, en le poussant, lui persuada de dire publiquement : Je ne connais qu'un Dieu, le Christ Jésus, et, en dehors de lui, nul autre qui ait été engendré et passible. .Mais en disant parfois : Ce n'est pas W Père qui est moit. mais le l'ils, il entretenait

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Il est bien possible que Praxéas, apportant d'Asie des renseignements sur les montanisles, et défenseur zé\é de la divinité du Christ, ait tout d'abord trouvé faveur auprès du pape Victor cpii venait de condamner

ainsi de perpétuels dissentiments dans le peuple. Dès que nous eûmes connu les pensées de Gallisle, nous ne nous y sommes pas ralliés, mais nous avons discuté et combattu pour la vérité. Emporté par un fol orgueil, parce que tous, excepté nous, allaient à lui. attirés par ses dehors hypocrites, il nous appelait di- Ihéisles, vomissant violemment le venin qu'il avait dans le cœur... » Suit un invraisemblable roman des aventures de Calliste jusqu'à son élévation au trône pontifical; voici en quels termes est alors apprécié son enseignement dogmatique : « Après la mort de Zéphyrin, Calliste, s'estimant parvenu au terme de ses ambitions, excommunia Sabellius sous prétexte qu'il professait des opinions hétérodoxes, en réalité par crainte de moi et parce qu'il pensait pouvoir ainsi écarter l'accusation portée devant les f'glises et se présenter comme n'ayant pas de mauvaises opinions. 11 était en elîet imposteur et fourbe, et, avec lo temps, il a séduit beaucoup do gens. Ayant du venin caché dans h' riûur et ne pensant [)as droit, mais rougissant de parler franchement, nous aj'ant d'une part insulté publiquement en nous disant : Vous êtes dilhéisfes, et, d'autre part, continuellement accusé par Sabellius d'avoir trahi sa foi première, voici l'hérésie qu'il u inventée et qu'il professe : Le Logos est identique au Fils et identique au Fère, l'Esprit ainsi dénommé étant un et indivisible. Le Père n'est pas une chose et le Fils une autre, mais une .seule et même chose, l Esprit divin qui remplit toutes choses, celles d'en haut et celles d'en bas. L'Esprit incarné dans la VitMge n'est pas autre chose que le P<"i'e, mais une seule et même chose. C'est ce que signifie la parole : Xe crois-lu pas que je Muis dans le Père el le Père en moi. Ce qui a été vu, ce qui est homrne, voilà le Fils. L'Esprit contenu dans le Fils, voilà le Père. Non, dit-il en ellet, je ne confesserai pas deux Dieux, le Père et le Fils, mais un seul. Car le Père né dans le Fils, ayant pris la cliair, l'a divinisée, se l'étant unie, et a fait une seule chose qui est appelée Père et Fils, un seul Dieu : et cela étant une personne ne peut pas en être <leux. C'est ainsi que le Père a

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radoptianisme et allait excommunier les monlanisles. Mais le silence des Philosophoumena ne permet pas d'accuser ce pape d'hérésie modaliste sur des Icinoignages au&si peu sûrs que l'insinuation de Tertullien et Taccusalion moins sûre encore de l'anonyme pré-

coinpali au Fils. Cet homme insensé et ondoyant ne veut en elTet pas dire que le Père a soullert et qu'il n'y a qu'une seule personne, car il pense éviter ainsi le blasphème contre le Père, Répandant en haut et en bas ses blasphèmes, sans autre souci que celui de ne point paraître parler contre la vérité, il n'a pas honte de satisfaire tantôt au dogme de Sabellius, tantôt à celui de Théodote... » Philosophoumena, 1. IX, c. ii, édition de Patricius Cruice. p. 434 sq., 441 sq. Cf. aussi P. G., t. xvi, col. 3009 sq.

Nous pensons être utile au lecteur en lui soumettant, à propos de ce texte, les remarques suivantes :

1* Dans ICxposc qu'il nous donne de l'enseignement do Calliste, l'auteur des l'hilosopftoumena se contredit, puisqu'il fait dire à Callisle que le Père et le Fils sont et ne sont pas une seule personne ;

2* Il est très facile de concevoir qii'un esprit prévenu ait pu tirer cet exposé hérétique d'un enseignement concret tel qu'aurait été celui-ci : Le Père, le Fils et l'Esprit-Saiut sont un seul et môme Dieu, Esprit éternel qui est présent en toutes choses. Le Fils est Jésus- Christ, Dieu incarné. L'Esprit, qui s'est reposé sur l'homme qu'est Jésus-Christ, n'est pas un autre Dieu que le Père ;

3° Le pseudo-savant, qui a signé Dujiin les articles anlitriuitaires de la lievue d'histoire et de littérature religieuse, iy06, p. 219, 3;J3, 515, non seulement lémoi;,'ne de fort peu de sens critique en acceptant sans réserve toutes les allégations du document précité, mais il parait ne pas savoir très bien ni le grec, ni le latin, car il fait un grossier contre-sens en traduisant: « Quand je faisais des observations à Zéphyrin, il cédait, mais quan<i Calliste était seul avec lui, il l'engageait à se tourner du côté de Cléomène » fp. 521). D'après le texte grec et la version latine que Dupin avait sous les yeux et auxtpiels il renvoie, c'est à Sabellius qu'appartient le rôle iei prêté à Zéidiyrin.

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cilc. O'iiiïi*^ ^ 1 hiï?toiiT deZi'i'liyrin el de Calfisle, elle est, de l'aveu de tous, un pamphlet écrit par un ennemi personnel du second de ces deux papes. On ne peut, en bonne critique, demander à son expose tendancieux le symbole de C.alliste, surtout en malièie d'enseignement trinilairc, où la plus légère modilication de langage peut transformer en hérésie une proposition très orthodoxe. Nous ne pouvons donc que retenir les faits principaux et notoires considérés en dehors de Tinlerprétation qu'en donne Je pamphlétaire.

Zéphyrin el Callisle défendaient une doctrine intermédiaire qui concordait partiellement, etavec celle de Sabellius,et avec celle du plaignant, mais qui dilTérait assez de l'une et de l'autre pour (|ue C-alliste ait excommunié Sabelliuset accusé de dithéismele théologien du Logos qu'était l'auteur des Philosophoiimcna. Cette doctrine ne pouvait pas reprendre les propositions essentielles de l'adoptianisme que Zéphyrin venait de condamner. Elle a rallié l'assentiment de presfjue tous les fidèles. Tertullien, auti(; ennemi jure de Calliste, n'a rien trouvé à lui reprocher. De l'aveu même de celui qui la dit hérétique, elle a continué d'être enseignée après la mort de Callisle '. On ne trouve en ellel aucune trace des dissidences dogmalifjues qu'aurait nécessairement réveillées, au sein de la communauté romaine, un changement d'enseigne- Uicnt officiel, et voici en (piels termes, quarante ans après, le pape Denys résumait la foi traditionnelle de son l^^glise, dans une lettre adressée à l'évêque Denys d'Alexandrie vers 260.

• l'hilosophoumenu, l.\, xii, I'. G., t. xm, col. 3387.

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142. «J'ai appris qu'il y avait parmi vous quelquesuns de ces prédicateurs et docteurs du divin Logos qui, dans leur opposition à la doctrine de Sabellius, vont, pour ainsi dire, à l'excès opposé. Sabellius blasphémait en disant que le Fils est identique au Père et réciproquement. Mais eux prêchent dune certaine façon trois dieux, divisant la sainte monade en Irois hypostases étrangères Tune à l'autre et tout à fait séparées. Il est en effet nécessaire qu'au Dieu de toutes choses soit uni le divin Logos, il faut que l'Esprit- Saint demeure amoureusement et vive en Dieu et qu'enfin la divine Triade soit récapitulée et ramenée tout entière à l'unité, comme à un sommet que je dis être le Dieu de toutes choses, le Tout-Puissant... C'est pourquoi il ne faut pas partager en trois divinités la divine monade, ni rabaisser la dignité et la souveraine grandeur du Seigneur, en le disant fait ; mais croire en Dieu le Père tout-puissant, et au Christ Jésus son fils et au Saint-Esprit, et à l'union du Logos avec le Dieu de toutes choses; car il dit : Moi et le Père nous sommes un, et encore : Je suis dans le Père et le Père est en moi. C'est ainsi en effet (ju'on sauvegardera à la fois et la divine Triade et la prédication de la sainte monarchie *. »

De cette lettre, qui attaque à la fois le modalisme de Sabellius et la théologie du Logos, l'auteur des Philosophoumeyia se serait plaint dans les mêmes termes que de la fourberie de Calliste. Denys s'en

• Ces extraits sont tirés d'un fraj?ment plus considérable de la lettre de Denys de Home qui nous a été conservé dans la lettre de saint Athanase sur les décrets de Nicée, n. 26. P. (/., t. xxv, coi. 461, 4Gj.

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réfère au môme texte d'Écriture sainte que son prédécesseur, et s'en tient aux mêmes lignes générales de la double affirmation de l'unité divine et de la distinction des personnes. La lettre de Denys n'est pas la transformation, comme on Ta dit ^ mais la continualion de l'enseignement de Calliste. Cet enseignement était bien doctrine catholique, il sera consacré au concile de Nicée, comme, plus tard, celui du pape Léon, représentant également la tradition de TÉglise romaine sur rincarnation, sera défini au concile de Chal-

cédoine.

143. On nous dit que le mystère d'une telle doctrine « est enopposition avec les textes évangéliques et fondé tout entier hors de l'enseignement de Jésus et de la foi de ses apôtres ^ ». A cette assertion, donnée avec une assurance qui est presque de l'impudence, nous opposons, au nom des témoignages que nous avons cités, le démenti le plus absolu. Nous n'entendons point affirmer qu'on ne puisse donner à certains textes do l'Écriture une interprétation étrangère ou même contraire au dogme callioli(iue. IS'ous pensons même que les apologistes entreprendraient une œuvre impossible, s'ils prétendaient s'attac^uer à toutes les interprétations hétérodoxes proposées par les exégètes rationalistes et prouver qu'aucune n'est critiquement soutenable, en s'a{)pnyant uniquement sur le contexte et sur la psychologie des auteurs sacrés, considérés séparément, telle qu'on peut 1m reconstituer avec les pauvres documents que nous avons h vingt siècles de distance. L'interprétation de l'Écriture, avec les

* Duiiin. art. cit., p. 529.

• (iuigncherl, lue. cil.

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fceules ressources de la critique rationnelle, donne nécessairement plusieurs sens possiljles pour tous les textes difficiles. L'apologiste aurait tort de le méconnaître, mais il doit savoir rap[)eler aux détracteurs du dogme qu'ils n'ont plus rien à objecter, une fois qu'il leur a montré que la proposition de loi est une des interprétations possibles de l'Écriture. Dés lors que nous avons établi en apologétique que l'Église a mission divine pour parler au nom de Dieu, nous devons critiquement donner la préférence à son exégèse dogmatique, jusqu'au jour où on nous démontrera que cette exégèse est en contradiction avec toutes les interprétations possibles des textes. Nous attendrons longtemps cette démonstration, non seulement pour les dogmes dont nous parlons maintenant, mais encore pour tous les autres. En attendant, nous avons fait pour la justification de notre foi à la Trinité et à l'Incarnation plus qu'il n'était nécessaire, car nous croyons bien avoir montré (jue l'enseignement catholique était celui qui rendait 1«* mieux compte des propositions de l'Écriture sur ce sujet, à vrai dire, le seul qui permît de les accepter toutes dans leur sens le plus naturel et leur ensemble, sans supposer chez les auteurs sacrés une variation de pensée allant jusqu'à la contradiction flagrante. Le fait que cet cnseigiUMnent se présentait dès l'origine comme celui du Christ et des apôtres peut seul cxpli- (juerce phénomène étrange que l'affirmation trinitaire ait pu se défendre contre le* déformations auxquelles l'exposait la philosophie des apologistes lettrés. Sans ce fait, l'histoire des origines du dogme trinitaire est un mystèie que nous mettons les rationalistes au d.'li d'expliquer

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