‹ Critique et catholique (volume 2)Chapitre 33 sur 66 · LA TRINITÉ ET L INCAHNATION ; LA VIERGE MERL · texte numérisé non relu

LA TRINITÉ ET L INCAHNATION ; LA VIERGE MERL

Comment cela sera-t-il, puisque je ne connais point d homme ? — L'ange lui répondit : L'Espril-Saint viendra sur vous et la puissance du Très-Haut vous couvrira de son ombre, c'est pourquoi le saint né de vous sera appelé fils de Dieu. — Marie dit alors : Voici la servante du Seigneur, qu'il me soit fait selon votre parole *. »

Après ce sublime dialogue, l'Ksprit-Saint fit ainsi qu'avait dit l'ange Gabriel. Du sang de Marie, il organisa miraculeusement la matière vivante qui allait devenir le corps de l'Homme-Dieu. Puis, dans cette matière, il créa une âme. Mais, cette fois, l'acte d'amour créateur n'eut pas le même résultat qu'il a d'ordinaire en toute humaine conception. En chacun de nous, le composé humain, si étroitement dépendant (ju'ilsoit de l'inilux divin qui pose et soutient dansl'être toute créature, ne reçoit cet influx que par l'intermédiaire delà force mystérieuse, mais naturelle et créée, appelée par la philosophie thomiste acte (inexistence personnelle ou de subsistance. Lacté de subsistance unifie et clôt en l'actualisant la nature particulière qui va, pour un temps, et même pour toujours, quand il s'agit d'âme immortelle, être le centre directeur d'une succession de phénomènes tous marqués à son empreinte. Dans le Christ, pas d'acte d'existence créé. Au moment de sa formation dans le sein de la Vierge Marie, lecomposé humain, qui devaitôti e Jésus-Christ, a été mis en relation immédiate et tout intime avec la divine subsistance du Verbe. Cette relation ne modifie pas plus le Verbe que l'éclosion d'une fleur nouvelle ne modifie le soleil (jui lui donne sa vie et ses

» Luc, i, 2S-38.

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couleurs, ou (jue Tapparilion du monde créé n'a raoditié le Créaleui* (|ui en devient le Seigneur. Elle ne change pas non plus les caractères de la nature humaine du (Mirist, car si Vacte cftwi^tcnce fait que tel être soit, il ne l'ait pas que l'être soit tel, il actualise, il n'oriente pas la puissance particulière de devenir qu'est ïesseuce. En Jésus-Christ, la nature humaine est donc semblable, quant à' ses caractères essentiels, à ce qu'elle est en chacun de nous; mais la divine subsistance dont elle bénéficie lui donne droit à certaines prérogatives dont ({uelques-unes sont absolument inaliénables, tandis que d'autres, au contraire, sont telles que le Christ a pu, pour un temps, y renoncer, en vertu de la loi (ïe a: inanition à lacjuelle il s'est, pour nous, soumis, à son entrée dans notre monde.

Parmi les prérogatives inaliénables, il faut compter le droit qu'a Jésus-Christ de dire, à raison de l'unité de son existence personnelle: « Je suis le Verbe de Dieu », et en même temps : « Je suis le fils de David ». Jésus est à la fois Dieu et homme, unique sujet auquel on peut attribuer tout ce qui convient à Dieu et tout ce qui convient à l'homme. Les actions humaines sont théandriquGs, de dignité et de valeur divines, malgré leurs déterminations humaines, à raison de leur principe hiuna)io-divin, puisque la natuie humaine, d'où elles émanent, est ce (iu'elleest,en vertu de la subsistance divine. L'unité personnelle do Jésus-Christ ne fait pas qu'il y ait en lui une seule pensée, une seule volonté. La i)ensée et le vouloir de Dieu ne peuvent pas devenir la pensée et le vouloir d'une nature humaine. Le Verl^e fait chair a donc dans la nature humaine une pensée et une volonté distinctes de lu

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pensée et la volonté communes aux trois personnes de la sainte Trinité. Toutefois la grâce, qui est donnée à la nature humaine du Christ en conséquence de son union hypostatique avec le Verbe, est bien supérieure à celle que Dieu concède à toute autre créature. Elle apporte à Jésus, avec la vision béatiticiue. qui seule peut lui permettre de prendre pleine conscience humaine de ce qu'il est, une plénitude de charité et de sainteté uiiitpie au monde.

La dignité de rHomme-Dieu aurait dû naturellement l'aiTranchir de toutes les infirmités physiques de la nature humaine, et lui assurer, dès sa venue pîu'mi nous, les honneurs de la royauté mondiale qui lui appartenait comme au chef-d'œuvre de la création. C'est à ces dernières prérogatives que le Christ a renoncé pour devenir notre Sauveur par sa passion et sa mort, se conformer au dessein providentiel de son I^ère, et acquérir, par droit de conquête, la royauté du monde à laquelle il avait déjà droit de par son origine.

147. Puisqu'on Jésus il n'y a qu'un seul sujet d'attribution, une seule personne et que cette personne, qui est le Verbe de Dieu, a reçu sa vie humaine de la Vierge qui l'a conçue et enfantée, Marie est vraiment Mère de Dieu, elle a donné à Jésus, qui est Dieu, ce que les autres mères donnent à leurs enfants.

« Si quelqu'un refuse de confesser (|ue Dieu est en vérité Kmmanuel (Dieu avec nousl et qu'en consé- ([uence Mère de Dieu, t)£OToxoç, e^st la sainte \'ierge, puisqu'elle a enfanté selon la chair le Verbe de Dieu devenu chair, qu'il soit anathème^ »

* Anilliciinli-iiies de saint Cyrille cdulre Ncsloiiiis, a[tprouvci au cmcilc d'Ephèse de 43U. I:nrhir., n. 113 ("Î3).

C'est ce titre et celte fonction de Mère de Dieu qui ont valu à la très sainte Vierge les glorieux privilèges de son Immaculée Conception et de sa virginale maternit(^ dont nous avons dëjù parlé *. C'est encore au même titre quelle a reçu l'incomparable plénitude de grâce dont l'ange la félicitait et à laquelle elle a correspondu avec une générosité qui en a fait la plus sainte, la })lus aimante, le chef-d'œuvre des créatures. C'est enfin celte même qualité de Mère de Dieu qui motive la croyance universelle de l'Église à la glorieuse Assomption de Marie, plus que les histoires légendaires dans lesquelles cette croyance a pris corps. Le sens chrétien se refuse à admettre que le fûa ressuscité ait pu abandonner sa mère à la corruption du tombeau et que la mort, châtiment du péché, ait pu retenir prisonnière la Vierge immaculée qui, de sa chair toute pure, a engendré le fils de Dieu au jour de l'incarnation ^. Une fois ces vérités reconnues, on ne doit plus s'étonner de la place que tient la très sainte Vierge dans la vie religieuse de l'Église et de ses enfants.

L'Église ne met pas la très sainte Vierge au même rang que Jésus son fds, elle n'a point relevé en son honneur des autels idolâtriques abattus au prix de tant de sang. C'est cependant à juste titre qu'elle rend à la Vierge un culte spécial, Ihéologiquemenl trèj inférieur h celui qu'elle rend au Sauveur, mais supérieur à celui dont elle honoi-e tous les autres saints.

Nous n'oublions pas que Jésus-('hrist est le seul médiateur nécessaire et, à lui seul, suffisantpourtous,

» l"part., c. Il, n. 30, j.. SO ; IT pmi., c. i, n. 136. p. '.3. • Orii-'ii <lc la fC-le de l'Assouipli'm. Diévi.iirc doniini<aia.

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mais persuadés que Jésus, le meilleur et le plus aimant des fils, ne peut qu'avoir pour agréables les hommages rendus à sa mère et que Marie, après avoir tant souffert pour nous au Calvaire, doit être pleine de tendresse et de compassion pour des enfants qui lui ont tant coûté, nous présentons, sous le patronage de la Mère, les prières que nous adressons au Fils, et nous vénérons dans la très sainte Vierge la médiatrice toute gracieuse et compatissante qui, après nous avoir donné le médiateur suprême, en facilite l'accès aux pécheurs.

En tout cela rien d'irrationnel, mais seulement un rayonnement d'humaine tendresse et de bonlé, qui rend plus aimables les divins mystères auxquels nous devons le Sauveur et la Vierge Mère de Dieu et des hommes.

148. A-t-on trouvé une seule proposition absurde, évidemment contradictoire, dans tout ce que nous avons dit de la très sainte Trinité, de l'Incarnation et de la divine maternité de la très sainte Vierge? Nous ne le pensons pa-. Aussi bien n'est-ce plus d'absurdité manifesté cju'on accuse aujourd'hui leslhéologiens, on leur reproche seulement d échapper à l'absurde par des explications inféodées à des systèmes de philosophie périmés ou par des propositions vides de sens où les mots n'ont plus leur valeur ordin.iire et ne leprésenlent ijue des pseudo-concepts tout à fait imjjensables. (Jue vaut cette accusation ?

Il est bien vrai qu'en parlant de l'Incarnation, nous avons fait usage de la distinclion de l'essence et de l'exislence, disliuclion qui fait partie d'un système particulier de philosophie, du système thomiste. Mais la part d'explicalion qui relève de cette distinction

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n'est pas imj>osée à notre foi, elle est conclusion théologique. Elle donne une pénétration plus profonde du inyslère à ceux qui ont compris et acceplé la vérité des id«'es thomistes; mais elle peut être rejetée par ceux qui nadmellent pas celte théorie philosophique. Ceux-ci pourront s'en tenir, pour rincarnation, à un exposé pareil à celui de la Trinité qne nous avons cité du P. Lacordaire. Ils n'auront plus alors à accepter que les notions primordiales de l'irrécusable philosophie du sens commun.

Il y a en effet une philosophie du sens commun* ^ c'est-à-dire un ensemble de notions et de propositions tout à fait primordiales, immédiatement dérivées de l'idée d'être, dont elles sont les ditï'érents aspects. A cet ensemlile appartiennent les idées de bien, de vérité, de mouvement, de permanence, de substance, d'accident, de personne, d'unité, de multiplicité, d'identité, de distinction, de relation, de vie, d'intelligence, de liberté, et quelques autres encore d'aussi universelle et nécessaire ap[)lication.

Ces notions n'ont pas la môme origine et ne connaissent pas les mêmes fluctuations que les hypothèses scientifKpies dont quehpies-unes peuvent cire, elles aussi, à certaines épo(pies, universellement acceptées comme unilication explicative des phénomènes mondiaux : mouvement du soleil autour <le la terre, relations astrales, lois géologicpies, physiques ou chimicjues, etc.. Les hypothèses scientifique*» sont la résultante de constatations sensibles ou d'expériences

' Non point dans le sens où l'entend l'j'cole écossaise, d'une philosnphie ayant comme rrllrrium de v«''rit<^ rojiinion eucuuiune.

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complexes dont elles servent à classer les résultats, et elles varient avec la multiplicité et la variété indéfiniment croissantes des phénomènes à expliquer. Les notions primitives de sens commun, dont nous parlons, jaillissent au contraire du premier contact de notre intelligence avec les choses, et sont d'application constante dans tous les phénomènes de notre vie quotidienne, dans les plus simples comme dans les plus complexes. Il est toutefois important de noter que, tout en restant identiques dans leur signification objective et essentielle, elles se rencontrent dans l'intelligence sous une double forme, sous la forme de perceptions spontanées de l'intelligence intuitive, de concepts en quelque sorte instinctifs, mais aussi quelque peu confus, ou bien à l'état de connaissance analysée et savante, d'idées critiquées, justifiées, coordonnées de faron à former un système de philosophie'. Ce sont les notions du sens commun intellectuel à leur état primitif et par conséquent avec leur signilication universelle et permanente, et non point ces mêmes notions systématisées par la réllexion philosophi(|ue, qui sont visées et imposées par les déli nitiuns dogmatiques^.

* Toutes les métaphysiques possibles n'ont même qu'un seul but, analyser, criti<iuer et organiser ces notions primilives. Cet essai de prise de pos!*t*ssion rétlexe des idées spontanées de l'intrlligence al)outit njalheurensenient trop souvent à leur négation ou à leur corruption. La raison raisonnante déforme l'œuvre de la raison et de la philosophie naturelles.

• « Quelque théoriques et scolastiques que soient les considérants qui ont présidé au choi.x de certaines e.xpressions techniques du dogme, quelque indispensable qu'ait été ce sens propre de la catégorie (de l'idée générale philosophiquement précisée) à la stigmatisation de l'erreur précise en vue, rappelons-

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149. Mais alors que peuvent bien nous dire de rincréé ces notions du sens commun déjà confuses et inadéquates à la représentation totale de la réalité créée dont elles sont Urées? Ne sont-elles pas d'arbitraires symboles, sans plus de correspondance objective avec linfini que n'en ont les signes algébriques avec les réalités dont ils sont les représentations conventionnelles, symboles valables pour ceux dont ils peuvent nourrir le sentiment religieux, mais qu'on ne saurait im[)Oser comme immuables, sans leur prêter une valeur intellectuelle positive, incompatible avec l'ineflable mystère que tout penseur adore dans l'Absolu et que nul concept ou nul mot humain ne saurait délinir sans le dégrader ?

Il en est des formules dogmatiques comme des

nous que nos affirmations portent sur des choses, non sur des mots, (|ue la même réalité, jusliliée dans la systématisation philosopliiiiue, est déjà visée dans la notion fournie spontanément par le sens commun intellectuel ; et, dés lors, jie faisons pas de (liflicullé de reconnaître que l'intelligence «.ommune suftit à rendre compte du sens que l'Église, assistée du Saint-Esprit, attache à ses définitions.

« Donc, pas de dépendance du dogme vis-à-vi8 des systématisations analysées d'une philosophie, fût-ce même ... la philosophie de lêtre, qui est cependant la philosojihie officiellement adoptée pour sa théologie (pas ])our son dogme), par l'Église, de tout temps, et surtout aujourd'hui. La notion philosophique n'est incorporée au dogme qu'en l'état où elle est nécessaire pour dénoncer la réalité divine visée par la définition. Or il suffit pour cela quelle se trouve dans le sens commun intellectuel, tt 1 état sporadique, sans lien déclaré explicitement avec lu syislémalis.ition du réel qui li justifie. San» doute ce lien existe en soi : il y a continuité, pour une analyse rigoureuse, entre les notions du sens ronuiuin intellectuel et la pliihjsophie Uuujaiue de 1 Lire, tl ce sera assez pour lej^ilimer, au premier

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affirmations de la t'^éodicée rationnelle, les unes et les autres ont valeur d'analogies, elles n'ont que cela, maisellesonicela. EUesneprétendentnulIenienlrf^'/^ner le divin, l'enserrer dans les contours nettement arrêtés d'une idée claire et distincte el appliquer tels quels nos concepts à Dieu avec les limiles inhérentes à leur origine, mais seulement nous indiquer quelles sont, parmi nos idées créées, celles qui ont un rapport de similitude éloignée avec la réalité incréée.

Quand je dis: Dieu esl,je sais bien que l'existence ainsi attribuée à Dieu n'est pas celle des créatures, qu'elle est suréminentc et re^îte mystérieuse pour mon intelligence. Mais j'affirme que l'être divin, pour dissemblable qu'il soit par son infinité de tout être fini, n'en garde pas moins un certain rapport, une analogie, avec l'être créé dont il est le principe premier, ana-

chef, la philosophie qui s'efforcera de manifester cette continuité, pour la déclarer philosophie traditionnelle et de l'Église. Mais ce n'est pas assez pour imposer à la foi obligée du fidèle cette construction savante, si vraie qu'elle soit, tant en elleraéinc que par les concordances multiides qu'elle garde avec le dogme que, seule, elle harmonise d'un bout à l'autre rationnellement. Non, nous ne demandons pas à celui qui veut se convertir une double conversion : la première au catholicisme, la seconde à la scolastiquc. Que ceux qui l'ont appréhendé se rassurent. Peut-être la demanderions-nous, cette double conversion, à celui q'ii voudrait devenir non seulement un simple fidèle, mais un authentique théologien. Mais catholique fidèle et théologien catholique authentique font deux !» R. P. Gardeil, 0. P., Le dogme révélé et la théologie^ m, Le dogme, p. 112-113. On trouvera dans ce volume une étude technique et approfondie des questions que nous ne faisons qu'efUeurer ici. On lira aussi, avec avantage, sur ces mêmes questions, l'étude du M. P. (larrigou- Lngrango, 0. P., le sens commun^ la philosojihie de l'êlre el let fvriiiules dogmatiques.

log'e suffisante pour que la proposition : Dieu est, ne soi\ pas sans signification déterminée, exclusive de sa contradictoire : Dieu n'est pas'.

Ainsi en est-il des propositions dogmatiques. Elles ne sont vraies qu'avec les corrections que leur adjoignent la négation du mode fini de nos concepts et le sentiment de la mystérieuse suréminence qui est la condition de leur réalisation dans l'Absolu ; mais ces corrections, qui préviennent tout anthropomorphisme déplacé, ne réduisent pas à néant leur valeur d'affirmation intellectuelle. L'analogie de nos idées dogmatiques avec la réalité divine n'est plus, il est vrai, fondée, comme celle de nos propositions de théodicée rationnelle, sur le principe de causalité, mais elle a une garantie plus sûre encore, l'enseignement inème de Dieu qui, « se connaissant lui-même en pleine lumière, nous affirme que le mystère de sa vie intérieure est rendu avec vérité, dans la mesure où il a jugé bon de nous le trahir, par les énoncés révélés et les formules du dogme ». -M

Soit le dogme de la Trinité. « Trinité implique l'idée d'une unité permanente, assurée, foncière et intime entre trois choses » et par là s'oppose à triplicité « qui signifie la simple juxtaposition de trois termes sans unité foncière et naturelle », sans autre lien qu'une similitude d'être ou d'aspirations. L'unité foncière de trois termes distincts, voilà la perfection (jue nous sommes invités à concevoir en Dieu. Mais les trinités de ce monde ne peuvent être qu'accidentelles, soit qu'il s'agisse d'une trinité d'accidents dans une seule substance, ou d'une trinité de substances

* Cf. I" i»'irtje, c. IV, n. 14.

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unies par un lien accidentel si profond et si intime qu'il soit. Or en Dieu pas d'accident. Nous devons donc nier, de la Trinité divine, le mode fini des trinités créées et nous élever ainsi à l'affirmation d'un mode transcendantal et suréminent de réalisation de l'unité et du nombre dans l'Infini. Nous n'en voyons plus le comment, c'est vrai, notre idée de la Trinité divine ne sera jamais claire et distincte, nous saurons bien qu'elle exclut nettement tel ou tel concept philosophique, mais nous ne pourrons jamais formuler adéquatement son contenu positif, c'est encore vrai; et cependant cette idée obscure et confuse ne sera pas sans utilité. Elle é(juivau(lra aux concepts les plus clairs ou mt^me les dépassera en efficacité pratique, car elle conditionnera la connaissance des mystères d'amour si vivants et si pratiques que sont l'Incarnation et la Rédemption*. Mais la Rédemption ellemême n'est-elle pas un autre scandale pour la raison? C'est de ce nouveau mystère qu'il nous faut maintenant parler.

* Nous avons résumé trop brièvement et parfois cilé dans ces quelques lignes les dernières pages de la belle étude du 1*. Tiardeil, 0. P., sur La relativité métaphysique du dogme. — Op. cit., p. 137 sq.

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