CHAPITRE VII L'ÉGLISE ET LES SECTES PRIMITIVES
60. Le péril des sectes primitives, — 61. La loi de sai,ut. — 62. Vêpiscopat nécessaire à V Église. — 63. Nécessité d'une autorité centrale pour toute V Église. — 64. La primauté romaine. Le témoignage de saint Clément. — 65. Le témoignage de saint Ignace d' Antioche. — 66. Le témoignage des faits. — 67. Saint Victor et la controverse pascale. — 68. L'exercice de la primauté restreint en fait. — 69. Le « véritable miracle du christianisme naissant » d'après Renan.
60. En même temps qu'elle luttait victorieusement contre l'empire païen, l'Église catholique devait lutter aussi, et dès les premiers jours, pour sauvegarder son unité et la doctrine qu'elle avait mission d'enseigner à toutes les nations. Saint Paul ne s'étonne pas qu'il y ait des divisions à Corinthe, il sait qu'il doit y avoir des sectes pour l'épreuve des bons (I Cor., xi, 19). L'Évangile est un ferment (Matth., xm, 33, 34); les vérités mystérieuses par lui annoncées appellent la spéculation théologique, qui facilement s'égare en constructions arbitraires ou même ruineuses des données évangéliques, quand l'humilité d'esprit et la pureté de cœur n'ont point totalement livré au Seigneur l'âme du théologien. Le danger n'est pas moindre du côté des mystiques exaltés qui prennent pour la voix de l'Esprit, les suggestions de leur sensibilité maladive des rigoristes qui ne veulent connaître que la sainteté de Apol. — 9
Dieu sans rien savoir de sa miséricorde, des indépendants de. toute sorte qui n'ont accepté un moment le joug de l'Évangile, que pour s'insurger bien vite contre toute loi dogmatique et disciplinaire qui les contrarie.
On le vit bien dès le temps même de la prédication apostolique. Ce n'est pas seulement contre les tenants des observances judaïques, que saint Paul doit protester, c'est encore contre les théoriciens qui, sous prétexte de compléter son enseignement, le corrompent (Col., n). Les Épîtres pastorales désignent par leura noms (I Tim., i, 20; II Tim., n, 18) quelques-uns des loups ravisseurs que l'Apôtre annonçait aux évêques d'Asie dans sa dernière visite à Éphèse (Act., xx, 29), et nous donnent quelques renseignements sur leurs erreurs. Le souci de défendre les fidèles contre les faux docteurs se retrouve dans les lettres aux sept églises de l'Apocalypse, et devient la grosse préoccupation des Épîtres johanniques, de la IIe de saint Pierre et de celle de saint Jude. Les faux docteurs trouvèrent de nombreux disciples. Multiples furent les sectes que fit surgir la fermentation des esprits remués par le levain de la parole évangélique; les plus nombreuses, désignées sous le nom général de gnosticisme, se rattachent aux abus de la spéculation philosophico-religieuse, mais bien dangereuses aussi pour l'Évangile furent celles que groupèrent l'opposition de Marcion à l'Ancien Testament, l'illuminisme de Montan, le rigorisme des encratites et de Tatien, celui de Novatien, etc..
61. Celse se moquait fort des divisions que semblaient mettre au sein de l'Église les différentes sectes qui se réclamaient du Christ K Les divisions n'étaient
1 Origène, Contra Ctlsum, 1. V, n. 63, P. G., t. xi, coi. 1284.
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point dans l'Église> elles étaient à côté. Dans sa réponse à l'objection du philosophe, Origène rappelle la loi de salut dont l'intransigeance fait la force et l'unité du catholicisme : « Après une première et une seconde correction, évite l'homme hérétique » (Tit., m, 10). Nous l'avons déjà vu l, il y avait une règle de foi. La doctrine des Épîtres pastorales sur le devoir des évoques relativement à la conservation du dépôt de la foi (I Tim., vi, 20) n'est pas une nouveauté, elle vient des apôtres eux-mêmes. Si ces Épîtres en font plus souvent mention 2, c'est que la nécessité de son application se fait davantage sentir. Il n'est pas vrai que l'éclosion des rêves de la gnose ait déterminé la constitution d'une règle de foi et d'une hiérarchie inconnues aux premiers jours, mais il est bien vrai que la multiplication des faux docteurs a dû amener un rappel plus fréquent de cette règle de foi, une intervention plus énergique de l'autorité, et des rapports plus intimes et plus suivis entre les diverses communautés.
62. Qu'était cette autorité? partout épiscopat monarchique comme à Jérusalem? ou, par endroits, collège de prêtres évêques avec un président? Question de théologie ou d'histoire. Il suffît à l'apologiste qu'il y ait eu autorité; et c'est un fait indéniable. Saint Paul avait institué des presbytres ou évêques à Corinthe comme ailleurs. On ne peut le nier en arguant du silence de ses lettres, car trente ans après sa mort, saint Clément de Rome s'autorise de cette institution bien connue des Corinthiens, pour leur demander la soumission aux
i Ch. m, n. 35.
» I Tim., i, 3-8, 18-20; iv, 1-7, 16; vi, 3-5, 11, 20-21; II Tim., il, 1, 2, 14-18; ni, 1-10, 14-17; iv, 1-5; Tit., i, 9-16; lï, 1; in, 10.
presbytres, dépositaires légitimes de l'autorité conférée par les Apôtres 1. Que les premières communautés chrétiennes « eussent un seul évêque à leur tête ou qu'elles en eussent plusieurs, l'épiscopat recueillait la succession apostolique. Que, par les apôtres qui l'avaient instituée, cette hiérarchie remontât aux origines mêmes de l'Église et tirât ses pouvoirs de ceux à qui Jésus-Christ avait confié son œuvre, c'est ce qui n'est pas moins clair 2. »
Ce fut cet épiscopat. qui sauva le christianisme de la ruine inévitable à laquelle semblait le condamner la discussion des redoutables problèmes soulevés, dans les esprits curieux, par les doctrines évangéliques, autant que le nombre croissant de ses adhérents, dont beaucoup n'étaient pas des saints. Sur ce point tout le monde est d'accord. « Il est incontestable, écrit M. Renan, que, sans l'épiscopat, les Églises réunies un moment par le souvenir de Jésus se fussent dispersées, les divergences de doctrine, la différence du tour d'imagination, et par-dessus tout les rivalités, les amourspropres non satisfaits, eussent opéré à l'infini leurs effets de désunion et d'émiettement. Le christianisme eût fini au bout de trois ou quatre cents ans, comme le mithriacisme et tant d'autres sectes à qui il n'a pas été donné de vaincre à temps 3. »
M. Harnack, tout en regrettant ce qui pour lui est une corruption de l'essence du christianisme, fait sienne
I Épître de saint Clément aux Corinthiens, C. I, 42-44, P. G., t. i, col. 208, 292, 297.
* Duchesne, Histoire ancienne de V Église, c. vu, t. i, p. 90. La question de l'origine de l'épiscopat est aussi brièvement qu'excellemment traitée dans ce chapitre.
* V Église chrétienne, c. vi, p. 91-92.
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la parole bien connue de Renan : « La médiocrité fonda l'autorité, » et doit avouer que, « l'enthousiasme originel » ayant disparu selon la loi générale de l'histoire de toutes les religions connues, le christianisme eut besoin de lois et de hiérarchie pour se défendre contre le gnosticisme 1. Et M. Guignebert ne fait que reprendre les pensées de Renan et de Harnack quand il écrit : « La communauté chrétienne n'a pas tardé à être encombrée d'hommes médiocres, sans élan, sans vigueur religieuse, incapables de s'attacher à une foi qui n'est pas garantie par une autorité; elle a été aussi envahie par des hommes d'esprit tumultueux qui ont troublé la pacifique anarchie des premiers jours. Si l'Église n'était pas née alors, le christianisme n'aurait pas vécu 2. »
Nous ne sommes pas surpris que des incroyants aient reconnu la nécessité de la règle de foi et de la hiérarchie pour la vie du christianisme; ce n'est pas seulement une vérité d'enseignement catholique, c'est une vérité de sens commun. Une religion n'est pas faite exclusivement pour un petit nombre d'âmes supérieures, elle est faite aussi pour la masse des hommes et doit répondre aux besoins du grand nombre de ceux que les nécessités du labeur quotidien ou les limites trop ordinaires de la nature condamnent à l'inévitable médiocrité de l'instruction ou à celle du sentiment. Bien plus, les âmes supérieures ont pour la vie chrétienne, autant besoin de règle que les âmes communes, peut-être davantage. Plus l'esprit est puissant, plus le cœur es\, ardent, plus nécessaire est la règle qui doit prévenir les inévitables écarts de l'inse
1 Essence du christianisme, 11e conférence, 1 Hist. anc. du christ., p. 232.
tiable curiosité et de l'impétueux enthousiasme que soulèvent les mystères de la vérité évangélique et ses appels à la perfection. Les Valentin, les Marcion, les Tatien, les Montan, les Tertullien n'étaient pas des âmes communes. Sans règle de foi et sans hiérarchie, le christianisme, avec sa doctrine, si élémentaire qu'on la suppose, sur des réalités inaccessibles au contrôle de l'expérience, ne peut avoir meilleur sort que les plus brillants systèmes philosophiques; il est irrémédiablement condamné aux avatars indéfinis des multiples sectes protestantes. Le chrétien, qui rejette toute autorité dogmatique, court grand risque de ne pas même garder cette connaissance du Père, que M. Harnack voudrait sauver du naufrage des croyances de ses coreligionnaires. Après avoir nié la divinité du Christ, îi cessera bien vite d'être son disciple et ne verra plus dans le christianisme qu'un phénomène historique assurément fort curieux, mais où il ne trouvera plus nul aliment de vie.
Le christianisme ne pouvait donc être sauvé que par l'épiscopat ; mais l'épiscopat ne l'a sauvé que par l'union et cette union n'a pu se maintenir que parle secours surnaturel de l'Homme-Dieu qui l'a voulue.
L'autorité de l'évêque isolé eût été impuissante à protéger la foi de ses fidèles contre les corruptions de la gnose, si le faux docteur qu'il condamnait avait pu trouver accueil et appui dans la communauté voisine. Elle eût été fatale pour le christianisme qu'elle devait défendre, si elle avait mis le dépôt de la doctrine à la merci du jugement d'un homme qui pouvait être séduit par l'erreur, comme on le vit maintes fois. Il fallait donc de toute nécessité qu'il y eût non seulement des évêques, mais un épiscopat, un corps d'évê-
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ques donnant un seul et même enseignement, unis dans une seule et même communion de charité, dans une seule et même « agape » comme on disait alors, et capable d'éliminer, d'excommunier, d'une excommunication valable pour toute la chrétienté, les frères dont l'enseignement était faux et dangereux, fussent-ils évêques.
63. Mais pour maintenir en un seul corps, en Église catholique, les nombreuses chrétientés dispersées qui allaient se multipliant, depuis la Cappadoce et la Bithynie jusqu'en Espagne, ce n'était pas assez des collections d'écrits apostoliques que se communiquaient les Églises, des lettres qu'échangeaient les communautés voisines, il fallait un centre où se consommât l'union des groupements régionaux. Au début, TÉglise-Mère de Jérusalem et les- Apôtres avaient été ce centre. La guerre de Judée et la ruine de la ville déicide prévinrent toute opposition à la translation d'influence qui se fit au profit de Rome. Saint Pierre, le chef incontesté du collège apostolique, saint Paul, le fondateur de si nombreuses chrétientés orientales, subirent le martyre à Rome. Ce ne fut pa? sans un dessein providentiel. La capitale de l'empire, centre où convergeaient toutes les routes de terre et de mer, était mieux désignée que n'importe quelle autre ville pour être aussi la capitale ecclésiastique où aboutiraient et seraient jugés en dernier ressort les conflits qui pouvaient compromettre l'unité catholique; elle le fut. L'Église où Pierre présidait au moment de son martyre hérita de son autorité.
64. Le plus ancien écrit chrétien que nous ayons en dehors de ceux du Nouveau Testament nous montre cette autorité en exercice. Les Corinthiens n'avaient pas demandé le rappel à l'ordre que l'Église romaine
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Jeur envoya vers 97 ; ils Tont néanmoins si bien accepté qu'ils ont mis cette lettre au nombre des livres qui se lisaient avec les saintes Écritures, dans les assemblées du dimanche K Le ton en était cependant singulièrement autoritaire quoique très paternel : « Que ceux qui n'accepteraient point ce que Jésus dit par notre bouche sachent qu'ils pécheraient et s'exposeraient à un grave péril ; qous serons du moins innocents de cette faute et continuerons à prier Dieu de conserver dans le monde le nombre de ses élus 2. »
65. Dix ans après, nous avons le témoignage d'Ignace, le saint évêque d'Ântioche, martyrisé à Rome sous Trajan, vers 107. Les Épîtres qu'il nous a laissées ont eu un tel succès dans l'Eglise primitive, qu'elles ont provoqué l'éclosion de toute une littérature apocryphe,
1 Voici ce que pense M. Loisy de cette lettres L'Épttre de ?aint Clément aux Corinthiens est écrite au nom de l'Église romaine, et la personnalité du rédacteur ne se montre pas; néanmoins la lettre a été reçue et gardée comme Épître de Clément, qui en était l'auteur responsable et l'organe officiel de la communauté. Cette même Épître fait voir que l'Église romaine s'intéressait à la vie intérieure des chrétientés éloignées et se croyait le droit d'y intervenir avec autorité. Paul n'aurait pasparléaux Corinthiens divisés avec plus de force que Clément, bien que ce soit encore la communauté héritière de la tradition apostolique, non le successeur personnel de Pie*rre, qui semble avoir la parole. Cette distinction est accessoire, car le sentiment de l'autorité reste identique chez Clément qui parle au nom de l'Église dont il est le mandataire autant que le président, et chez Victor, chez Callixte, chez Etienne, qui parlent (plus tard) en leur nom propre et comme tenant la place de l'apôtre Pierre. » V Évangile et V Église, p. 143.
1 Ce texte appartient à la finale qui manque dans l'édition de Migne, on le trouvera dans l'édition critique des Pères apostoliques de Gebhart et Harnack, lix, 1 (Patrum apostolicorum opéra, éd. II», Leipzig, 1876, fasc. 1"*, pars 1» .)
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qui, se couvrant du nom d'Ignace, a failli compromettre l'autorité des vraies lettres. L'intégrité et l'authenticité des sept premières ne sont plus aujourd'hui contestées. Leur langage met de fort mauvaise humeur ceux qui aimeraient à voir l'obscurité couvrir plus longtemps l'organisation de la hiérarchie, car pour maintenir l'hypothèse de l'anarchie primitive, il leur faut supposer un changement à fond, d'une invraisemblable rapidité, dans le régime des communautés. C'est qu'Ignace, nous dit M. Guignebert, « est un épiscopaliste forcené1. » M. Wernle résume ainsi sa doctrine: « Jamais personne n'a parlé d'une façon plus extravagante de l'importance ecclésiastique de l'évêque, qu'Ignace : Où est le pasteur, suivez-le comme des brebis (Aux Philadelphiens, n, 1). Où paraît l'évêque, doit être la communauté, comme là où est Jésus-Christ est l'Église catholique (Aux Smyrniotes, vin, 2). Point d'Église séparée de l'évêque, des prêtres et des diacres (Aux Tralliens, ni, 1). Tous ceux qui appartiennent à Jésus- Christ sont en relations avec l'évêque (Aux Philadelphiens, m, 2). La conséquence pratique de cette apothéose est le précepte qui est uniformément répandu à travers toutes les lettres : Ne faites rien sans l'évêque 2. Celui qui fait quelque chose sans l'évêque sert le diable. ... Une seule chair du Christ, un calice, un autel, et aussi un évêque avec le presbyterium et les diacres (Aux Philadelphiens, iv). Ainsi, conclut M. Wernle en une boutade dépitée, ainsi parle le premier calotin 3. » Le pire est que ces lettres, écrites soixante-dix ans aprè3
1 Hist. ane. du christ., C. xin, p. 513.
2 Aux Magnésieus, vu, 1; Aux Tralliens, H, 2 ; Aux PhiladeU phiens, vu, 2 ; Aux Smyrniotes, VIII, 1.
• Die An fange unserer Religion, 2 e éd., p. 427. Nousempruutoï.\
la mort du Christ, supposent que Tépiscopat monarchique est une institution, non pas nouvelle, mais déjà ancienne. La doctrine d'Ignace, qui paraît si extravagante à M. Wernle, répondait si bien au sentiment des Églises d'alors, que ses lettres ont eu un succès com parable à celui des écrits apostoliques.
Mais le saint martyr ne rend pas seulement témoignage au rôle de l'évêque dans l'Église qui, sous sa plume, est pour la première fois appelée catholique, et aux relations intimes et fréquentes des Églises d'une même région 1; il nous dit aussi la primauté de Rome. Il salue l'Église « qui préside au pays des Romains... » , qui préside à l'agape, wpoxaer.iiivr, tt,ç àyàiwiç 2. Que signifient ces paroles? En cette même lettre et en d'autres encore, Ignace transmet le salut des agapes, c'està-dire des fraternités locales : « L'agape des Smyrniotes et des Éphésiens vous salue... Mon esprit et l'agape des Églises qui m'ont reçu, vous saluent... L'agape des frères de Troas vous salue 3. » N'est-ce point à l'agape sans détermination, à toute la fraternité chrétienne, au lien concret de son union que l'Église romaine préside ? Le mot agape veut dire aussi charité ; mais présider à la charité, ce n'est pas seulement y exceller, c'est en promouvoir la pratique en assurant l'unité vivante du corps dont on est la tête. C'est
cette citation à l'excellent article de M. Labourt, La notion catholique de F Église, dans la Revue pratique d'apologétique, 1er janvier
1 Aux Philaâelphiens, xi ; Aux Smyrniotes, xi, 2; A Polycarpe vu, 2, P. G., t. v, col. 705, 716, 725.
8 Adresse de la lettre aux Romains, P. G., t. v, col. 685.
8 Aux Tralliens, xm,l\ Aux Romains, ix, 3; Aux Phiiadelphiens, xi, 2; Aux Smyrniotes, xn, 1, P. G., t. v, col. 684, 696, 705, 717.
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encore de Rome que vient l'enseignement, c'est là qu'on est sûr de trouver la foi dans sa pureté.: « Vous n'avez jamais trompé personne, vous avez enseigné les autres. Je veux moi, que tout ce que vous prescrivez par votre enseignement demeure incontesté 1. »
66. Si nous avons insisté sur ces deux témoignages de Clément et d'Ignace, c'est parce qu'ils sont les plus anciens après ceux de l'Évangile, mais ils ne sont pas les plus explicites. A mesure que le temps passe et que l'Église grandit, le principe d'autorité suprême, posé par Notre-Seigneur, enseigné par les Évangiles, attesté par les premiers écrits chrétiens, va s'affirmant davantage par des applications plus nombreuses et plus fermes, qui en acheminent l'exercice vers la forme que nous lui voyons aujourd'hui. Nous ne faisons que signaler brièvement celles de ces affirmations qu'a enregistrées l'histoire.
C'est l'autorité de leur origine romaine, qui assure à la lettre de Clément et au Pasteur d'Hermas, les honneurs de la lecture à l'église, à l'exclusion de tout autre écrit non apostolique. C'est de Rome, que se répand dans toutes les Églises, du moins dans celles d'Occident 2, le formulaire de foi qu'on doit ré-
1 Aux Romains, ni, î, P. G., t. v, col. 688. Sur le commentaire de ce témoignage on consultera très utilement Duchesne, Églises séparées, c. iv, V Église romaine avant Constantin, p. 127 sq. etc. ; Tixeront, La théologie anténicéenne, c. ni, p. 142.
2 Le protestant Kattenbusch, continuateur des études spéciales du Suédois Caspari, soutient que le symbole romain fait aussi le fond des formules orientales primitives. Beitràge zur Geschichte des altkirchlichen Taufsymbols, Giessen, 1892. Bardenhewer ne pense pas qu'on puisse, pour le moment, se prononcersur cette question. Geschichte der Altkirchlichen Litteratur, Fribourg-en-Brîsgau,1902, t. I, p. 72.
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citer avant le baptême, le Symbole des Apôtres, auquel on fait ensuite, même à Rome, quelques additions,mais dont le fond reste partout le même. Les notabilités des divers pays de la chrétienté, saint Justin de la Palestine grecque, Hégésippe x de la Palestine syriaque, Tatien de l'Assyrie, Abercius Marcellus de Phrygie, saint Polycarpe de Smyrne, Origène d'Alexandrie tiennent à visiter l'Église romaine, pour se rendre compte de son enseignement et de sa di cipline 2. Les hérétiques Marcion, Valentin 3 , Montan 4 cherchent à s'en faire autoriser 5. Irénée ne fait qu'exprimer l'opinion commune et le témoignage qui se dégage de ces faits, quand il écrit vers 180 que l'enseignement de l'Église de Rome « grande et ancien-
1 Le voyage d'Hégésippe est particulièrement intéressant, car il nous montre un judéo-chrétien de Palestine visitant, vers 160, nombre d'Églises méditerranéennes, vivant vingt ans à Pome, s'enquérant partout de la doctrine qu'il défend contre les hérétiques et se trouvant d'accord avec tous les évêques qu'il visite. Eusèbe, Hist. eccl., IV, 22, P. G., t. xx, col. 377.
* Duchesne, Églises séparées, p. 136; Renan, Marc-Aurèle, p. 71. s Eusèbe, Hist. eccl., IV, 10, 11, P. G., t. xx.col. 328, 329.
* Tertullien, Adversus Praxeam, i, P. L., t. n, col, 178.
5 t Rome est le but de la plupart des chrétiens que nous connaissons comme voyageurs, » écrit M. Harnack.et il cite à l'appui de son dire plus de vingt-cinq noms de notabilités chrétiennes des ne et ine siècles, venues de fort loin pour visiter la communauté romaine. Puis, après avoir énuméré les lettres des pontifes romains aux Églises lointaines il conclut:* En fait, jusqu'au temps de Constantin et, en tout cas, jusque vers le milieu du ine siècle, les tendances centripètes ont été plus fortes que les tendances centrifuges. Mais Rome était le centre de ces tendances. La communauté romaine Hait la catholique; elle n'était pas seulement le symbole et la personnification {die Reprsesentantin) de l'unité ; mais c'est à elle avant tout, qu'on doit l'unité {ihr vor allem verdankt man die Einheit), • Die Mission und Ausbreitung, p. 269-272,
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ne entre toutes, connue de tous, fondée à Rome par les deux glorieux apôtres Pierre et Paul... suffit à confondre ceux qui sont ... en dehors de la vérité » et que toute Église demeurée apostolique est nécessairement d'accord avec celle que distingue une autorité suréminente 1.
67. Nous avons un vivant commentaire de ces paroles d'Irénée dans l'histoire de la controverse pascale, h laquelle il prit part vers 196. L'Église romaine célébrait la Pâque le dimanche qui suit le 14 nisan, les Églises asiates d'Éphèse et des environs 2 la fêtaient avec les Juifs, le jour même du 14. Ce désaccord liturgique, d'abord toléré, parut dangereux au pape Victor, à raison des interprétations judaïsantes hérétiques, auxquelles il donnait lieu de la part de certains asiates établis à Rome 3. Victor, avant donc fait réunir des
1 Q'xoniam valde îongum est... omnium Ecclesiarum enumerare successiones, maximse et antiquissimse et omnibus cognitde,a gloriosissimis duobus apostolis Petro et Paulo Romœ fundatse et constitutae Ecclesiee, eam quam hobet ab apostolis Traditionem et annuntiatam hominibus fidem, per successiones episcoporum pervenientem usque ad nos indicantes, confundimus omnes eos, qui quoquo modo, vél per sibi placentia, vel çanam gloriam, vel per csecitatem et malam sententiam, prœterquam oportet colligunt. Ad hanc enim Ecclesiam propter potiorem principalitatem necesse est omnem convenire Ecclesiam, hoc est, eos qui sunt undique fidèles, in qua semper ab his, qui sunt undique conservata est ea quse est ab apostolis Traditio. Contra hsrre- C*s, 1. III, c. m, 2, P. G., t. vu, col. 848.
* La province d'Asie, au temps d'Eusèbe, était réduite à une étroite bande de terre le long de la mer Egée. Duchesne, La question 4e la Pâque au Concile de Nicée, dans la Revue des questions his toriques, juillet 1880, p. 39.
8 Le Blastus schismatique de Rome, auquel écrit Irénée (Eusèbe v, 20, P. G., t. xx, col. 434), paraît bien être unquarto-déciman identique au Blastus judaïsant que signale Tertullien, De Pray scriptionibus, c. lui, P. L., t. n, col. 91.
assemblées d'évêques dans les diverses provinces de la chrétienté et reçu avis que partout, sauf dans la province d'Asie, on suivait l'usage romain, voulut l'imposer aux asiates. Ceux-ci s'obstinant à garder un usage qu'ils avaient reçu de saint Jean, il écrivit qu'on devait les tenir pour excommuniés (àxotvwvTjrouç). Saint Irénée prit chaleureusement la défense des Églises de son pays natal, et exhorta comme il convenait (xpatnp le pape à ne pas séparer de l'unité catholique des ÉgUses entières, par ai Heurs fidèles, à cause de leur attachement à un usage de si vénérable origine et toléré par ses prédécesseurs. Sur les soilicitati ons d'Irènée, beaucoup d'évêques joignirent leurs protestations aux siennes *. Eusèbe ne nous dit pas la sui te de l'affaire ; il est très probable que Victor obtempéra à ces remontrances, mais nous savons aussi que, dans les années qui suivirent, les évêques asiates renoncèrent à leur usage 2,
1 Eusèbe, Hist. eccl., V, 23, 2^, P. G., t xx, col. 493-507.
8 C'était fait avant 276. Une lettre de saint Anatole constate à cette date l'accord des Églises d'Asie avec les autres Églises sur la célébration de Pâques. Tillemont, Mémoires pour servir à Phistoire ecclésiastique des six premiers siècles , t. ni, Saint Victor, p. 109, 110. La question de la Pftque dont eut à s'occuper le concile de Nicée portait sur un autre point et concernait d'autres pays, la Syrie et la Mésopotamie. Il ne s'agissait plus de savoir si on célébrerait la Pâque le dimanche ou le jour d'incidence du 14 nisan, mais d'abandonner complètement le comput juif, qui, en raison de son année lunaire, avait le 14 nisan tantôt avant, tantôt après l'équinoxe, pour suivre le comput plus rationnel de Home et d'Alexandrie qui, sans plus s'inquiéter du nisan juif, prenait comme lune pascale, celle qui suit immédiatement l'équinoxe et évitait ainsi d'avoir parfois deux fêtes de Pâques d'un équinoxe à l'autre. Duchesne, art. cit. ; Hefele, Hist. d.s conciles, trad. Leclercq, t. i, p. 450 sq.
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Si le fait que nous venons de rapporter consacre le droit qu'ont toujours les évêques,d'aar«sser des observations aussi pressantes que respectueuses au Souverain Pontife, au sujet des mesures disciplinaires qui leur paraissent trop rigoureuses, il nous dit en même temps l'autorité du pape, qui convoque tous les évêque3 en synodes provinciaux, ayant conscience « qu'il est en son pouvoir, non seulement d'interrompre ses relations avec un groupe ecclésiastique, mais de mettre ce groupe au ban de l'Église entière. Comment veut-on que nous parlions, si l'on nous interdit de désigner par le nom de chef de l'Église le dépositaire d'une pareille autorité 1 ? » D'ailleurs, la seule initiative de convoquer partout des synodes provinciaux, « initiative suivie d'effet, suffirait à montrer combien était évidente, en ces temps anciens,la situation exceptionnelle, l'autorité œcuménique de l'Église romaine 2. » Renan n'a pas tort de reconnaître dans ce fait, une preuve « que la papauté était déjà née et bien née 3. »
68. Cependant n'exagérons rien. L'autorité de l'Église romaine « était plus sentie que définie; sentie d'abord par les romains eux-mêmes qui, depuis saint Clément, n'hésitèrent jamais sur leurs devoirs envers l'ensemble de la chrétienté; sentie aussi par les autres, pour autant que cette impression n'était pas contrariée par quelque préoccupation de circonstance. Dans l'exercice de son autorité morale, exercice que nul ne pouvait avoir déterminé, l'Eglise romaine était amenée tantôt à favoriser les gens, tantôt à les contrarier. Tant qu'elle ne les contrariait pas, ils ne trouvaient pas
1 Duchesne, Églises séparées, c. iv, p. 143.
a Ibid.
• Marc-Aurèle, c. xn, p. 201.
d'expressions assez fortes pour traduire renthou3iasme, le respect qu'elle leur inspirait, l'obéissance même à laquelle ils se croyaient tenus envers elle. En cas de conflit... les prérogatives du siège de Pierre perdaient un peu de leur évidence 1. » C'est ainsi que saint Cyprien, qui, dans ses lettres au pape Cornélius, célébrait la chaire de saint Pierre. «l'Église principale, d'où procède l'unité sacerdotale, » où la foi ne peut se laisser surprendre par l'erreur 2, et qui reprochait assez durement au pape Etienne de ne pas user de son autorité sur les évêques des Gaules pour déposer l'évêque d'Arles et en faire mettre un autre à sa place 3, faisait en plein concile de Carthage, au plus fort de la querelle baptismale avec Rome, cette singulière déclaration: « Tout évêque dans la plénitude de sa liberté et de son autorité, conserve le droit de penser par lui-même; il n'est pas plus justiciable d'un autre que qualifié pour juger les autres 4. »
« Mais, dans le cours ordinaire des choses, la grande communauté chrétienne de la métropole du monde, fondée à l'origine même de l'Église, consacrée par le séjour et le martyre des apôtres Pierre et Paul, conservait son antique situation de centre commun du chris-
I Duchesne, Hist. anc. de V Église, c. xxvi, t. i, p. 537.
* Ep. XII ad Cornelium, n. 14, P. L., t. ni, col. 844-847.
* Dirigantur in Provinciam et ad plebem Arelate consistentem a te litterse, quibus abstento T.larciano, alixis in locum ejus substituatur, et grex Christi, qui in hodiernum ab ilio dissipatus et vulneratus contemnitur, volligatur. Ep. ad Stephanum, P. L.,t. m, col. 1028, 1029. Multiples sont les témoignages de saint Cyprien proclamant l'unité de l'Église fondée sur Pierre. La seule table de ces témoignages remplit plus d'une grande colonne de l'édition Migne. P. L., t. m, col. 1328, 1329.
i VIIe concile de Carthage, P. L.. t. m, col. 1092.
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tianisme, et, si l'on peut s'exprimer ainsi, de siège social de l'Évangile... Son œil s'ouvrait sur les querelles doctrinales qui agitaient les autres pays. Elle savait demander compte à Origène des excentricités de son exégèse 1 et rappeler à l'orthodoxie le puissant primat d'Egypte 2. Sa situation était tellement claire que les païens en avaient pleine conscience. Entre deux prétendants au siège d'Antioche, Aurélien 3 voit de suite que le bon, c'est celui que légitime la communion de l'évêque de Rome 4. »
Toutes ces réflexions, prises à Mgr Duchesne, montrent qu'il n'est pas moins affirmatif que Renan sur l'existence de la primauté romaine aux premiers siècles. Pour ne pas le mettre en contradiction avec luimême, il faut donc bien entendre le jugement, très souvent cité, qu'il porte sur l'autorité pontificale à la fin du ive siècle : « Il n'y avait pas là un pouvoir directeur, une expression efficace de l'unité chrétienne. La papauté, telle que l'Occident la connut plus tard, était encore à naître. La place qu'elle n'occupait pas encore, l'Etat s'y installa sans hésitation. La religion chrétienne devint la religion de l'empereur, non seulement en ce sens qu'elle était professée par lui, mais en ce sens qu'elle était dirigée par lui. Tel n'est pas le droit; telle n'est pas la théorie, mais tel est le fait 5. »
La papauté,aussi vieille que saint Pierre, n'eut point,
1 Eusèbe, Hist. eccl, vi, 36, P. G., t. xx, col. 597; S. Jérôme, Ep., lxxxiv, n. 10, P. L., t. xxn, col. 751.
a S. Athanase, Lettre surJes décrets de Nicée, n. 25, 26, P. G% t. xxv, col. 460 sq.
3 Eusèbe, Hist. eccl, VII, 30, P. G., t. xx, col. 720.
* Duchesne, Hist. anc. de V Église, t. i, p. 537, 538. 'list. anc. de V Église, t. n, p. 660, 661.
Apol. — 10
dès le début, l'exercice de ses droits aussi nettement défini qu'il devait l'être plus tard. Dans l'Église primitive plus fervente, moins nombreuse, et soustraite à l'ingérence de l'autorité temporelle, les forces centrifuges n'avaient pas encore toute la puissance qu elles auront, quand l'accession des multitudes donnera plus de prise aux mouvements séparatistes, qui bénéficieront souvent de l'appui du pouvoir civil. En conséquence on ne sentit pas d'abord le besoin de reconnaître au successeur de Pierre tous les droits qui lui appartiennent pour la sauvegarde de l'unité. Au ive siècle, les groupements régionaux d'évêques, soutenus par l'empereur, mettront pratiquement en échec l'autorité pontificale. La lutte arienne en sera plus longue et plus dangereuse, et « il y aura lieu de regretter que l'organisation de l'Église universelle n'ait pas été poussée aussi loin que celle de l'Église locale. L'unité en souffrira l. »
69. Tout inachevée que fût cette organisation, T Église des trois premiers siècles eut assez de force vitale, pour se défendre contre les multiples causes de dissolution qui la menaçaient. Le gnosticisme disparut complètement au cours du 111e siècle. Le marcionisme, le montanisme et le novatianisme résistèrent davantage, mais ces dissidences restèrent assez étroitement localisées. Au commencement du ive siècle, relativement peu nombreux étaient les chrétiens séparés de l'Église catholique dont l'unité s'était affirmée, et dont l'organisation se continuait au milieu de tant
1 Op. cit., p. 538. Sur la question des premiers témoignages de la primauté pontificale, on lira avec grand profit l'article du P. Lebreton, S. J., L'Église et la papauté d'après M. Guignebert, dans la Revue pratique d'apologétique, 15 mai 1908.
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d'obstacles extérieurs et intérieurs. Ce développement de la hiérarchie catholique, l'organisation de l'unité en des conditions si défavorables, paraît à Renan « le rentable miracle du christianisme naissant1.» Il a raison. C'est bien l'Esprit de Jésus qui accomplit ce prodige, mais non point l'esprit entendu comme simple souvenir des leçons du Maître. Pour une telle œuvre d'ordre et de vie, il ne fallait rien moins que l'action continue, personnelle et vivante du Paraclet promis. Jésus était avec les siens comme il l'avait dit. Y est-il resté 2 ?
1 L' Église chrétienne, c. VI, p. 92
a'TS'ees pages écrites au cours de l'été 1908, nous avons été fortement tenté d'ajouter de larges extraits du livre de Mgr Batiffol paru l'automne dernier, U Église naissante. Toute réflexion faite, nous préférons renvoyer à la lecture intégrale de ce volume quiconque voudrait étudier à fond les faits que nous avons signalés. Nous ne pouvons cependant nous dispenser de citer la conclusion de ce beau et bon livre :
« La rapidité de la propagation du christianisme aux trois premiers siècles, et ce sous l'étreinte des persécutions impériales, n'est donc pas l'unique fait qui doive surprendre l'historien : plus étonnant encore est le développement intérieur et organique de la chrétienté. Loin d'être, comme le veulent les historiens protestants, une série de crises et de transformations qui n'auraient dû produire que des différenciations et des dislocations, la chrétienté est catholicité, unité, homogénéité, elle est telle en l'an 200, en l'an 250, après deux siècles d'existence. L'épiscopat monarchique n'a rien d'un coup d'État qui aurait réussi, la primauté romaine rien d'une conquête à main armée, l'unanimité des églises rien d'un travail pénible et lent avec des efforts concertés, des succès et des défaites. L'Église romaine ni aucune église n'a été l'ouvrière principale de cette unité. On en doit dire autant de la primauté romaine, qui a été reconnue de tous plus encore qu'elle n'a été revendiquée par Rome : il ne lui a même pas manqué d'être contredite, au m9 siècle, après avoir été exaltée au second : Rome cependant, qu'on se rappelle la lettre de saint Clément, ne plaida
point son propre droit, qu'elle savait divin : elle l'exerça. Le catholicisme agrandi ainsi comme un arbre, la comparaison remonte à saint Paul, comme un arbre qui s'épanouit selon son essence, avec l'assistance continue de Dieu même qui l'avait planté. »