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d'accord pour reconnaître que nous n'avons pas actuellement de démonstration rigoureuse du fait de la révélation, nous en donnant l'évidence absolument scienti-
re delall» II *, q.i,art. 1, n. 11 : Credere Deum esse revelatorem art iculorum fidei contingit tripliciter : uno modo, ut pure quod creditur : alio modo ut pure quo creditur : tertio modo, ut quod et quo simul creditur... Après s'être demandé quel est celui de ces trois modes, qu'on peut attribuer à l'acte par lequel nous croyons que Dieu nous a révélé les articles de foi, il répond : Vera responsio est quod, sicut in transcendentibus unitas est una, et bonitas est bona, sic divina revelatio est quod et quo creditur; ita quod, sicut unitas est una seipsa et ibi est status, ita divina revelatio, qua ceetera creduntur,est crédita seipsa et non per aliam revelationem... Et plus loin, commentant l'article 1 de la q. v, il écrit encore : Licet... angeli cognitio excédât nostram, in proposito, quod nos habemus fidem et de reçelatis, et de medio, scilicet veritate prima ut révélante, quia utrumque credimus... angélus autem de Deo ut révélante non habeat fidem sed scientiam : de revelatis tamen, primariis saltem fidem habebat... n. 5. Les théologiens de Salamanque sont tout aussi explicites. A la question : Utrum ad credendum fidetheologicarequiraturevidentia divinitestimonii?... voici comment ils répondent : Loquendo de omnibus et singulis credentibus, manifeste apparet pars negativa; quoniam nos modo elicimus assensum hujus virtutis, et tamen non cognoscimus evidenter prsedictum testimonium existere, sed tantum habemus evidentiam credibilitatis, quod exista. Si autem fiât sermo de toto corpore, seu congregatione credentium, quidam ut Cajetanus... censent necessarium esse dari prœdictam evidentiam in aliquibus credentibus, ut in Prophetis, Apostolis, et aliis fidei magistris... : alii autem id absoluie negant... Sed melius respondetur cum distinctione : nam si loquamur per respectum ad potentiam Dei absolutam, necessarium non fuit, ut in aliquo credentium prsecederet evidentia divinse revelationis , potuerunt enim fidei ma gistricredere sicut nos innitendo divinse rêvelationi, cujus existentia fieret ipsis credibilis per miracula, interiorem instinctum, aut alia média, per quse nobis innotescit... Si uutem loquamur per respectum ad potentiam ordinariam, quse consulit ïebus secundum id quod est ipsis magis connaturale, prseferenda est çententia Cajetani. De fide, disp. III, dub. n, n. 32. Le cardinal Mazella, tout en soutenant qu'il n'est pas impossible à un savant catholique d'arriver à l'évidence absolue du fait de la révéla'
iique, et nous manifestant le lien intrinsèque d'ineffable et tout intime dépendance, qu'a l'enseignement catholique avec la volonté divine. Ce fait de la révélation n'est pas plus évident, mais tout aussi moralement certain que la véracité du témoignage humain dans les conditions d'exceptionnelle garantie qui l'imposent à notre assentiment. Mais, de même- qu'en maintes circonstances, il est évident que nous devons croire à cette véracité, sans en avoir la preuve rigoureuse, ainsi est-il évident et démontrable qu'un homme raisonnable doit croire à l'origine surnaturelle de l'Église catholique et de sa doctrine, tellement sont fortes et pressantes les raisons qui nous crient cette origine, sans pourtant nous en donner une absolue démonstration, forçant l'assentiment de l'esprit.
2. Pour établir que l'origine et l'autorité divines de l'Église catholique sont vérités moralement certaines, nous avons à peine besoin de la démonstration métaphysique et rigoureuse de l'existence de Dieu. Cette démonstration existe, nous en rappellerons les grandes lignes en concluant \ mais nombre de catholiques ne l'ont pas si assurée, qu'elle ne soit utilement confirmée et garantie contre toute hésitation par l'acte de foi, ou même par la considération des œuvres merveilleuses qui sont les signes de la révélation. Notre apologétique ne présuppose que cette inclination naturelle,
lion n'ose pas dire qu'il l'a pour son compte. De virtutibus infusis, De fide, disp. III, v; n. 711-726. Enfin dans l'art. Apologétique du Dictionnaire apologétique, col. 248, le P. Le Bachelet, S. J., nous dit que cette science est une science au sens large « où l'on se contente de déductions fondées sur de bonnes raisons, qui donnent à l'esprit une assurance reposée, excluant ta sonnable et pratique. »
1 Voir plus loin, c. un. n. iiû
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qui porte l'homme raisonnable à affirmer, avec une certaine assurance, l'existence d'une intelligence et d'une autorité souveraines, postulées par l'être, le mouvement, l'ordre du monde extérieur, autant que par certaines aspirations de notre conscience difficilement déracinables. Elle s'adresse même à ceux qui nésiteraient sur la valeur de ces conclusions rationnelles. Quand à ceux qui croient s'être démontré la nonexistence de Dieu et le mensonge de l'idée et du sentiment religieux, ce n'est pas pour eux que nous écrivons, ne les tenant point pour critiques, car, s'il est une opinion universellement admise par les critiques incroyants aussi bien que croyants, c'est que la démonstration de l'athéisme n'est pas faite, c'est même qu'elle est impossible. Nous écrivons pour ceux qui cherchent encore ce que valent leurs aspirations religieuses, et nous espérons que les faits, que nous allons citer et étudier, leur rendront du même coup moralement certaines et l'existence de Dieu, et l'autorité divine de l'Église catholique 1.
1 M. l'abbé Bricout, dans la Revue de clergé français, 15 octobie 1909, p. 189, nous signale le cas du savant, indifférent de bonne foi disant de l'apologiste : « Que Dieu soit ou ne soit pas, qu'il se soit révélé ou non aux hommes, il ne peut pas m'en vouloir de me restreindre au petit canton de la révélation que serait la science de cette partie de l'univers où je m'absorbe. M? conscience me l'assure et beaucoup pensent comme mol. Je n'ai pas à me soucier des prétentions des gens d'Église, je n'ai pas de temps à perdre à écouter les affirmations contradictoires des diverses religions. »
Avant de répondre, nous signalerons encore un cas plus grave, celui du sceptique qui, pïu* "u moins découragé par l'insuscès de
Ces faits auxquels nous en appelons sont le fait du Christ, de sa vie et de son action sur le monde, le fait
ses efforts à la recherche de la vérité religieuse, finit par se reposer dans la « bonne foi dans laquelle il pense trouver ■ le fond étemel, l'esprit et la vérité » de toute foi religieuse particulière.
De la bonne foi actuelle du chimiste et du philosophe nous ne saurions douter sans nous permettre un soupçon injurieux, contraire aux lois de la charité chrétienne et très souvent à la vérité. Mais, sans soupçonner la sincérité de qui me tiendrait pareil langage, je demanderais : ■ Votre état actuel d'indifîérentisme réfléchi et coin aincu n*a-t-il pas son origine dans une période de trouble ? Êtes-vous sûr d'avoir, à cette époque, pleinement satisfait aux exigences morales et religieuses de votre conscience ?
Je serais bien surpris qu'un examen sérieux du passé n'éveillât y:as dans ces âmes quelque inquiétude. Cela arrivera pour tous ceux qui ont perdu la foi après en avoir vécu, et dont l'indifférenest la peine de quelque ancien péché du cœur ou de l'esprit. Cette inquiétude est une première grâce. Qu'au lieu de la refouler, l'indifférent ait le courage de la laisser grandir. Qu'au lieu d'essayer d'en sortir par des efforts purement humains et personnels ou de s'enfermer avec obstination dans le dépit de son impuissance bien constatée, il accepte de demander secours au Dieu auquel il ne croit pas encore. Cette prière est possible, ainsi que le note Mgr d'Hulst {Lettre de direction, cxiv) : « En coûte-t-il donc tant de jeter un cri de détresse dans l'Infini ?
Si le Ciel est désert, nous n'offensons personne.
Si quelqu'un nous entend, qu'il nous prenne en pitié!
La prière est la suprême réponse de ceux à qui tout manque : car elle est le cri de l'indigence et l'indigence ne manque jamais. »
Sous l'influx de cette prière, l'inquiétude deviendra désir, et le désir, chassant l'indifférence, provoquera une étude attentive qui le transformera en espoir. De l'espoir à la conviction la route peut être longue et pénible, mais elle sera sûre si l'incroyant, dans ce chemin du retour à la foi, à soin de garder une pratique morale et religieuse proportionnée au degré progressif de lumière qui marque chacune de ses étapes.
Quant à l'homme chez qui ne s'éveille ni inquiétude ni désir, inutile de lui parler apologétique. Il est certainement des heures
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du Judaïsme, préparation du Christianisme, le fait catholique, épanouissement et seule continuation authentique de l'œuvre du Christ. Nous établirons que ces faits impliquent une foule de phénomènes, dans lesquels nous retrouvons invariablement unies, l'intervention d'une force intelligente et libre, transcendante à toutes les forces naturelles connues, et l'affirmation que cette force est le Dieu que cherche notre intelligence, et qui nous révèle par quelle voie nous pouvons
où nombre d'hommes vivent dans cet état d'apathie totale visà-vis de l'au-delà ; mais est-il des hommes qui vivent toujours ainsi ? Non. Aucun homme ayant l'usage de la raison n'échappe totalement au tout puissant rayonnement du soleil des âmes qu'est le Christ Rédempteur. Dans toute vie, il est des instants où la grâce de Jésus appelle l'esprit humain à la foi, du moins à cette foi élémentaire qui est la croyance vraiment religieuse et surnaturelle et non pas purement rationnelle à un Dieu sauveur au secours duquel nous nous confions, (cf. n. 89). L'homme qui prétendrait ne pouvoir connaître d'autre culte de l'éternelle Vérité que celui du pâle reflet que nous en offre la connaissance scientifique, se trompe lui-même. Il a, un jour ou l'autre, fermé l'oreille à l'appel divin qui lui offrait meilleure et plus haute vérité.
La bonne foi est sans doute le fond de toute foi méritoire, en ce sens qu'elle est la docilité loyale qui prépare l'esprit à recevoir la divine semence de la vérité surnaturelle et excuse le mélange d'ivraie que l'illusion humaine mêle souvent à ce bon grain ; mais elle n'est pas plus ce bon grain que le labour n'est le froment. L'incroyant peut-il se flatter de l'avoir pleine et entière, c'est-à-dire de l'avoir toujours eue, quand pour expliquer, en cette hypothèse la stérilité totale de sa pensée religieuse, il lui faut supposer qu'il a été complètement oublié par le divin semeur. Qu'il craigne plutôt de ne pas laisser à nouveau, sans l'écouter, un appel qui serait peut-être le dernier.
Quant à nous croyants, ignorants que nous sommes de l'heure de la grâce et de ses exigences pour l'âme actuellement privée de la foi, nous ne pouvons, après avoir parlé en temps opportun, qu'aimer, prier et espérer.
le trouver. Si cette affirmation est mensonge, il faut dire qu'au mensonge seul appartient la souveraineté de la nature, le pouvoir de faire des œuvres merveilleuses et de promouvoir un progrès de vie humaine, auxquels la vérité ne saurait prétendre. Que si nous reculons devant cette conclusion, il nous faudra bien reconnaître l'existence de Dieu et la mission divine •.les hommes et des institutions, qui s'en réclament et exercent en son nom une puissance non seulement unique, mais qui défie toute explication vraisemblable par les forces naturelles connues ou imaginables. les phénomènes de Tordre naturel nous manifestent l'existence et l'autorité du Maître du monde, mais plus persuasive et plus précise encore est la voix des phénomènes surnaturels qui, bien loin de troubler l'ordre naturel, comme on Ta dit quelquefois, en sont îa réparation et la perfection.
Au cours de ce développement apologétique, nous ne dirons pas un mot de l'inspiration. Aucun lecteur catholique n'en sera surpris. Il faut que M. Guignebert. professeur d'histoire d ;. christianisme, à la Sorbonne, ignore singulières, &% le catholicisme, et qu'il ait gardé toute sa mentalité protestante, pour s'imaginer qu'un catholique songera jamais à chercher, dans une démonstration du caractère inspiré des livres
ut s. la preuve fondamentale de la révélation l. L'mspiicxtion est un dogme qui se croit, se défend, mais n'est pas susceptible de démonstration purement rationnelle. Sa preuve théologique présuppose la foi et ne la précède pas. Quand, en apologétique 2, nous en
iernisme ci tradition catholique, p. 13-14. 8 En apologétique Droorement dite r'est-à-dre ouard il s'agit