‹ Critique et conséquence des principes de 1789 par le docteur ClavelChapitre 15 sur 36 · RAPPORTS DES PERSONNES SOCIALES · texte numérisé non relu

RAPPORTS DES PERSONNES SOCIALES

Des personnes inviolables et souveraines dont les rapports supposent le droit, la liberté et la justice, arriveront forcément à la famille par la combinaison sociale des sexes et des âges; elles arriveront au municipe par la combinaison des familles, obligées de chercher dans un état supérieur les éléments de civilisation qui leur manquent. Les municipes, à leur tour, se grouperont en provinces qui, en sunissant, produiront la nation ; et tout cela se fait sous l'influence de l'affinité sociale qui réside au cœur de l'homme et le pousse vers un agrandissement continu.

De l'individu à la nation inclusivement existent

donc cinq espèces de personnes sociales toutes inviolables, toutes égales, toutes pourvues de droits et de devoirs respectifs. Si chacune avait les forces et les fonctions de ses voisines, la justice serait impossible à maintenir entre elles parce que la personne du degré supérieur, faisant cent fois plus et cent fois mieux ce que ferait la personne du degré inférieur, supprimerait la raison d'être de celle-ci et l'absorberait nécessairement. Les rapports des diverses personnes sociales supposent donc que chacune a sa vie propre, laquelle viè devient une fonction de l'organisme supérieur.

Ainsi comprises dans la spécialité de leur existence et de leurs actes, les personnes ont leur raison d'être, et l'esprit n'a pas grand effort à faire pour comprendre que chacune puisse être pourvue de ses droits propres et de ses libertés. Les rapports organiques deviennent possibles ; mais de même que l'individu se brise, par le fait même de ses forces, si sa volonté n'est guidée par la morale et par la raison, de même les personnes sociales doivent se briser si elles ne se gouvernent selon le droit et le devoir, la liberté et la responsabilité. Le gouvernement de soimême, qui appartient à toute personne morale, sup-

pose donc que le municipe et la nation aussi bien que l'individu ont une volonté, une raison et une moralité capables de diriger leurs actes et de les maintenir constamment dans les limites de la loi sociale. Cette direction morale et organique des actes sociaux suppose que l'action de gouverner se décompose en une série de forces : ces forces existent en effet et portent le nom générique de pouvoirs.

Chez l'individu les pouvoirs sont la raison, la moralité et la volonté; chez l'être collectif ils sont le délibératif, le judiciaire et l'exécutif.

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