‹ Critique et conséquence des principes de 1789 par le docteur ClavelChapitre 25 sur 36 · POUVOIR DE CONSOMMATION · texte numérisé non relu

POUVOIR DE CONSOMMATION

L'accord de la justice et de l'économie sociale veut que la consommation soit partout en raison directe de la production, ce qui revient à dire que, chez toute personne, le pouvoir de consommer^ est égal à celui de produire. L'individu dans sa souveraineté n'a pouvoir que sur le fruit de son travail ; il doit seul suffire aux besoins de son être; s'il participe à la richesse publique, c'est toujours en proportion de la part de vie qu'il livre à la vie sociale. Ce qu'il consomme alors ne lui est attribué qu'en vertu du pouvoir de la personne collective.

Sans cette distinction, il devient impossible de séparer la propriété individuelle, qui est la faculté de

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consommer attribuée à l'individu de la propriété collective, et il arrive que le bien de tous est accaparé par quelques-uns, ou que le bien de l'individu est pris par tous; cela diminue d'autant la richesse publique, tout en produisant le luxe et la misère.

En attribuant à l'individu le pouvoir de consommation qui est le complément de la propriété, on est conduit à reconnaître le même pouvoir dans la commune. Chez elle, comme chez tous les êtres collectifs, la consommation prend le nom de dépense et comprend ce que demande l'entretien des fonctions communales. A côté du pouvoir de production qui représente la recette, il est juste qu'il y ait un pouvoir de dépense, la bonne administration exigeant que l'un soit toujours en raison de l'autre et qu'ils se fassent respectivement équilibre. Il est dans la nature des choses que le pouvoir de consommation, qui ne dispose pas des sources de la richesse, se préoccupe de l'avenir et soit porté à l'épargne, sinon à l'avarice, tandis que le pouvoir de produire est naturellement prodigue. Des dispositions si contraires expliquent une distinction qui, en outre, est nécessaire à l'administration des deniers publics.

Dans la province et dans l'État, aussi bien que

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dans la commune, le pouvoir de consommation est dépositaire des richesses publiques, dont il doit compte au gouvernement économique, au même titre que le pouvoir producteur -doit compte des voies et moyens de sa production. Nulle dépense publique ne peut avoir lieu si elle n'est consentie par le pouvoir de consommation, et ce veto est un préservatif efficace des entreprises inconsidérées de la politique ou de la production. Il représente l'obstacle que la vie organique met aux folies de la passion en la frappant de sommeil, de langueur ou d'impuissance.

DES PRINCIPES DE 1780 loi

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